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1122/29 août 1917: au général Pétain de la grande croix de la Légion d’honneur à Verdun

Rapport sur la vie à Lens du 29 août 1917 au 5 septembre 1917

Du 29 août au 5 septembre 1917, Charles Bourgeois, commissaire de police de Lens, réfugié à Rambervillers dans les Vosges, rend compte au sous-préfet de Béthune des conditions de vie à Lens sous l’occupation allemande. Il avait été contraint de quitter Lens, avec les derniers habitants, le 11 avril 1917 sur ordre de l’autorité militaire allemande [1]Charles Bourgeois fut le dernier habitant à quitter la ville. Le voyage qui suivit fut pénible, mais « nous étions sortis de la fournaise ».

Il dresse en quatre rapports manuscrits, totalisant 50 pages, écrits sur le papier à lettres du commissariat de Rambervillers (Vosges, arrondissement d’Épinal), le tableau d’une ville exsangue et d’une population soumise aux humeurs de l’occupant allemand. Ces rapports sont conservés aux Archives départementales du Pas-de-Calais sous la cote 11 R 2148. Une version dactylographiée est conservée sous la cote 11 R 857.

Mobilisant ses souvenirs, faute d’avoir pu emporter ses archives, le commissaire de Lens évoque la vie quotidienne, les bombardements, les humiliations et rigueurs imposés par les allemands, les privations, les peines, les morts, etc. Il dépeint le fonctionnement de l’administration française en cette situation exceptionnelle et ses relations avec l’autorité militaire allemande. Il évoque certains faits divers et particulièrement les vols à mettre sur le compte des allemands. Il déplore également les mœurs de certains habitants Lensois.

source: http://www.wikipasdecalais.fr/index.php?title=Rapport_sur_la_vie_%C3%A0_Lens_(1914-1917)

Remise au général Pétain de la grande croix de la Légion d’honneur à Verdun

C’est le président de la république en personne qui a remis à Pétain la grande croix de la Légion d’honneur.  Une journée dont il n’est plus facile aujourd’hui de trouver le compte rendu et la photo…

source: http://ccfr.bnf.fr/portailccfr/jsp/public/index.jsp?record=eadcalames%3AEADC%3ACalames-201410231510185865&failure=%2Fjsp%2Fpublic%2Ffailure.jsp&action=public_direct_view&success=%2Fjsp%2Fpublic%2Findex.jsp&profile=public&fromList=&getCache=

source: http://www.calames.abes.fr/pub/#details?id=Calames-201410231510185868

Lire aussi

Quand le gouvernement remet à Pétain la grand-croix de la Légion d’honneur, le 29 août 1917, pour des questions politiques, on ne va pas clamer qu’il a stoppé les mutineries. C’est donc officiellement le « vainqueur de Verdun » qu’on célèbre. Cette qualité figure en toutes lettres dans la citation qui accompagne cette décoration.

Sitôt la guerre finie, Verdun occupe dans la mémoire des combattants et dans la mémoire nationale et son « vainqueur » une place privilégiée.

Les années plus tard, des spécialistes d’histoire militaire tentent bien de dire la vérité sur le personnage. Or, deux millions d’anciens combattants et la France toute entière, ou presque,  se sentent reliés à Pétain. La nation en fait un général en chef des armées, puis un ministre de la Guerre. Il est devenu à la fois un militaire et un homme politique d’importance.

Lorsque Pétain renverse la République le 11 juillet 1940, s’octroyant tous les pouvoirs et le titre de Chef de l’Etat français, il est toujours adulé comme le vainqueur de Verdun qui fait « don de sa personne à la France ».

http://www.le-blog-de-roger-colombier.com/2016/02/21-fevrier-1916-la-bataille-de-verdun-et-petain-l-imposteur.html

