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1049/17 juin: visite du président Poincaré à Reims

Visite du président Poincaré à Reims

Le dimanche 17 juin 1917 Raymond Poincaré vient à Reims remettre des décorations, et en particulier la Légion d’honneur à l’archevêque de Reims, monseigneur Luçon. La cérémonie se déroule dans le cellier d’expédition de la maison Werlé et Cie, 6 rue de Mars, où les services de la mairie sont installés depuis l’incendie de l’hôtel de ville du 3 mai 1917. Le Président de la république arrive à 14h30 en voiture. Il porte la tenue qu’il revêt habituellement pour se rendre sur les champs de bataille et qui est d’ailleurs souvent moquée pour sa ressemblance avec celle d’un chauffeur d’automobile : vareuse, jambières et casquette à visière de cuir. Il est accompagné d’une petite délégation d’officiels : Léon Bourgeois, ministre du travail et de la prévoyance sociale, les députés Camille Lenoir et Bertrand de Mun, les sénateurs Ernest Montfeuillard et Emile Vallé, le préfet, le sous-préfet, les généraux Fayolle, Micheler et Cadoux.

Arrivé dans la salle dont les murs laissent voir la trace d’une brèche faite par un obus allemand, le Président se dirige d’abord vers Mgr Luçon à qui il donne l’accolade puis salue le maire, Jean-Baptiste Langlet.  Il prononce ensuite un bref discours à l’attention des futurs décorés. En retour, le cardinal Luçon remercie, associant son clergé à l’honneur qui lui est fait. Raymond Poincaré remet alors la croix de la Légion d’honneur à chaque décoré, après qu’un colonel ait lu la citation le concernant. Sont ainsi distingués  le cardinal Luçon, Emile Charbonneaux et Jean de Bruignac, adjoints au maire, Monsieur Beauvais, directeur de l’école professionnelle, Monsieur Martin, secrétaire général de la sous-préfecture (qui sera tué d’un éclat d’obus le 28 juillet suivant), Paul Dramas rédacteur en chef de L’éclaireur de l’Est. Le docteur Harman, médecin des hôpitaux, fait aussi partie des récipiendaires mais n’a pas pu assister à la cérémonie.

La croix de guerre est ensuite décernée à Mlle Luigi, directrice de l’hôpital civil, et à Mme Tonnelier, directrice de l’hospice Noël-Caqué. Enfin, plusieurs Rémois sont cités à l’ordre du jour (corps d’armée, divisions, …) citation créé par le gouvernement dès l’automne 1914 pour célébrer le courage et le dévouement de personnalités civiles. Sont ainsi honorés Marcelot, chef-fontainier du Service des eaux ; Plichon, chef-mécanicien à l’Usine des eaux ; Raullaux, directeur du Service des eaux ; le docteur Gaube ; Palliet, commissaire central de police ; Speneux, commissaire de police du 3ème canton ; Grandin, chef du service du Ravitaillement ; Rousseaux, directeur de l’abattoir.

Selon le témoignage du Rémois Paul Hess, présent en tant que fonctionnaire municipal, et des journaux parisiens, en particulier La Croix, qui relatent la cérémonie, l’assistance est peu nombreuse. Outre les officiels, il n’y a que quelques membres du clergé accompagnant le cardinal Luçon, dont le chanoine Lecomte, secrétaire général de l’Archevêché, trois ou quatre dames et des représentants des services municipaux. Le service d’honneur est fait par seulement quatre hommes du 410e régiment d’infanterie, commandés par un lieutenant et escortant le drapeau du régiment. Deux ou trois gendarmes, venus en même temps que les voitures, restent à l’extérieur. Pendant le temps de la cérémonie, Paul Hess entend le bruit d’un avion qu’il pense sans doute chargé d’une surveillance au-dessus du local où a lieu la cérémonie. Après la cérémonie officielle Raymond Poincaré parcourt différents quartiers de la ville particulièrement éprouvés par les bombardements et s’arrête à la cathédrale. Il termine enfin par une visite à des blessés, tant civils que militaires. Il est à noter que le déplacement présidentiel se fait sous les bombardements allemands puisqu’on estime que ce jour-là 1 200 obus sont tombés sur la ville.

