Archives du mot-clé presse

1589/8 décembre 1918: Philippe Pétain, Maréchal de France

La victoire en Alsace-Lorraine : le 8 décembre

Le 8 décembre, Poincaré et Clemenceau, accompagnés de nombreux généraux et de parlementaires, commencent leur voyage dans les villes d’ Alsace- Lorraine à Metz. Ici, des Messines vêtues du costume lorrain, encadrent le porte-drapeau d’un régiment et accueillent avec joie, les représentants de la République française.

source: http://archives.ecpad.fr/wp-content/uploads/2010/06/1918-12.pdf

Visite à Strasbourg

Après la visite officielle à Metz, la délégation française se rend le même jour à Strasbourg où le président de la République et le président du Conseil sont déjà attendus. Le drapeau du 246e RI attend le cortège qui doit se rendre à la cathédrale.

source: http://archives.ecpad.fr/wp-content/uploads/2010/06/1918-12.pdf

Le discours de Poincaré à Strasbourg

Extrait du discours prononcé à Metz le 8 décembre 1918 par M. Raymond Poincaré, président de la république, lors de son premier voyage en Lorraine reconquise :

« …Metz, l’antique cité gallo-romaine, qui a gardé, à travers les siècles, comme un témoignage de ses origines son vieux nom latin ; Metz qui fut autrefois une des digues de l’Occident contre le flot sans cesse grondant de l’invasion germanique ; Metz qui a parlé la langue romaine dont est peu à peu sorti notre français ; que les rois d’Austrasie ont, à plusieurs reprises, choisie comme capitale, qui a, pendant tout le Moyen Âge, conservé ses traditions et son idiome maternel ; Metz, dont la cathédrale a été bâtie par des artistes français, dont les archives contiennent les plus anciens manuscrits français, dont les chroniqueurs ont composé, en français, toutes les pages de votre histoire locale ; Metz, sur qui le Saint-Empire, dont l’Allemagne prussienne a usurpé l’héritage, n’a jamais eu qu’une autorité fictive ; Metz qui, avant même de se placer sous la protection de Henri II, s’était depuis longtemps tournée vers le roi de France, comme vers un tuteur de son choix et qui est définitivement entrée dans la communauté française en même temps que Toul, en même temps que l’héroïque Verdun ; Metz, contre qui se sont vainement épuisées les armées de Charles-Quint, qui proclama Henri III son Seigneur et souverain et qui fit plus tard à Henri IV une réception triomphale ; Metz, si fière aux XVIIe et XVIIIe siècles, du parlement qu’y avait installé Richelieu, si justement orgueilleuse des illustres fils qu’elle a donnés à la mère patrie, si jalouse de demeurer fidèle à l’esprit et au goût français, Metz a été, il y a quarante-huit ans, arrachée par la force à ses affections naturelles et à ses habitudes historiques, déviée de ses origines, déracinée de son passé, pour être jetée, frémissante et indignée, sous cette domination qui réveillait en elle des antipathies séculaires… »

source: https://saintvincentmetz.wordpress.com/2013/08/04/metz-vue-par-raymond-poincare-le-8-decembre-1918/

Philippe Pétain, Maréchal de France

source photo
https://www.flickr.com/photos/bmmetz/35402568672

En 1918 le 19 novembre Philippe Pétain sur la proposition du maréchal Foch reçoit à Metz son bâton de maréchal le 8 décembre 1918. Le 12 avril 1919, il est élu à l’Académie des Sciences Morales et Politiques, et le 5 juillet suivant, il fait son entrée à l’Académie Française au 18ème fauteuil ou il succède au maréchal Foch.

Pétain reçoit des mains du président Raymond Poincaré son bâton de maréchal, Source, SHD, les Chemins de mémoire

Cette auréole fait de ce fils de cultivateur de Cauchy-à-la-Tour dans le département du Pas de Calais un homme porteur d’un immense prestige, le peuple Français le lui a donné par son plébiscite lorsqu’il a pris, à 84 ans, après la débâcle de 1940, la charge du pays que personne ne voulait prendre. Philippe Pétain portait le prestige du vainqueur de Verdun, et ne pouvait être autre chose que l’homme qui sauverait la Nation de ce désastre. Général en chef de l’armée Française, il le restera jusqu’au 9 février 1931.