Journal du mercredi 29 août 1917 à travers Le Miroir

Un bombardement violent de nos lignes dans la région du plateau de Californie et de Chevreux a été arrêté par nos tirs d’artillerie. L’ennemi n’a pu prononcer aucune attaque.
Nous avons effectuer des incursions dans les tranchées allemandes de la butte de Souain et dispersé des reconnaisances ennemies au mont Muret et vers Arracourt. Nous avons fait des prisonniers.
Sur le front de Verdun, activité d’artillerie dans la région du bois d’Avocourt et dans le secteur du bois de Beaumont. Deux coups de main ennemi sur nos petits postes vers Vaux-les-Palamex, ont complètement échoué.
Les Anglais, à la suite d’un violent combat, ont avancé leur ligne sur un front d’environ 2000 metres de part et d’autre de la route Saint-Julien à Poelcappelle. Ils se sont établis dans de nouveaux éléments de l’ancien système de troisième ligne allemande de ce secteur. L’ennemi a attaqué, à deux reprises, les positions britanniques du bois d’Inverness, sur la route d’Ypres à Menin. Il a été chaque fois repoussé, laissant des prisonniers.
La progression des Italiens sur le plateau de Bainsizza s’est poursuivie. Il apparaît de plus en plus que Cadorna fait une opération de grande envergure.
Les Russes ont reculé à l’est de Czernowitz.
La Chambre grecque, à l’unanimité, a accordé sa confiance à M. Venizelos.
Le Congrès de Moscou a tenu une seconde séance. Le général Kornilof a pris la parole et conseillé, avec la gravité de la situation, la nécessité de réorganiser l’armée. M. Tcheidze a parlé au nom du Soviet et M. Rodzianko au nom de la Douma.
On annonce que le pape ne complètera sa note par aucun document explicatif et que M. Wilson a répondu à la note.
M. Bryan, qui était jusqu’ici chef des pacifistes d’Amérique se prononce à son tour pour la guerre jusqu’à la décision victorieuse.
Un membre du ministère bulgare est arrivé à Zurich.

 

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1109/16 aout 1917: incendie sur la charpente de la basilique de Saint-Quentin

Incendie sur la charpente de la basilique de Saint-Quentin

La basilque en 1917

Dans l’Aisne, le sort de la ville de Saint-Quentin à partir de 1917 fut au cœur de ce débat. En partie épargnée par les combats de 1914, Saint-Quentin est entièrement vidée de ses 48 000 habitants par l’armée allemande en mars 1917. Désormais considérée comme un bastion sur la ligne Hindenburg, la ville est rapidement la cible de l’artillerie alliée. Dans la nuit du 15 au 16 août 1917, un incendie anéantit la charpente de la basilique du XIIesiècle. L’orgue est détruit et les tuyaux descendus pour être fondus. Un sort similaire est réservé au monument du siège de 1557 qui trônait sur la place de l’hôtel de ville.

Lorsque l’armée française entre dans Saint-Quentin le 2 octobre 1918, la ville n’est plus qu’un amas de ruines.

source: http://www.aisne14-18.com/les-evenements-de-lete

Pétain décore l’escadrille La Fayette

Le 16 août 1917, le général Pétain décerne à l’escadrille sa première citation à l’ordre de l’armée : « Escadrille composée de volontaires américains venus se battre pour la France, avec le plus pur esprit de sacrifice. A mené sans cesse sous le commandement du capitaine Thenault qui l’a formée, une lutte ardente contre nos ennemis. A soulevé l’admiration profonde des chefs qui l’ont eue sous leurs ordres et des escadrilles françaises qui, loin de l’affaiblir, exaltaient son moral, a abattu 28 avions ennemis homologués ».

source: http://www.souvenir-francais-92.org/article-25902016.html

Parution de La baïonnette

source: http://labaionnette.free.fr/1917/b111.htm

A propos de la chanson de Craonne

– La première mention de La Chanson de Craonne date du 16 août 1917, quand une lettre non signée du 89e RI est saisie qui la mentionne, même si le titre n’est pas encore définitif … Dans son livre La Saignée (1920), Georges Bonnamy rapporte qu’on la chantait dans son unité (le 131e RI) en juin de la même année.