Raymond Poincaré revient encore à Reims fin septembre 1917, accompagné cette fois du roi d’Italie qui effectue alors un voyage officiel en France. Victor-Emmanuel III, arrivé à Belfort le 25 septembre, effectue ensuite, jusqu’au 30 septembre un périple qui le mène successivement  en Alsace, à Verdun, à Reims et sur le front de l’Aisne. Le passage à Reims a lieu dans l’après-midi du 27 septembre. Arrivés à la gare où les honneurs leur sont rendus, le Président de la république et le roi d’Italie, accompagnés des généraux Pétain et Gouraud, effectuent une visite à la cathédrale puis vont voir les décombres de l’hôtel de ville.

source:http://www.reims.fr/1311/23-visites-et-distinctions-a-reims-en-1917.htm

http://14-18.documentation-ra.com/2013/12/2013-11-les-missions-etrangeres-visitent-reims-en-1917/

Les pêcheur sur le bord de Seine

Guerre 1914-1918. L’ouverture de la pêche à Paris, le 17 juin 1917. Malgré l’interdiction par M. Viollette d’amorcer avec du pain et du blé, ils « furent innombrables sur les rives de la Seine ». « Et voilà une bonne excuse pour les pêcheurs qui revinrent bredouilles : « C’est de sa faute, je te dis ».

© Excelsior – L’Equipe / Roger-Viollet

Parution du Miroir

source: http://www.ebay.fr/itm/Le-Miroir-n-186-17-Juin-1917-Mavroudis-prince-Alexandre-Londres-Mont-Santo-/121796575470

Journal du dimanche 17 juin 1917

Canonnade assez vive sur le front de Champagne.
Près de Courcy, nous avons repris une tranchée dont tous les occupants ont été tués ou capturés.
Sur le front italien, à l’est du massif de l’Adamello, des détachements d’un bataillon alpin et des skieurs, malgré une défense acharnée de l’ennemi, ont attaqué la position de Corno-Cavento (3400 mètres d’altitude), qu’ils ont prise d’assaut. Les Italiens ont fait des prisonniers et capturé 2 canons de 75, un mortier et 4 mitrailleuses. Sur tout le front du plateau d’Asiago, l’ennemi a entretenu un violent feu d’artillerie.
Sur l’Ortigaro, les positions italiennes ont été de nouveau attaquées avec une extrême violence. L’ennemi a subi de très lourdes pertes; il lui a été fait 52 prisonniers. Une autre tentative a échoué dans la vallée de San Pellegrino. Des colonnes de camions autrichiens ont été atteints par l’artillerie italienne sur la route de Chiopovano ainsi que des détachements de troupes à l’est de Castagnovizza.
Les troupes franco-anglaises continuent à progresser en Thessalie au delà de Trikalu et de Colombaka.
M. Venizelos a envoyé un télégramme de remerciements à M. Ribot au nom de la Grèce libérée.
source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juin17.html

 

Villers-Marmery: à propos des mutineries

source: http://villers-marmery.fr/1418/17-Mutineries.pdf

 

963/Journal du 23 mars 1917

Bombardement sur Paris

 

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Le 23 mars 1917 eut lieu un bombardement sur Paris. C’est un canon qui tira à 42 m d’altitude et dont le tube du canon mesure 36m de long surnommé la « grosse Bertha ». La grosse Bertha s’appelle en fait Bertha et c’est une héritière de la famille « Groupe » et c’est la patronne de l’usine « Groupe ».

http://atelier1418collegehenricorbet.blogspot.fr/2014_11_02_archive.html

Savez vous où se trouvait ce cimetière allemand en mars 1917?