La suite sur le site de Mediapart: https://blogs.mediapart.fr/anido-mirolo/blog/160111/philippe-petain-marechal-de-france-suite-27

Parution du Miroir

L’État français se réinstallait en Alsace-Lorraine

Le 8 décembre 1918, le président de la République, Poincaré, le chef du gouvernement, Clemenceau, et une brochette de généraux présidaient à Metz une cérémonie marquant officiellement la réinstallation de l’État français en Alsace-Lorraine(1) après la victoire française à l’issue de la guerre de 1914-1918. Dans les images de cette période on ne voit que des foules en liesse accueillant l’armée et les autorités françaises. La réalité fut infiniment plus complexe.

la suite sur https://journal.lutte-ouvriere.org/2008/12/03/decembre-1918-letat-francais-se-reinstallait-en-alsace-lorraine_18921.html

Journal du dimanche 8 décembre 1918

Les députés d’Alsace-Lorraine, réunis en Assemblée nationale à Strasbourg, ont proclamé le rattachement indiscutable et définitif à la France des deux provinces délivrées.
L’arrivée de M. Wilson à Paris est retardée au 14.
M. Lloyd George, a réclamé une fois de plus le châtiment des responsables de la guerre. Il a estimé que l’Angleterre devrait être fermée aux Allemands. Il évalue à 200 milliards l’indemnité de guerre que la Grande-Bretagne peut demander au gouvernement de Berlin.
L’Allemagne refuse l’extradition de Talaat-pacha, ancien grand vizir.
Les bolcheviks ont envahi les pays baltes. La Livonie, l’Esthonie, la Courlande font appel aux alliés.
On annonce que l’armée nationale ukrainienne aurait pris Kiev et que Skoropatsky aurait été fusillé.
On publie l’acte de renonciation du kronprinz.
Le séparatisme rhénan inquiète de plus en plus les milieux officiels prussiens. Des troubles graves sont signalés à Berlin.
Un croiseur léger anglais, le Cassandre, a heurté une mine dans la Baltique. Il a coulé, onze marins ont disparu.
Les troupes britanniques ont continué leur marche vers Cologne et le Rhin. Elles ont atteint la ligne Blankenheim-Erfl.
Les troupes américaines ont atteint la ligne Nedelhoven-Doekweiler-Laubach-Briesch-Niederwoerresbach.
Le comte Karolyi représentera la Hongrie à la conférence de la paix et M. Ruy Barbosa, le Brésil.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/decembre18.html

Publicités

1579/28 novembre 1918: Guillaume II abdique

Guillaume II abdique

Le Kaiser Wilhelm II, ou Guillaume II, (1859–1941) fut le dernier empereur allemand et roi de Prusse. À la fin de la Première Guerre mondiale, le gouvernement allemand proclama son abdication le 9 novembre 1918. Il s’exila aux Pays-Bas le lendemain et signa le traité d’abdication le 28 novembre 1918 au château d’Amerongen, dans la province d’Utrecht. Cette photographie est extraite de Guerre des nations, compilation de 1 398 images réalisées par héliogravure accompagnées de courtes légendes descriptives portant sur la Première Guerre mondiale et ses conséquences immédiates. Cet ouvrage, publié par la New York Times Company, regroupe des illustrations parues dans le Mid-Week Pictorial, hebdomadaire de photographies d’actualité que ce groupe de presse a diffusé entre 1914 et 1937. Elles montrent les grands dirigeants militaires et civils des pays impliqués dans la guerre, des scènes de bataille, des systèmes d’armement importants, les ruines et la destruction engendrées par les combats, le retour des soldats après la guerre, la célébration de la victoire dans divers pays, et des scènes de la conférence de paix de Paris.

Rapatriement des allemands faits prisonniers par les Anglais

Le jour de l’Armistice, 25. 614 internés étaient retenus en Suisse, parmi lesquels 12. 555 français.

