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1275/29 janvier 1918: Candy Cannell retrouve les traces de son grand-père malgache, mort dans la Marne

Carnet de notes de Jacques Meiffret

29 janvier 1918. Royaumeix (Meurthe-et-Moselle). Et toujours du brouillard, avec ça il gèle assez dur. Très peu d’éclaircie de soleil. Par suite du départ en détachements divers, il n’y a plus que 5 camions ici qui roulent et dont j’ai à m’occuper. Le ravitaillement en essence et ingrédients reste aussi à ma charge.

30 janvier 1918. Royaumeix (Meurthe-et-Moselle). Du brouillard et plus que jamais, le soleil en effet ne se montre pas et il ne dégèle pas de la journée, ainsi que cela se produisait les jours précédents. Les lettres me parviennent mieux et sont de dates plus récentes, ce qui fait grand plaisir, il en est de même côté de ma famille.

31 janvier 1918. Royaumeix (Meurthe-et-Moselle). Même temps de brouillard et de froid. Véritable temps « à cafard ». Oui, ce temps gris est triste dans ce petit village où, dès la nuit venue, tout rentre dans l’ombre. Et, malgré tout, je suis à souhaiter de n’être jamais plus mal qu’ici.

1er février 1918. Royaumeix (Meurthe-et-Moselle). Je roule toute la matinée avec les camions. La campagne offre un coup d’oeil pittoresque avec ses arbres aux branches surchargées de givre. Ce dernier est en si grande quantité sur les fils téléphoniques, qu’un maints endroits le poids a fait casser ces fils. Le brouillard demeure tenace et il fait toujours très froid.

http://memoires-de-guerres.var.fr/arkotheque/client/ad_var/memoires_de_guerres/fiche_detail.php?ref=30946&titre=carnet-de-notes-n-1-appartenant-a-jacques-meiffret-du-29-janvier-1918-au-7-mai-1918

Condamnés pour « espionnage par pigeons

Le 29 Janvier 1918 le tribunal de Guerre Allemand condamne pour « Espionnage par pigeons voyageurs »

  • Edouard LEFEBVRE
  • Léon FAUX

Le 25 Février 1918 ils sont fusillés dans les remparts de Condé sur l’Escaut où un monument leur rend hommage.

https://www.google.fr/search?q=29+janvier+1918&safe=active&ei=QFlPWqylIIauU7KDioAC&start=50&sa=N&biw=1366&bih=637

http://jeanpaul1252.skyrock.com/3189375541-LE-FAUCON-PELLERIN-ASSASSIN-DE-NOS-PIGEONS.html

 

 Candy Cannell retrouve les traces de son grand-père malgache, mort dans la Marne


Fidèle à sa promesse, Candy Cannell, une fois en France cherche mais ne trouve aucune trace de l’incorporation et des circonstances de la disparition de son grand-père jusqu’à il y a deux ans. A force de ténacité, son frère retrouve dans les archives militaires du sud de la France le nom de son grand-père, mort pour la France. Rakotomanga, soldat de deuxième classe dans la quatrième compagnie du 19e bataillon de tirailleurs malgaches, est décédé à l’hôpital de Chanzy à Sainte-Menehould dans la Marne le 29 janvier 1918 à 17h30, suite à ses blessures. Il a été enterré dans le carré des musulmans.

 

Dans une lettre, un de ses copains qui l’a accompagné à l’hôpital évoque un homme de grand cœur. Les circonstances de la blessure de Rakotomanga restent inconnues mais en 1917, le 19e bataillon auquel il appartenait a quitté Fréjus en train pour Creil puis pour l’Aisne et la Marne. Les Malgaches, comme les Indochinois, ont été plutôt utilisés pour des travaux de génie ou dans les usines d’armement mais 3 000 tirailleurs malgaches ont été tués au combat.

Une fois dans l’Est, le 19e bataillon effectue des travaux de construction de voies ferrées, des réparations de routes et une réfection de canal. Parfois très proches du front, des tirailleurs de ce bataillon sont blessés et tués par des éclats d’obus.