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Deux photographies prises le 23 mars 1917 par un officier du 8e Groupe de 32 cm de l’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée « près de Roye », sans plus de précision.L’officier effectue en zone reconquise des reconnaissances des tirs de l’A.L.V.F effectués lors de la bataille de la Somme dans cette région et indique en légende que ce cimetière est celui du 81e Régiment d’Infanterie de Réserve allemand, fraîchement abandonné quelques jours plus tôt à l’issue du repli stratégique sur la ligne Hindenburg.

http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/Pages-memoire-necropoles-MPLF-MDH/cimetiere-allemand-1917-sujet_2744_1.htm

Journal du vendredi 23 mars 1917

Dans la région de Saint-Quentin, escarmouches de patrouilles au nord de Dallon.
Entre Somme et Oise, l’ennemi a tenté de violentes réactions pour nous refouler de la rive est du canal de Saint-Quentin, que nous occupons. Sur le front Clastres-Montescourt, les attaques successives de l’ennemi ont été brisées par nos feux de mitrailleuses qui ont infligé de fortes pertes aux Allemands. Des combats également vifs dans la région à l’ouest de la Fère se sont terminés par l’échec complet de l’ennemi.
Au sud de l’Oise, nos détachements ont franchi l’Ailette en quelques points.
Au nord de l’ Aisne, les Allemands ont renouvelé leur tentative entre la route de Laon et la rivière. Trois attaques sur la ligne Vrégny-Chivres ont été arrêtées par nos tirs de barrage. Notre artillerie de la région au sud de l’Aisne prenant en enfilade les troupes ennemies, leur a infligé des pertes très élevées.
Lutte d’artilleie en Woëvre, dans la région au pied des Côtes-de-Meuse. Une tentative allemande sur la ferme de Romanville, aux environs de Saint-Mihiel, a échoué.
La résistance de l’ennemi augmente sur le front britannique, de l’ouest de Saint-Quentin au sud d’Arras.
Combat sur le front russe le long de la Berezina. Echec d’une attaque ennemie au nord-ouest de Brody.
Le gouvernement provisoire russe a prescrit de garder à vue le tsar et la tsarine à Tsarkoïé-Selo.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/mars17.html

(Diaporama) Les troupes russes en France et dans les Balkans 1916-1918

A lire sur le site  « en quête d’ancêtres »

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A l’occation des Journées du Patrimoine 2016, j’ai visité le magnifique Hôtel d’Estrées,  situé rue de Grenelle à Paris. Construit dans les années 1710, acquis en 1863 par le gouvernement russe, il devint ambassade impériale de Russie jusqu’en 1924 puis ambassade de l’URSS. En 1978, Brejnev transfère l’ambassade dans le 16e arrondissement. Depuis lors,  l’Hôtel d’Estrées est la résidence de l’ambassadeur de Russie en France. Pour les JEP2016, il accueillait une très belle exposition photo-documentaire sur les troupes Russes en France et dans les Balkans entre 1916 et 1918.

Le diaporama complet sur: https://enquetedancetres.wordpress.com

 

 

544/journal du 29 janvier 1916: un zeppelin bombarde Paris: 26 morts

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Bombardement vers l’église Saint-benoît à 13H1/4, après le passage d’un aéro. Les explosions des arrivées sont très fortes; des éclats viennent frapper un  mur, face à la cuisine où ma soeur et moi nous tenons à cette heure, au deuxième étage du 8, Place Amélie Doublié.

Un zeppelin bombarde Paris: 26 morts

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Un Zeppelin allemand bombarde Paris… Un ballon dirigeable allemand lâche 17 bombes sur l’Est de la capitale provoquant la mort de 26 personnes dans les quartiers de Belleville et de Ménilmontant. Dans la soirée du samedi 29 janvier 1916 deux zeppelins, partent pour un raid sur Paris.