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source: http://dictionnaireduchemindesdames.blogspot.fr/2009/09/

Journal du jeudi 16 août 1917 à travers Le Miroir

Action d’artillerie en Belgique, au nord de l’Aisne, en Champagne sur les deux rives de la Meuse et en Haute-Alsace. Un coup de main exécuté par nous près du Four-de-Paris a ramené dans nos lignes une mitrailleuse et du matériel. L’ennemi a bombardé Reims et lancé 100 obus sur Pont-à-Mousson.
Les Anglais ont attaqué sur un large front, sur la lisière nord-ouest de Lens, au bois Hego (nord-est de Loos). Les premières lignes allemandes ont été enlevées sur tous les points et les troupes de nos alliés ont accompli une avance satisfaisante. Elles ont conquis la fameuse cote 70 qui était formidablement défendue et ont, par la suite, poussé sensiblement leur progression autour de Lens. 282 prisonniers sont tombés entre leurs mains. Cinq contre-attaques allemandes ont été brisées avec de fortes pertes pour l’assaillant. Les pertes anglaises ont été légères.
Nos alliés ont également progressé au nord-ouest de Bixchoote, et fait échouer des coups de mains allemands à l’est de Klein-Gillebeke.
La bataille continue avec rage sur le front roumain avec des alternatives d’avance et de recul pour nos alliés.
En Macédoine, canonnade sur le Vardar et sur la Cerna.
Des patrouilles ennemies ont été mises en échec devant les tranchées anglaises de la vallée de la Strouma.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/aout17.html

1052/20 juin 1917: Charles Vally, mutin,  fusillé

Charles Vally, mutin,  fusillé

Les mutineries de mai-juin 1917 effraient l’état-major. Il prend plusieurs mesures pour calmer le mouvement. La répression frappe plusieurs milliers d’hommes mais peu de condamnations à mort seront exécutées. Et ceux qui l’ont été pourraient avoir été tirés au sort. Comme le jeune Charles Vally, dans l’Aisne.

Ce 20 mai 1917, le 60ème bataillon de chasseurs à pied est enfin au repos . Il est temps. Depuis 1914, il a été de presque toutes les grandes batailles de la guerre : Lorraine, Artois, Verdun, Somme, chemin des dames. Ceux de 14 se compteraient presque sur les doigts d’une main.

Mais ce repos bien mérité n’est pas vraiment serein . Depuis quelques jours, des mutineries éclatent un peu partout le long du front. Et les chasseurs à pied sont pris dans le mouvement. Le commandant Belléculée doit faire face à la colère des soldats, toujours au même sujet : les permissions. Ils manifestent un peu mais surtout, dans la nuit du 4 au 5 juin, les 8èmes et 9èmes compagnies refusent de se mettre en tenue pour quitter leurs abris. Le lendemain, les mutins sont rassemblée, désarmés, encadrés et mis en état d’arrestation.

La hiérarchie veut faire un exemple et les procès ont lieu les 10 et 12 juin. Mal défendus, 16 militaires sont condamnés à mort. Seuls Vally et un clairon, Louis Flourac, seront exécutés.

Au total, 19 chasseurs ont refusé d’obéir . Selon l’enquête menée en 1925 à la demande de sa famille, Vally aurait été l’un des meneurs. Il haranguait les autres. Il était mal noté de sa hiérarchie : « esprit indiscipliné, très renfermé, tenant des propos très anarchistes « . Mais ceux qui ont vu leurs peines commuées n’étaient souvent pas mieux vus.

Dès lors, pourquoi Vally ? Presque un siècle après, personne n’a la réponse. Mais il est possible qu’un tirage au sort ait eu lieu pour désigner ceux qui allaient expier la faute. Quant aux autres, l’histoire ne dit pas ce qu’ils sont devenus. Nombre de mutins condamnés mais non exécutés ont ensuite été renvoyés en première ligne, sur des postes particulièrement dangereux. Une autre forme d’exécution, qui ne dit pas son nom.

source: http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/france-info-y-etait/20-juin-1917-charles-vally-mutin-fusille_1756055.html

lire aussi: http://www.blamont.info/textes852.html

https://books.google.fr/books?id=kCTABQAAQBAJ&pg=PA34&lpg=PA34&dq=charles+vally+fusill%C3%A9&source=bl&ots=ce_o8maw-P&sig=Fy1uiyAyUMjjYXCHJpz6wn6uDZ8&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj6jICPoJrUAhXHKsAKHS9NA3IQ6AEINzAD#v=onepage&q=charles%20vally%20fusill%C3%A9&f=false