Dès le 13 novembre 1918, la France demanda en exécution des conditions d’Armistice (art. 10), le rapatriement sans délai de ses internés de Suisse. Il en fut tout autrement pour les internés allemands dont la France, état capteur, refusa le rapatriement. La Grande-Bretagne, elle aussi état capteur, accepta cependant le rapatriement de ses prisonniers allemands qui fut effectif le 28 novembre 1918 au départ de Grande Bretagne.

Les internés anglais en Suisse, au nombre de 1.410, furent rapatriés du 17 au 20 décembre 1918.

Les Suisses transformèrent, dès le 1er janvier 1919, le statut des « blessés et malades en traitement » en celui de « militaires hospitalisés ». Ils décrétèrent le 31 janvier 1919 la fin de l’internement. Les internés malades et blessés intransportables des forces de l’Entente (190 Français, 25 Anglais et 22 Belges) furent regroupés à Leysin et Montana d’où ils furent rapatriés les 25, 28 et 30 avril 1919.

source: http://hopitauxmilitairesguerre1418.overblog.com/2014/01/la-suisse-et-l-internement-des-prisonniers-de-guerre-allies-malades-et-blesses-1914-1918.html

Parution de La baïonnette

PIERRE FALKÉ 1918 – Sacré tonnerre ! j’aurais dû le prendre en flanc, et lui faire le coup de la Marne !
PANTHONIER FLEGME BRITANNIQUE – Comment, vous avez une balle dans la mâchoire ! Eh bien, parlez du nez !

Journal du jeudi 28 novembre 1918

Les armées françaises, achevant de traverser le Luxembourg, ont atteint la frontière allemande à l’est de Weiswampach et de Hemerscheid.
A Redange, une chaleureuse réception a été faite par la municipalité au général commandant la 48e division qui entrait dans la ville. La 8e armée a fait son entrée à Haguenau.
Les révélations continuent outre-Rhin. M. Jaffé, ministre des Finances de Bavière, publie des pièces d’où il résulte que l’Allemagne et l’Autriche ont repoussé une offre de paix américaine à l’automne 1917.
A la conférence des Etats allemands tenue à Berlin, M. Kurt Eisner a demandé que M. Solf, ministre de l’ancien régime transmis au nouveau, quittât le pouvoir. L’assemblée a voté le principe de la Constituante et s’est prononcée pour le maintien de l’unité allemande. La Constituante siégerait à Francfort-sur-Mein, qui fut déjà le siège de l’Assemblée nationale de 1848.
Les Roumains de Transylvanie ont rompu avec le Conseil national de Budapest.
Le docteur Solf a envoyé une nouvelle protestation aux puissances de l’Entente.
La démobilisation est terminée en Autriche.

1575/24 novembre 1918

Parution du Miroir

LE MARÉCHAL FOCH APPORTANT A LA CONFÉRENCE INTERALLIÉE LA CONVENTION D’ARMISTICE
La Justice immanente annoncée par Gambettaau lendemain de nos revers de 1870 s’est levée : l’Allemagne,
vaincue, a dû souscrire le II novembre à nos conditions d’armistice qui consacrent la victoire.

source: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6539730k.texteImage

Journal du dimanche 24 novembre 1918

Les troupes belges ont fait leur entrée dans Bruxelles libérée. Le roi Albert Ier avait pris le commandement de ses troupes pour rentrer dans sa capitale. Il était accompagné par la reine Elisabeth, par le prince héritier et par un brillant état-major. Les troupes françaises, qui, depuis de longs mois, combattaient sur le front de Belgique avec les Alliés, sont également entrées dans la ville de Bruxelles. A la tête de ces troupes étaient les généraux Degoutte et Davignon.
L’occupation des localités délivrées de la Lorraine et de l’Alsace s’est poursuivie. A Colmar, l’entrée solennelle du général de Castelnau s’est effectuée au milieu des acclamations de toute la population, qui a témoigné d’une manière particulièrement touchante de son attachement à la France.
De la Moselle aux Vosges, la ligne atteinte comprend Thionville, Bouzonville, Volklingen, Sarreguemines, Bitche. En Alsace, nos avant-gardes ont atteint Reipertswiller, Uberach, Dauendorf, Gendertheim, Vendenheim, après avoir fait leur entrée à Ingwiller, Bouxviller et à Brumath, où elles ont reçu le plus émouvant accueil.
Les troupes britanniques ont occupé Namur et dépassé la Meuse au sud de cette ville. La progression continue. Nos alliés ont atteint la ligne de la rivière Ourthe et approchent d’Andenne et d’Ambresin. Plusieurs centaines de canons allemands, un grand nombre de mitrailleuses et de canons de tranchées sont tombés entre leurs mains au cours de l’avance.
Les Américains ont poursuivi leur marche à travers le grand-duché de Luxembourg, atteignant Ingeldorf, Betzdorf, Remieh, Schengen.
L’armée roumaine est mobilisée tout entière sous le commandement français.
Lord Robert Cecil, ministre anglais du blocus, a démissionné.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/novembre18.html