Journal du mardi 29 janvier 1918

Nous avons réussi deux coups de main sur les tranchées allemandes en Champagne.
Nos détachements ont pénétré jusqu’à la troisième ligne ennemie et ramené des prisonniers, dont un officier et une mitrailleuse.
Canonnade réciproque assez vive en Alsace, dans la région de L’Hartmannswillerkopf.
Sur le front britannique, l’ennemi a effectué un coup de main sur un des postes avancés de nos alliés près de Langemark.
Une forte reconnaissance allemande a été repoussée au sud-est du Vergnier.
Activité de l’artillerie ennemie en différents points au sud-ouest de Cambrai, au nord de Lens et dans le secteur de Passchendaele.
Les aviateurs anglais de l’escadrille navale ont bombardé l’aérodrome d’Aertryke ainsi que le dépôt de munitions d’Engel. Les objectifs, obscurcis par les nuages ont empêché les aviateurs de se rendre compte exactement des résultats obtenus. Tous les aéroplanes sont rentrés indemnes.
Sur le front italien, rencontres de patrouilles dans le Vallarsa et dans la vallée de l’Astico. Actions efficaces de l’artillerie italienne, contre les positions ennemies dans le val Frenzela et le canal de Brenta.

Activité aérienne très vive sur tout le front. Un avion ennemi a été abattu par des aviateurs anglais. Un appareil ennemi est tombé sur les pentes méridionales du Montello. Les trois pilotes dont deux officiers, ont été capturés.

http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/ja18

1256/10 janvier 1918: lettre d’un tirailleur malgache

Lettre d’un tirailleur malgache

Souilly le 10 janvier 1918.- Je me nomme RAFIRINGA, je suis soldat 2e classe au 23e Bataillon de Tirailleurs
Malgaches (BTM). Je rédige ce carnet à l’hôpital de Souilly, près de Verdun, avec l’aide de camarades français d’infortune, Léon Gautheron, Antoine Catonnet, Georges Hippolyte Richet et Clément Guchen. J’ai du mal à écrire dans la langue d’ici. J’avais 10 ans quand ma terre natale est devenue française ; j’ai appris par la suite à me débrouiller avec la
langue mais j’ai encore du mal à exprimer par écrit toutes mes pensées. L’idée de conserver
des images de ce qui m’est cher m’est venue de la rencontre avec un Français à Madagascar ; ce vazaha m’avait dit un jour : « RAFIRINGA, si tu voyages, emporte toujours avec toi des photos ou des cartes postales pour montrer à ceux que tu côtoieras à quoi
ressemblent les choses qui comptent dans ta vie… ».
Je suis malade, je crois que c’est la pneumonie ou la bronchite. On ne me l’a pas dit à
l’hôpital de Souilly. La mort rôde autour de nous. Je veux écrire pour me souvenir et pour expliquer à ceux qui liront ces notes à quoi correspondent les images que j’ai emportées avec moi. Depuis notre arrivée dans la Meuse le 26 novembre 1917, mes frères malgaches du 23e BTM tombent comme des mouches. Les informations circulent bien au sein du bataillon.
Nous savons tous ce qui s’y passe. L’hôpital de Revigny a signalé les décès de Ramoratoandro le 28/11, Rabemololo le 18/12. Ici, à l’hôpital de Souilly, Ramarosely est mort le 28/11, Rabialaky le 15/12, Rakotomavo le 19, Ramasimbohitra le 22, Ranaivo le 23, et Rahaovalahy et Randresimanana sont morts hier le 9 janvier. L’hôpital de Bar-le-Duca transmis aussi ses mauvaises nouvelles : décès de Randriamaro le 5/12, de Ralaivelo le 4/01, de Rambelosaona le 5, de Ramasimiarinjato le 7. Certains sont emportés au front : Randriamanandaza à Triaucourt le 11/12, Rafilandahy tué à l’ennemi à Osches le 21/12,
Rotreta décédé à Triaucourt le 7/01. La plupart d’entre eux sont originaires des hauts plateaux, au centre de Madagascar : régions de Tananarive, de Fianarantsoa,
d’Ambositra, d’Itasy, d’Ambalavao… Les deux ethnies principales sont les Merina et les Betsileo. Je fais partie de l’ethnie merina ; les Français nous appellent en général des hovas.. Nous sommes pour la plupart des riziculteurs pauvres

source: http://tiraera.histegeo.org/carnet_Rafiringa.pdf

Parution de la Baïonnette

HENRY FOURNIER – Voilà un petit matelot à peau douce ! – On l’embarquerait bien quand même.
ÉTIENNE LE RALLIC – Ça !… un cantonnement ? T’es pas louf ! Y a pas de bistrot.