Journal du mercredi 20 juin 1917 à travers Le Miroir

Violente lutte d’artillerie en Champagne, entre le mont Blond et le mont Cornillet. Une forte contre-attaque allemande sur les positions que nous avons conquises dans cette région a été brisée par nos feux. L’ennemi a subi des pertes sérieuses et a laissé de nouveaux prisonniers entre nos mains.
Des tentatives ennemies sur nos petits postes au nord de Saint-Quentin et vers la tranchée de Calonne ont échoué. Rencontres de patrouilles en forêt de Parroy; nous avons fait quelques prisonniers dont un officier.
Les Anglais ont exécuté des coups de main sur les positions allemandes au sud-est du Verguier et vers la route Bapaume-Cambrai. L’ennemi a eu un certain nombre de tués et ses abris ont été détruits. Nos alliés ont marqué une légère avance sur le champ de bataille d’Arras en faisant 35 prisonniers. 4 canons de campagne sont tombés entre leurs mains. Ils ont abattu 6 avions ennemis.
M. Hoffmann , chef du département politique au Conseil fédéral suisse a dû démissionner à la suite de la découverte d’un télégramme chiffré envoyé par lui à Petrograd et qui transmettait des propositions allemandes en vue d’une paix séparée avec la Russie.
Une crise ministérielle s’est produite à Vienne.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juin17.html

Pétain a cru aux chars

Dès le 20 juin 1917, Pétain  a demandé que soit lancée la fabrication de 1 500 chars pour le printemps de 1918 et, lors de la bataille de La Malmaison en octobre 1917, il leur fait jouer un rôle important. Enfin, il n’attaque jamais sans une concentration très forte de l’artillerie. La guerre de 1914-1917 est finie. Celle de 1918, qui annonce la Seconde Guerre mondiale, commence.

L’importance des changements apparait en pleine lumière lors de l’offensive de La Malmaison le 23 octobre, la veille de Caporetto. Le général Pétain osa relancer l’Armée française à l’assaut dans la zone des mutineries et de l’échec d’avril du général Nivelle. Et, cette fois, le Chemin des Dames tomba avec des faibles pertes: 16 000 hommes  -dont moins de 2 300 tués-  au lieu des 100 000 d’avril 1917. Cette victoire illustrait la nouvelle conduite de la guerre, rendit confiance dans le Haut-Commandement et recréa l’espérance de la victoire. Dès lors, les mutineries étaient entrées dans l’histoire.

La suite sur http://ufacbagnolet.over-blog.com/article-36007807.html

Louis Flourac, fusillé pour l’exemple

En Ariège, comme ils le font depuis plusieurs années, c’est autour du monument aux morts de Saint-Ybars qu’aujourd’hui, à 15 heures, se retrouveront les membres de la Libre-Pensée ariégeoise et tous ceux qui souhaiteront les accompagner dans ce combat contre l’oubli et l’infamie infligés à ces combattants.

Il faut rappeler que sur ce monument figure désormais le nom de Louis Flourac, jeune soldat de 24 ans qui fut, en juin 1917, l’un de ces trop nombreux soldats fusillés pour l’exemple (1) afin de «maintenir l’obéissance» dans les troupes.

source: la dépêche: http://www.ladepeche.fr/article/2012/11/11/1486219-se-souvenir-de-louis-flourac-et-de-tous-les-fusilles-pour-l-exemple.html

(video) https://www.youtube.com/watch?v=oUJyMBG4deo

1035/3 juin 1917: les Russes en Haute-Marne: l’anarchie

Mutineries à la 170 ème division d’infanterie (suite)

http://www.chtimiste.com/regiments/mutineries/mutineries3.htm

Avant la bataille de Messines (Franche-Comté)

Le 3 juin 1917, les tirs de barrage sont momentanément stoppés, afin de permettre à l’observation aérienne britannique de pouvoir correctement identifier les batteries allemandes dissimulées au sol.

Une nouvelle interruption aura également lieu le 5 juin 1917. Cette dernière trêve permettra, entre autre, l’identification d’un plus grand nombre encore de batteries allemandes soustraites au regard des observateurs au sol.