Bilan : 26 morts et 32 blessés. Les victimes auront des funérailles nationales. Au delà du côté dramatique de l’évènement, ces photos sont le reflet de l’émotion et de la solennité qui prévalaient le jour de ces funérailles. Et sans doute aussi, de la portée que l’on souhaitait leur donner, en pleine guerre..

http://www.pompiersdeparis.com/paris-le-29-janvier-1916.html

http://www.histoquiz-contemporain.com/Histoquiz/Lesdossiers/premiere/zeppelin2/Dossiers.htm

Louis Vallin et l’attaque du Zeppelin

Vallin-ZeppelinDans notre première édition, vous découvriez l’histoire du Meldois Louis Vallin, bombardier mitrailleur, grâce aux archives confiées par sa fille Suzanne. Nous le retrouvons dans ce numéro pour un nouvel exploit : la chasse au Zeppelin !

http://sam2g.fr/louis-vallin-et-lattaque-du-zeppelin/

Journal du samedi 29 janvier 1916

Lutte d’artillerie particulièrement intense en Artois.
A l’ouest de la cote 140 (sud de Givenchy), après des explosions de mines, l’ennemi est parvenu à prendre pied dans quelques éléments avancés de tranchées.
Une autre attaque, dirigée au même moment sur nos positions près du chemin de Neuville à la Folie a été complètement repoussée.
Une troisième attaque a été arrêtée au nord de Roclincourt par notre artillerie et notre fusillade. L’ennemi n’a pu sortir de ses tranchées. Une quatrième attaque a subi un échec complet au nord-est d’Arras.
L’ennemi, dans cette région, a subi de très fortes pertes.
Nos positions autour d’Arras ont été vigoureusement bombardées, mais nous avons contrebattu les batteries ennemies.
Dans les Vosges, nous avons effectué des tirs efficaces.
Un de nos dirigeables, à titre de représailles, a bombardé Fribourg-en-Brisgau : trente-huit obus ont été lancés sur la gare et les établissements militaires.
A Lausanne, le drapeau allemand, arboré à l’occasion de la fête du Kaiser, a été arraché du consulat d’Allemagne. Le gouvernement helvétique a exprimé ses regrets à Berlin.

http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/janvier16.html

Les femmes travaillent pour la France en guerre

Guerre 1914-1918. "La fabrication des casques et l'une des plus typiques industries de la guerre". Soudure des bandes tenant la coiffe et des anneaux de la jugulaire. Photographie parue dans le journal "Excelsior" du samedi 29 janvier 1916.
Guerre 1914-1918. « La fabrication des casques et l’une des plus typiques industries de la guerre ». Soudure des bandes tenant la coiffe et des anneaux de la jugulaire. Photographie parue dans le journal « Excelsior » du samedi 29 janvier 1916.

Guerre 1914-1918. « La fabrication des casques et l’une des plus typiques industries de la guerre ». Soudure des bandes tenant la coiffe et des anneaux de la jugulaire. Photographie parue dans le journal « Excelsior » du samedi 29 janvier 1916.
En savoir plus sur http://www.lobservateur.fr/sorties/sorties-sambre/2015/11/27/1915-les-femmes-travaillent-pour-la-france-en-guerre/#DdKWQpaTdrFYmQ7q.99

 

 

280/journal du 11 mai 1915: les bistrots rémois sous surveillance

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

A 4 heures, le réveil est donné pour toute la ville, par des détonations épouvantables et par une canonnade violente qui dure jusqu’à 6 heures. Une attaque allemande au Linguet, qui n’a pas réussi, en était la cause, paraît-il.

Avertissements aux débitants de boissons

Dans le Courrier, nous lisons aujourd’hui:  le cas d’ivresse des militaires devenant fréquents, le général commandant d’armes décide que tout débit qui, à partir de la publication de la présente note, se mettra en contravention – soit parce qu’il aura vendu de l’alcool, soit parce que des militaires y auront été reçus en dehors des heures prescrites, soit parce que des militaires y seront entrée ou en seront sortis en état d’ivresse – sera fermé pour toute la durée de la guerre et l’expulsion de Reims sera prononcée contre son tenancier. Si, malgré ces mesures, des cas d’ivresse se produisent encore, tous les débits de boissons seront immédiatement fermés et il n’en sera laissé ouverts que deux par canton, servant en même temps de restaurants.

