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280/journal du 11 mai 1915: les bistrots rémois sous surveillance

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

A 4 heures, le réveil est donné pour toute la ville, par des détonations épouvantables et par une canonnade violente qui dure jusqu’à 6 heures. Une attaque allemande au Linguet, qui n’a pas réussi, en était la cause, paraît-il.

Avertissements aux débitants de boissons

Dans le Courrier, nous lisons aujourd’hui:  le cas d’ivresse des militaires devenant fréquents, le général commandant d’armes décide que tout débit qui, à partir de la publication de la présente note, se mettra en contravention – soit parce qu’il aura vendu de l’alcool, soit parce que des militaires y auront été reçus en dehors des heures prescrites, soit parce que des militaires y seront entrée ou en seront sortis en état d’ivresse – sera fermé pour toute la durée de la guerre et l’expulsion de Reims sera prononcée contre son tenancier. Si, malgré ces mesures, des cas d’ivresse se produisent encore, tous les débits de boissons seront immédiatement fermés et il n’en sera laissé ouverts que deux par canton, servant en même temps de restaurants.

Le général de corps d’armée :Rouquerol

Le 9 mai en Artois du 7 ème régiment d’infanterie

Le régiment se trouve déplacé comme l’indique le croquis ci-contre dés 2h. Ses objectif sont :
a/ 1er bataillon : pont 240=300, Direction initiale : saillant K
b/ 2ème bataillon : pont 210=220, Direction initiale : intersection de 240 et 241

9h50 : On perçoit des explosions de mine au NO en même temps la fusillade commence sur les lignes allemandes. Son intensité augmente sans cesse.
9h58 : Les 1er pelotons des 6 premières compagnies du régiment s’élancent en avant vers leur objectif. Mais sous le feu extrêmement violent de l’infanterie et des mitrailleuses ennemies la ligne tourbillonne et se disjoint, les plus avancées vont tomber sur les fils de fer ennemies (Lieutenant Dano et Lieutenant Rieff). Le plus grand nombre tombe en route (Lieutenant Lapédagne) ou se terre, d’autres reviennent en arrière et remontent dans la tranchée française.

http://fred003610.free.fr/wordpress/?page_id=10107

Dégâts causés par des taubes à Paris

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Le 11/5/1915, dégâts causés par les Taubes, rue de Paris à Saint-Denis [dégâts causés aux maisons] : [photographie de presse] / [Agence Rol] . sur le site de la Bnf http://data.bnf.fr/12165772/guerre_mondiale__1914-1918__–_destruction_et_pillage/

Lu dans Le Miroir en date du mardi 11 mai 1915

Trois attaques allemandes ont été repoussées au nord de Lombaertzyde, en Flandre. A l’est de St-Georges, nos fusiliers marins ont enlevé la ferme de l’union, où nos ennemis s’étaient fortifiés.
Dunkerque a reçu deux obus.
Au nord d’Arras, nous avons maintenu tous nos avantages et nous les avons même élargis. Nous avons pris 3000 hommes, 10 canons et 50 mitrailleuses.
Deux attaques allemandes ont été repoussées, l’une à Berry-au-Bac, l’autre au bois le Prêtre. En Alsace, lutte d’artillerie.
Les Allemands ont occupé Libau, port de la Courlande; ils ont subi plusieurs échecs en Pologne et en Galicie.
Deux zeppelins ont survolé l’embouchure de la Tamise, a 90 kilomètres de Londres. Ils ont jeté 100 bombes et tué deux personnes.
Le président Wilson est assailli de lettres qui réclament une action énergique contre l’Allemagne. M. Roosevelt se prononce dans le même sens.

 

1/ La Grande guerre à travers le prisme du journal L’Illustration

5 JOURNAL GUERRE 4 AOUT 1914A partir d’aujourd’hui et très régulièrement nous vous proposons de suivre les épisodes de la Grande Guerre et l’actualité de 1914 à 1919 à travers le prisme de l’hebdomadaire « L’iilustration » (et d’autres gazettes de l’époque ». Début avec le numéro du 8 août 1914 ou dans son chapitre « les grandes heures« , Henri Lavedan raconte son périple de Loubressac à Paris au cours duquel il apprend le 31 juillet  l’assassinat de Jaurès, en pleine nuit, en gare de Limoges, de la bouche d’un cheminot « qui cogne avec son marteau sur les roues du wagon  « On lui demande des détails. Il n’en a pas. Il ne sait que cela… Et il ajoute avec tranquillité : »On dit que l’empereur d’Allemagne aussi. »Pas un commentaire de plus sur l’hebdo.