La ligne de front avant la bataille de Messines (7 au 14 juin 1917)…

source: https://www.horizon14-18.eu/bataillemessines.html

Les Russes en Haute-Marne: l’anarchie

C’est ainsi que du 25 au 27 mai 1917 plus de 16 000 soldats russes débarquèrent dans les villages des cantons de Bourmont et de Saint-Blin, et plus particulièrement dans ceux qui étaient implantés le long de la voie ferrée. Après un trajet de plus de 9 heures, les soldats arrivent par petits groupes dans les villages pour loger dans des écuries et des granges.

La 1re division spéciale d’infanterie russe [5] est alors cantonnée dans le secteur de Bourmont pour la 1re brigade [6] tandis que la 3e brigade s’installe aux alentours de Saint-Blin [7].

Cette dernière brigade est dans sa majorité partisane de Kerensky, donc loyaliste, tandis que la 1re brigade semble gagnée au bolchevisme. Un des soldats russes raconte que peu après son arrivée à Goncourt le comité révolutionnaire se réunit sous la présidence de Baltais et que la séance est rapidement devenue houleuse avec les officiers à tel point que lorsque le colonel Netchvolodov [8] lui ordonne de se taire et de se mettre au garde à vous. Baltaïs lui répondit : « c’est à vous de vous lever et de vous mettre au garde à vous ». Le colonel se lève alors et déclare « je suis monarchiste » [9] avant de se retirer définitivement. Le soldat qui raconte cet épisode précise qu’ils n’ont jamais revu le colonel et qu’ils sont restés pratiquement deux mois sans commandement tandis que les officiers étaient partis loger quelques rues plus loin. Ils n’avaient plus aucune influence sur des hommes gagnés par les idées révolutionnaires.

Forcément l’arrivée de ces soldats souvent bruyants, portant un uniforme inconnu, parlant une langue étrangère, est diversement appréciée dans nos paisibles villages haut-marnais. A Goncourt, les soldats russes logent à l’entrée sud du village, au 31 rue du Moulin et les officiers au 28 rue de la Vaux. Globalement ils sont bien accepté par la population. Ce n’est pas le cas à Illoud où les femmes n’osent plus se rendre à Saint-Thiébault car des Russes désœuvrés rôdent en leur jetant des regards menaçants.

A Graffigny-Chemin et à Nijon, les villageois sont touchés par le sort injuste qui est réservé à ces soldats venus de si loin pour aider la France à combattre l’ennemi allemand. Pour une partie d’entre eux, ce sont des soldats en provenance d’un hôpital de la région parisienne et qui sont ici en convalescence et attendent leur retour en Russie. Il en est de même pour les militaires de la 3e brigade qui font peur à la population de Prez sous Lafauche.

A Saint-Blin, l’Etat major commandé par le général Volodia Marouchewsky [10] semble avoir moins de problèmes avec ses troupes. L’instituteur du village les décrit comme étant « d’une civilisation très primitive les russes mangent dans un énorme baquet avec des cuillères de bois. Ce sont de grands alcooliques buvant même l’eau de Cologne et la peinture à base d’alcool. » Ce n’est pourtant pas tout à fait ce que l’on pense à Goncourt où si les enfants sont étonnés de les voir manger avec des cuillères et des fourchettes en bois, les russes améliorent leur ordinaire en chinant des épices aux habitants et se pavanent « dans les rues avec des cannes au pommeau d’argent d’où pendent des bourses finement brodées » [11].

Mais la nouvelle installation est loin de satisfaire les vœux de la troupe et la colère gronde. Les hommes, fatigués des déplacements et des changements de cantonnements avaient demandé à être placés dans un camp doté d’infrastructures correctes or ils se trouvent être dans des conditions aussi précaires que précédemment [12].

« Saint Blin ressemble à un vrai camp de bohémiens à la tombée de la nuit. Tous très bons musiciens et excellents chanteurs se promènent nonchalamment dans les rues jouant mandoline ou accordéon. De jour ils sont couchés et toute la nuit ils se promènent. Aucune discipline. L’appel journalier est impossible. D’un tempérament paresseux, ils n’ont aucune énergie et pour la plupart illettrés, ils se laissent facilement entraîner. C’est le début de leur agitation révolutionnaire. Des conférenciers viennent essayer de les soulever. Batailles journalières et sanglantes entre les soldats à cocarde rouge et les autres. » Cette description fournie par l’instituteur de Saint Blin montre bien que les idées révolutionnaires sont ancrées dans les deux brigades même si elles se sont enracinées plus rapidement dans la 1re, peut être à la faveur des informations en provenance de leur pays comme l’affirme le maître d’école de Semilly. « Ces hommes assez corrects au début sont devenus indisciplinés surtout à la nouvelle de la révolution russe. L’autorité militaire a du les distancier pour éviter de graves inconvénients. La plupart d’entre eux étaient paresseux ».