1574/23 novembre 1918: on est prié de laisser les couteaux au vestiaire!

On est prié de laisser les couteaux au vestiaire!

Un ordre bien significatif du G.Q.G adressé aux Corps de troupes en date du 23 novembre 1918:

A cette date, le commandant en chef des Armées françaises, Philippe Pétain, tout juste élevé à la dignité de Maréchal de France, ordonne « …l’enlèvement des pistolets automatiques aux grenadiers, aux nettoyeurs de tranchée, aux personnels des sections d’écoute et le reversement de ces armes aux Parc d’Artillerie… ».

Fini de jouer aux coups de main nocturnes, on est prié de revenir aux usages du « rang », fini aussi de rouler des mécaniques en affichant ses Croix de Guerre, son pistolet et son couteau de tranchée…les officiers trésoriers ou d’intendance vont pouvoir de nouveau exiger le salut aux « têtes brûlées ».
Quelques mois plus tard, en Allemagne occupée, les personnels de l’Artillerie d’Assaut seront à leur tour priés de ne plus porter le couteau de tranchée, jusque là encore réglementaire, pour éviter les « rixes » sanglantes avec les buveurs de bière locaux…
Michel « Tanker » va retrouver, j’en suis sûr, la date exacte de ce dernier ordre que je cite de mémoire s’agissant du personnel des chars d’assaut.

source: https://forum.pages14-18.com/viewtopic.php?t=11009

Parution du Cri de Toulouse

source: https://rosalis.bibliotheque.toulouse.fr/cgi-bin/presseregionale?a=d&d=PCRITOU19181123-B315556101-CRITOU-1918-11-23-43&e=fr-20–1–txt——-TE–0—-

Parution du Rire rouge

source: https://www.retronews.fr/journal/le-rire/23-novembre-1918/219/1695371/1

Journal du samedi 2 novembre 1918

Nos éléments de cavalerie, en Belgique, ont atteint Bastogne. Plus au sud, nos troupes ont fait leur entrée à Habay-la-Neuve. Dans cette localité, nous avons pris possession d’un parc d’aviation ennemi. Un millier de soldats allemands, qui se trouvaient encore dans le village de Groobom, ont été faits prisonniers avec leur colonel.
En Lorraine, nous avons atteint la ligne Zitterheim, Neuville, Gottesheim, Hochfelden, Stutzheim; Phalsbourg, Petite-Pierre et Marmoutiers ont été également occupées. Ces villes étaient pavoisées, et nos soldats ont reçu un accueil enthousiaste. La marche a continué en Alsace au milieu des mêmes manifestations de sympathie que les jours précédents. Nos troupes ont fait leur entrée solennelle à Neuf-Brisach et à Huningue. A Markolsheim a eu lieu la remise d’un abondant matériel ennemi.
Les troupes britanniques ont continué leur marche vers la frontière allemande. Ce mouvement s’est accompli selon le programme et sans incidents. A la droite, les avant-gardes progressent vers la Meuse, au sud de Namur. A gauche, elle ont atteint la ligne Gembloux-Warne.
Les Belges ont atteint Turnhout et Herenthal.
Les Américains ont atteint la ligne Vichtern, Schuttrange, Rentgen, Kattenhofen. Ils ont traversé la ville de Luxembourg. La population les a accueillis en libérateurs, les couvrant de fleurs et les escortant parmi les rues pavoisées.
La reddition de la grande flotte allemande est un fait accompli.
Les troupes de l’Entente marchent sur Kiew. Skoropatsli s’est rendu.
Le général Denikine a été nommé dictateur avec l’assentiment de l’Entente.
D’après les neutres, l’Allemagne n’est pas affamée. Le débat se poursuit à Berlin au sujet de la Constituante. Le gouvernement prétend que le groupe Spartacus prépare un coup d’Etat. La Bavière prend position contre les commissaires du peuple.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/novembre18.html