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« On ne passe pas. Ceux qui veillent aux avant-postes des Vosges pour couvrir la mobilisation »

Le surlendemain à la manchette de l’Humanité on peut lire tout frais en manchette: « Mobilisation générale ordonnée ». Au coin de la rue Drouot le journaliste voit les passants applaudir en voyant effacer le titre de « restaurant viennois » inscrit en lettres d’or sur la devanture. Rencontrant le lieutenant colonel Rousset, le rédacteur assure que celui-ci ne craint pas de lui dire toute sa confiance dans notre armée… Place Vendôme, c’est une « course émouvante des autos filant vers les gares, emportant l’officier ou le simple soldat, en tenue de campagne, bien sanglé. Ils ont le même visage tranquille et ferme, les muscles placées aux joues et aux mâchoires de la même façon, la même teinte de marbre au front, et le même regard, bien soutenu, aigu, profond, lointain, un peu dur, un regard qui ne voit plus Paris, ni nous-mêmes, qui interroge la frontière, qui cherche les Vosges et se prépare à l’Alsace?

3 JOURNAL GUERRE 4 AOUT 1914
En route vers la frontière de l’Est

 

Dimanche 2 août 1914

Premier jour de la mobilisation. Avant toute déclaration de guerre, les Allemands violent le territoire du grand Duché du Luxembourg et pénètrent en territoire français à Long-la-Ville près de Longwy. Le tsar adresse un manifeste à ses peuples. L’ambassadeur allemand notifie à midi au gouvernement italien

Lundi 3 août 1914

Dans la nuit l’Allemagne a adressé un ultimatum à la Belgique lui enjoignant de laisser passer ses troupes sur son territoire. La Belgique refuse. L’Italie signifie à la France qu’elle reste neutre. L’amirauté anglaise lance un ordre général de mobilisation.Le Luxembourg est occupé par 60.000 Allemands. M.Gauthier, ministre de la marine donne sa démission pour raisons de santé. Il est remplacé par Victor Augagneur, ministre de …. l’instruction publique. En Grande Bretagne Sir Edward Grey assure que la flotte britannique garantira les côtes françaises contre la flotte allemande. La Begique veut conserver sa neutralité.

Un aéroplane allemand vient lancer trois bombes au dessus de Lunéville.

A Metz les Prussiens fusillent Alexis Samain, ancien président du Souvenir Alsacien et fondateur de La Lorraine sportive.. Ils exécutent le curé de Moineville, le maire de Saales et 17 jeunes qui tentaient de gagner la France. L’impératrice Marie Féodorovna qui regagnait  en train la Russie est arrêtée en Allemagne et conduite à la frontière danoise.

Mardi 4 août

Obsèques de Jean-Jaurès tué « par un exalté ».

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Séance du 4 août à la Chambre des Députés. A l’unanimité les élus votent les mesures que nécessitait le commencement des hostilités. « Nous sommes sans reproche, a proclamé le président du Conseil Viviani; nous serons sans peur. »

Réunion des chambres françaises. Paul Deschanel rend un hommage ému à Jaurès.

L’Angleterre envoie un ultimatum à l’Allemagne pour qu’elle respecte la neutralité de la Belgique. Demande refusée.

L’Allemagne déclare la guerre à la Belgique et pénétre dans ce territoire via Gemmenichet Dolhain à l’est de Liège. Trouvant des ponts coupés et mord sur le territoire hollandais pour passer.

Durant le même temps la ville de Bône, en Algérie est bombardée par un croiseur allemand « le Breslau ». Philippeville subit le même sort.

L’armée austro hongroise est toujours tenue en échec par les Serbes.

La vie Continue

On peut remarquer à la lecture de L’illustration que ces préparatifs de guerre et ce conflit déjà entamé chez nos voisins n’empêchent pas la vie « normale »de continuer.

Monnaie.-On nous annonce que la banque de France vient d’émettre des billets de 20 et de 5 francs.

Croix Rouge française.-Mobilisation aussi de la société française de secours aux blessés, de l’association des Dames françaises, de l’Union des femmes de France.

Ravitaillement.-La presse assure que le ravitaillement de Paris en nourriture sera assuré malgré la mobilisation des trains. « Pour le lait, (un million de litres consommés à Paris), un tour de préférence sera assuré de préférence aux enfants et aux malades ».