Il y a surtout un véritable clivage : Si les russes blancs acceptent de continuer à se battre en France, les russes rouges veulent rejoindre leur pays et se battre pour la Révolution. C’est ce qui ressort du rapport du général de Castelnau [13] qui vient visiter les cantonnements dans la région le 3 juin 1917 : « c’est l’anarchie, il semble que tout ressort de la discipline militaire et toute tendance vers le bien soit abolie dans l’esprit et le cœur des soldats russes …. Je doute fort qu’il soit possible en France de leur rendre l’équilibre moral qu’ils ont totalement perdu. Il est indispensable d’envisager leur retour dans leur pays d’origine, dont ils disent avoir la nostalgie ».

https://www.histoire-genealogie.com/Les-russes-en-Haute-Marne-en-1917

La Une du Miroir consacrée au Chemin des Dames

Pétain favorise le sport

Dans une directive datée du 3 juin 1917, le général Philippe Pétain encourage même les pratiques sportives afin de reconquérir la confiance des hommes et empêcher les mutineries qui se multiplient.

http://www.france24.com/fr/20140611-grande-guerre-football-sport-roi-popularise-tranchees-coupe-monde-jules-rimet

Lettre d’un soldat  de la 12ème compagnie du 90 ème territorial

Chère épouse et parents,

Aujourd’hui samedi, je vous écris pour faire savoir que nous sommes toujours à Magnac à l’heure qu’il est. Nous ne sommes pas encore tous habillés, car dans le régiment que nous allons former qui est le 90ème territorial, nous sommes plusieurs classes 95-96-97-98 et 99 « qui est moi » des plus jeunes.

La réserve d’active a été composée comme nous de plusieurs classes. Ils sont partis aux environs de paris, tandis que nous, on dit que nous partons lundi sans savoirla direction. Tout reste secret, les uns disent que nous allons même en Afrique remplacer la troupe qui est rentrée, les autres à la Rochelle ou à paris dans les forts. On dit même que nous allons faire les moissons dans la Champagne et c’est là que nous allons boire du bon vin.

J’ai vu Lucien le même jour dans la soirée qui venait d’arriver. Nous sommes à peu près fini d’habiller… nous on s’est habillé à notre guise, personne ne nous dit rien.

On se couche dans la paille et on dort ; puis on mange comme des cochons. On pourrait aller coucher chacun chez soi en attendant l’ordre du départ ;

Moi, je suis à la 12ème compagnie. Il y a encore deux ou trois classes de réserve d’armée active à rentrer qui viendra nous dépasser en chemin. Nous nous sommes des bons et ne vous pas de mauvais sang car si vous nous voyiez, on s’en fait guère, nous !Je vous écris couché sur l’herbe sortant de faire un somme. Ne vous faites pas de mauvais sang et à bientôt .

Je vous embrasse

https://centenaire1418hautlimousin.jimdo.com/lettres-des-poilus/lettres-de-poilus-et-des-familles/

 

Carnet du dimanche 3 juin 1917 à travers Le Miroir

Activité des deux artilleries dans la région au nord de Laffaux vers Hurtebise et sur le plateau de Californie et de Craonne.
Depuis le 16 avril, le nombre des prisonniers faits par les troupes franco-anglaises sur le front occidental dépasse 52.000 dont plus de 1000 officiers. Parmi l’énorme matériel pris sur l’ennemi pendant ce même laps de temps se trouvent 446 canons lourds et de campagne, un millier de mitrailleuses et un chiffre considérable de canons de tranchées.
Cinq avions allemands sont tombés en flammes ou se sont écrasés sur le sol à la suite de combats avec nos pilotes.
Sur le front d’Orient, dans la région de Lumnica, l’ennemi avait réussi à prendre pied momentanément dans un élément de nos tranchées : il en a été rejeté.
M. Isvolski, ambassadeur russe à Paris, a démissionné.