http://labaionnette.free.fr/1918/b132.htm

Une lettre du  major Olivar Asselin à son fils

Mon cher Pierre,

Il y a au 10e de réserve un chien si beau, si bon, si fin, que je me dis toujours en le regardant : « si Pierre avait un chien comme ça ! »

Mais il faudrait que tu recommences son éducation, car c’est un chien de militaires : il ne n’aime pas du tout les civils. Peut-être aussi qu’en mettant ta casquette Allemande et en empruntant le fusil ap à Paul tu pourrais te faire aimer de lui. Ce n’est qu’un chien, après tout ; et comme il n’a jamais vu de soldats ale Allemands, il y aurait peut-être moyen de le tromper sur l’uniforme.

Il s’appelle Marion. Je ne sais pas de quelle race il est, car j tu sais que nous n’avons jamais eu de chiens, et je ne les ai jamais ⁁pas étudiés. Je crois seulement que c’est un Barbet, car il a de la barbe jusque dans les yeux. Peut-être aussi que c’est un Ratier. Pourquoi suis-je sous l’impression que c’es ce pourrait être un Ratier ? Je n’en sais rien : je ne lui ai jamais vu prendre de rats. Mais il me semble qu’avec son u n un museau comme le sien il pourrait en attraper. Quand je vois le gros nez épaté de mon Pierrot, je n’ai pas besoin de l’entendre (Pierrot, pas le nez) pour savoir que c’est un farceur, et un gaulois. Eh bien, pour Marion, c’est la même chose ; s’il ne prend pas de rats, il devrait en prendre.

source: https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_-_Lettre_du_10_janvier_1918_(Asselin)

Eugénie Deruelle, otage

– 10 janvier 1918 : A 9 heures du matin, M. le maire vient me dire que je suis désignée comme otage et dois me préparer à partir pour Holzminden !
Ce départ est un déchirement rétrospectivement décrit très en détail à la date du 25 août, un mois après le retour d’Eugénie avec notamment cette scène :
J’ai été touchée au moment de quitter chez moi, d’être appelée, dans la cour de Lambert, par l’aîné des tracteurs qu’il logeait depuis des mois. Cet homme avait toujours été très poli envers moi. Il voulait me dire adieu, et ne pouvait le faire dans ma maison devant tout le personnel du chef. Il pleurait et me dit qu’il habitait près de Holzminden, et que, quand il irait chez lui en congé, en mars, il viendrait me voir, ferait son possible pour que je loge chez lui, et que sa femme me soignerait bien… Le pauvre homme n’a pas eu son congé, et est parti de Sains… pour un autre pays.
Le séjour au camp d’Holzminden fait aussi l’objet d’une chronique détaillée qui permet de voir le fonctionnement du camp et les conditions d’existence des otages.

source: http://www.crid1418.org/temoins/2013/03/07/deruelle-eugenie-1853-1927/

Journal du jeudi 10 janvier 1918

Le chiffre total des prisonniers que nous avons ramenés dans nos lignes, au cours de l’incursion effectuée au nord de Seicheprey est de 178 dont 1 officier et 18 sous-officiers.
Actions réciproques d’artillerie sur la rive droite de la Meuse, dans les secteurs de la cote 344 et de Beaumont.
Un coup de main allemand sur nos petits postes de Nomény n’a donné aucun résultat.
En Macédoine, tirs de destruction opérés avec succès par l’artillerie lourde britannique dans la région de Doiran.
Sur le front serbe et dans la vallée du Haut-Skumbi, plusieurs reconnaissances ennemies ont été dispersées.
Entre les lacs, une attaque locale sur nos tranchées a été repoussée après un vif combat à la grenade.
Vives rafales de feux au front italien, pardessus la Brenta et tirs de harcèlement à travers la Piave, entre les hauteurs de Valdesso-Viadena et le Montello.
Une attaque ennemie a été dispersée dans la région d’Asiago. Des prisonniers ont été faits dans la région de L’Asolone. Combat de bombes à main sur le Solarelo. Des mouvements ennemis ont été efficacement battus autour de Noventa.
Les Portugais ont repoussé deux fortes patrouilles allemandes en faisant des prisonniers.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/ja18