Le général de corps d’armée :Rouquerol

Le 9 mai en Artois du 7 ème régiment d’infanterie

Le régiment se trouve déplacé comme l’indique le croquis ci-contre dés 2h. Ses objectif sont :
a/ 1er bataillon : pont 240=300, Direction initiale : saillant K
b/ 2ème bataillon : pont 210=220, Direction initiale : intersection de 240 et 241

9h50 : On perçoit des explosions de mine au NO en même temps la fusillade commence sur les lignes allemandes. Son intensité augmente sans cesse.
9h58 : Les 1er pelotons des 6 premières compagnies du régiment s’élancent en avant vers leur objectif. Mais sous le feu extrêmement violent de l’infanterie et des mitrailleuses ennemies la ligne tourbillonne et se disjoint, les plus avancées vont tomber sur les fils de fer ennemies (Lieutenant Dano et Lieutenant Rieff). Le plus grand nombre tombe en route (Lieutenant Lapédagne) ou se terre, d’autres reviennent en arrière et remontent dans la tranchée française.

http://fred003610.free.fr/wordpress/?page_id=10107

Dégâts causés par des taubes à Paris

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Le 11/5/1915, dégâts causés par les Taubes, rue de Paris à Saint-Denis [dégâts causés aux maisons] : [photographie de presse] / [Agence Rol] . sur le site de la Bnf http://data.bnf.fr/12165772/guerre_mondiale__1914-1918__–_destruction_et_pillage/

Lu dans Le Miroir en date du mardi 11 mai 1915

Trois attaques allemandes ont été repoussées au nord de Lombaertzyde, en Flandre. A l’est de St-Georges, nos fusiliers marins ont enlevé la ferme de l’union, où nos ennemis s’étaient fortifiés.
Dunkerque a reçu deux obus.
Au nord d’Arras, nous avons maintenu tous nos avantages et nous les avons même élargis. Nous avons pris 3000 hommes, 10 canons et 50 mitrailleuses.
Deux attaques allemandes ont été repoussées, l’une à Berry-au-Bac, l’autre au bois le Prêtre. En Alsace, lutte d’artillerie.
Les Allemands ont occupé Libau, port de la Courlande; ils ont subi plusieurs échecs en Pologne et en Galicie.
Deux zeppelins ont survolé l’embouchure de la Tamise, a 90 kilomètres de Londres. Ils ont jeté 100 bombes et tué deux personnes.
Le président Wilson est assailli de lettres qui réclament une action énergique contre l’Allemagne. M. Roosevelt se prononce dans le même sens.

 

1/ La Grande guerre à travers le prisme du journal L’Illustration

5 JOURNAL GUERRE 4 AOUT 1914A partir d’aujourd’hui et très régulièrement nous vous proposons de suivre les épisodes de la Grande Guerre et l’actualité de 1914 à 1919 à travers le prisme de l’hebdomadaire « L’iilustration » (et d’autres gazettes de l’époque ». Début avec le numéro du 8 août 1914 ou dans son chapitre « les grandes heures« , Henri Lavedan raconte son périple de Loubressac à Paris au cours duquel il apprend le 31 juillet  l’assassinat de Jaurès, en pleine nuit, en gare de Limoges, de la bouche d’un cheminot « qui cogne avec son marteau sur les roues du wagon  « On lui demande des détails. Il n’en a pas. Il ne sait que cela… Et il ajoute avec tranquillité : »On dit que l’empereur d’Allemagne aussi. »Pas un commentaire de plus sur l’hebdo.