http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juin17.html

 

 

1016/15 mai 1917: Pétain remplace Nivelle

Journal de guerre du mardi 15 mai 1917 à travers Le Miroir

Au cours de la journée, l‘artillerie allemande, violemment contre-battue par la nôtre, a bombardé le front au nord de Braye-en-Laonnois et de Cerny.
Actions d’artillerie assez vives à l’est de Berry-au-Bac et en Champagne, dans la région du Mont-Haut.
Sur les Hauts-de-Meuse,une tentative ennemie sur un de nos petits poste, au bois des Chevaliers, a été aisément repoussée.
Dans les journées des 13 et 14, six avions ennemis ont été abattus. Un autre appareil s’est ecrasé sur le sol à la suite d’un combat. Nos escadrilles de bombardement ont lancé 4000 kilos d’explosif sur les gares et bivouacs en arrière du front allemand.
Les Anglais ont repoussé des raids allemands au nord-est d’Epéhy et au nord d’Ypres. Un certain nombre de prisonniers ont été capturé par eux. Ils ont réalisé une avance dans le village de Roeux. Le butin des armées franco-anglaises du 9 avril au 12 mai se décompose ainsi : 49579 prisonniers, dont 976 officiers, 444 canons lourds et de campagne, 943 mitrailleuses, 386 canons de tranchées.
Le zeppelin L-22 a été détruit en mer du Nord.
M. Goutchkof, ministre de la Guerre russe, et le général Kornilof, commandant la place de Petrograd, ont démissionné. Les généraux Broussilof et Gourko, commandants de groupes d’armée, ont également démissionné.

Pétain remplace Nivelle

Le général Nivelle, qui n’a pas tenu sa promesse d’arrêter les frais au bout de 48 heures, est limogé le 15 mai 1917 et remplacé par le général Pétain, auréolé par ses succès de l’année précédente à Verdun. Il s’en faut de beaucoup que ce changement ramène la discipline dans les rangs et les mutineries se reproduisent en assez grand nombre jusqu’à la fin du printemps.

Le nouveau commandant en chef s’applique en premier lieu à redresser le moral des troupes. Il sanctionne avec modération les faits d’indiscipline collective, limitant à quelques dizaines le nombre d’exécutions.

L’historien Guy Pedroncini chiffre le nombre de condamnations à 3.500 environ et les exécutions effectives à 60 ou 70. Les autres condamnés voient leur peine commuée en travaux forcés (ils échappent du même coup à la guerre !). L’historien Jean-Baptiste Duroselle évalue à 250 le total des mutineries sur le front français au printemps 1917. Elles auraient impliqué un maximum de 2.000 soldats et se seraient soldées par 27 exécutions pour faits d’indiscipline collective.

Les mutineries du printemps 1917 sont passées pratiquement inaperçues des contemporains et n’ont suscité l’intérêt des historiens qu’à partir des années 1930.

source: https://www.herodote.net/16_avril_1917-evenement-19170416.php

Bataille du détroit d’Otrante

15 mai 1917.-Les armées allemandes et austro-hongroises attaquent les forces italiennes, britanniques et françaises à proximité du détroit d’Otrante, situé entre l’île grecque de Corfou et le talon de la péninsule italienne. Les forces de la Triplice visent ainsi à détruire le barrage des alliés, constitué de champs de mines, de patrouilles de chalutiers armés et de forces de surface. Le combat se solde par une victoire de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie sans que cela ait de conséquences notables sur la guerre elle-même.

source: http://www.linternaute.com/histoire/jour/evenement/15/5/1/a/59521/bataille_du_detroit_d_otrante.shtml

http://milguerres.unblog.fr/la-bataille-du-detroit-dotrante-15-mai-1917/

(Art) Prise du plateau de Californie

Dessin de François Flameng dieu la vie, adieu l’amour, Adieu toutes les femmes C’est bien fini, c’est pour toujours, De cette guerre infâme. C’est à Craonne, sur le plateau Qu’on doit laisser sa peau, Car nous sommes tous condamnés Nous sommes les sacrifiés.

source: https://fr.pinterest.com/pin/704813410403730310/