6 JOURNAL GUERRE 4 AOUT 1914
« On ne passe pas. Ceux qui veillent aux avant-postes des Vosges pour couvrir la mobilisation »

Le surlendemain à la manchette de l’Humanité on peut lire tout frais en manchette: « Mobilisation générale ordonnée ». Au coin de la rue Drouot le journaliste voit les passants applaudir en voyant effacer le titre de « restaurant viennois » inscrit en lettres d’or sur la devanture. Rencontrant le lieutenant colonel Rousset, le rédacteur assure que celui-ci ne craint pas de lui dire toute sa confiance dans notre armée… Place Vendôme, c’est une « course émouvante des autos filant vers les gares, emportant l’officier ou le simple soldat, en tenue de campagne, bien sanglé. Ils ont le même visage tranquille et ferme, les muscles placées aux joues et aux mâchoires de la même façon, la même teinte de marbre au front, et le même regard, bien soutenu, aigu, profond, lointain, un peu dur, un regard qui ne voit plus Paris, ni nous-mêmes, qui interroge la frontière, qui cherche les Vosges et se prépare à l’Alsace?

3 JOURNAL GUERRE 4 AOUT 1914
En route vers la frontière de l’Est

 

Dimanche 2 août 1914

Premier jour de la mobilisation. Avant toute déclaration de guerre, les Allemands violent le territoire du grand Duché du Luxembourg et pénètrent en territoire français à Long-la-Ville près de Longwy. Le tsar adresse un manifeste à ses peuples. L’ambassadeur allemand notifie à midi au gouvernement italien

Lundi 3 août 1914

Dans la nuit l’Allemagne a adressé un ultimatum à la Belgique lui enjoignant de laisser passer ses troupes sur son territoire. La Belgique refuse. L’Italie signifie à la France qu’elle reste neutre. L’amirauté anglaise lance un ordre général de mobilisation.Le Luxembourg est occupé par 60.000 Allemands. M.Gauthier, ministre de la marine donne sa démission pour raisons de santé. Il est remplacé par Victor Augagneur, ministre de …. l’instruction publique. En Grande Bretagne Sir Edward Grey assure que la flotte britannique garantira les côtes françaises contre la flotte allemande. La Begique veut conserver sa neutralité.

Un aéroplane allemand vient lancer trois bombes au dessus de Lunéville.

A Metz les Prussiens fusillent Alexis Samain, ancien président du Souvenir Alsacien et fondateur de La Lorraine sportive.. Ils exécutent le curé de Moineville, le maire de Saales et 17 jeunes qui tentaient de gagner la France. L’impératrice Marie Féodorovna qui regagnait  en train la Russie est arrêtée en Allemagne et conduite à la frontière danoise.

Mardi 4 août

Obsèques de Jean-Jaurès tué « par un exalté ».

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Séance du 4 août à la Chambre des Députés. A l’unanimité les élus votent les mesures que nécessitait le commencement des hostilités. « Nous sommes sans reproche, a proclamé le président du Conseil Viviani; nous serons sans peur. »

Réunion des chambres françaises. Paul Deschanel rend un hommage ému à Jaurès.

L’Angleterre envoie un ultimatum à l’Allemagne pour qu’elle respecte la neutralité de la Belgique. Demande refusée.

L’Allemagne déclare la guerre à la Belgique et pénétre dans ce territoire via Gemmenichet Dolhain à l’est de Liège. Trouvant des ponts coupés et mord sur le territoire hollandais pour passer.

Durant le même temps la ville de Bône, en Algérie est bombardée par un croiseur allemand « le Breslau ». Philippeville subit le même sort.

L’armée austro hongroise est toujours tenue en échec par les Serbes.

La vie Continue

On peut remarquer à la lecture de L’illustration que ces préparatifs de guerre et ce conflit déjà entamé chez nos voisins n’empêchent pas la vie « normale »de continuer.

Monnaie.-On nous annonce que la banque de France vient d’émettre des billets de 20 et de 5 francs.

Croix Rouge française.-Mobilisation aussi de la société française de secours aux blessés, de l’association des Dames françaises, de l’Union des femmes de France.

Ravitaillement.-La presse assure que le ravitaillement de Paris en nourriture sera assuré malgré la mobilisation des trains. « Pour le lait, (un million de litres consommés à Paris), un tour de préférence sera assuré de préférence aux enfants et aux malades ».