1571/20 novembre 1918

Parution du canard enchaîné

source: http://centenaire.org/fr/tresors-darchives/fonds-prives/archives/le-canard-enchaine-pendant-la-premiere-guerre-mondiale

Reddition des navires de guerre allemands

Reddition des navires de guerre allemands [20 novembre 1918 à Harwich] : [photographie de presse] / [Agence Rol]

source: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53005799b.item

L’usure des effectifs français en octobre-novembre 1918

Lorsqu’on examine les « historiques » divers des combats de l’automne 1918, on y lit souvent que les compagnies d’infanterie allemandes étaient souvent réduites à 50 ou 80 hommes du fait de l’usure des effectifs et de l’importance des pertes subies depuis le printemps 1918.
Mais il est tout aussi intéressant d’examiner ce qu’il en est dans les Armées alliées à cette période de la guerre.

-l’Armée américaine est à gros effectifs avec des Divisions comptant plus du double d’hommes que les nôtres, de surcroît, des centaines de milliers d’hommes et de divisions entières ne verront jamais le front et rentreront aux U.S.A sans avoir été engagées.

-l’Armée anglaise souffre de l’usure des effectifs, surtout à partir de la fin de l’été 1918.

-l’Armée française, pour sa part, a les plus grandes difficultés à maintenir ses effectifs à la dotation théorique et les Divisions « d’attaque » ont particulièrement souffert depuis mai 1918. En effet, il y a bien, n’en déplaise aux partisans des thèses du parfait « égalitarisme » des unités de l’Armée françaises, des Divisions d’attaque et…les autres.
Il suffit d’étudier la situation des effectifs de quelques Divisions de ce type pour se faire une idée de l’extraordinaire usure de ces belles divisions, surtout lorsqu’elles ont été employées par des chefs « offensifs », symbolisés par le général Mangin et quelques autres: voir à ce sujet les pertes et l’état des effectifs des 1ère et 2ème Divisions Marocaines, des 37e et 38e Divisions ou des Divisions »bleues », 46e et 47e Divisions, dont l’infanterie est composée de Bataillons de Chasseurs.

Ces difficultés de maintien des effectifs, associées à l’extraordinaire usure du matériel d’artillerie, expliquent mieux la relative lenteur de l’avance des Armées alliées malgré des succès offensifs importants.
Ainsi, au sein de la 46e Division d’Infanterie, les pertes ont atteint plus de 7000 hommes pour la seule période de mai à octobre 1918. Cette grande unité, ayant relativement peu souffert en 1917, notamment du fait d’avoir été maintenue en réserve en avril dans le but d’exploiter un éventuel succès, a par contre été employée dans de nombreuses offensives à partir de mai 1918 en Belgique, en Champagne, à l’offensive du 8 août en Picardie, dans la bataille de Saint-Quentin puis de l’avance en direction de la Belgique.
Dans ces conditions, les Bataillons de Chasseurs ont beaucoup souffert. Les pertes de l’artillerie sont beaucoup plus rarement évoquées.
Pour illustrer la rapidité de l’usure des unités d’artillerie de campagne, je joins un extrait du rapport établi le 20 novembre 1918 par le colonel Verguin, commandant de l’A.D 46. En deux pages, s’appuyant sur les rapports des commandants de batterie, cet officier dresse un tableau impressionnant de l’état de l’artillerie de campagne de la 46e Division dans les tous derniers jours de la campagne. Un chapitre de ce rapport, intitulé « Usure des effectifs par l’ypérite », illustre la situation des batteries du 227e R.A.C chargées d’appuyer l’infanterie dans la phase de poursuite de l’ennemi en cours de repli vers la Meuse belge.
Ce cours chapitre résume bien l’état réel des troupes françaises en fin de guerre:

la suite sur https://forum.pages14-18.com/viewtopic.php?t=12146

Journal du mercredi 20 novembre 1918

Nos troupes ont continué leur marche en avant, accueillies avec un enthousiasme croissant par les populations. L’ennemi a abandonné un énorme matériel : locomotives, wagons, parcs d’automobiles, magasins de toutes sortes. Des milliers de prisonniers français, anglais, russes, italiens rentrent dans nos lignes dans un état de misère indescriptible.
En Belgique, nous dépassons la voie de Beauraing, à Florenville.
Plus à l’est, nous avons atteint la ligne Offagne-Bertaux-Straimont-Jamoigne, au sud de Neufchâteau. En Lorraine, nous occupons Sainte-Marie-aux-Mines, la rive sud de la Nied allemande, Créhange, sur la route de Saint-Avold et nous bordons la haute Sarre, en amont de Fenestrange. Nos troupes ont fait leur entrée solennelle dans Sarrebourg, ainsi qu’à Dieuze et à Morhange.
En Alsace, nous avons franchi le col de Saverne, et installé nos avant-gardes aux postes de Wasselonne et de Neufeld. Plus au sud, nous sommes à proximité du Rhin, depuis le nord de Neuf-Brisach jusqu’à là frontière suisse.
Les 2e et 4e armées anglaises ont poursuivi leur marche et atteint la ligne générale Florennes-Charleroi-Seneffe-Hal.
La 3e armée américaine a traversé la frontière belge et occupé Virton. Elle a atteint Etalle et Saint-Léger. Entre Chiers et Moselle, elle a dépassé Spincourt et le système de voies ferrées entre Longuyon et Conflans. Elle est entrée dans Longwy. Plus au sud, elle a occupé Audun-le-Roman et la ville de Briey.
On annonce que M. Wilson partira des Etats-Unis pour la France après le 12 décembre.
L’armée de Mackensen a été désarmée en Hongrie.
On prétend que Guillaume II aurait réellement abdiqué et, d’autre part, qu’il voudrait rentrer en Allemagne.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/novembre18.html

1567/16 novembre 1918: Le départ des boches de Longwy

Correspondance de guerre du canadien  Olivar Asselin

Pâturage, près Mons, en Belgique, 16-11-18.
Mon cher Pierre,

Tu sais que nous sommes en route pour l’Allemagne. Les sales Boches ont tout volé dans les parties de la France qu’ils occupaient. L’autre jour, à Valenciennes, une gentille fillette de six ou sept ans me disait : « Moi, j’ai hâte de voir une vache. » xxxxxxx Elle n’a pas bu de lait de vache depuis quatre ans. Dans tout le nord de la France, il n’y a pas d’école depuis quatre ans, parce que les Boches occupaient les écoles qu’ils n’avaient pas détruites ; les enfants de six à dix ans ne savent pas lire.

Aujourd’hui, pour la première fois depuis mon retour à la guerre, j’ai vu des vaches. Elles étaient attelées, tantôt seules, tantôt deux par deux, à des charrettes, des roulottes, qui portaient les bagages de malheureux évacués rentrant en France. Celles-là, l’Allemand les aurait bien emportées aussi, mais il a dû déposer les armes avant de compléter ses forfaits. Dans certains cas xxxxxxx un chien poussait par en-dessous, comme on leur apprend à faire en ce pays, et le veau suivait derrière, et dans la charrette un vieillard ou une vieille femme disparaissait presque sous des vieux matelas, des paquets, qui s’en revenait mourir en France. Des enfants, pendus à des cordes, aidaient à la vache et au chien.

la suite sur https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_-_Lettre_du_16_novembre_1918_Lettre_no_2_(Asselin)

Parution du « Coup de canon »

La guerre plongea la presse dans de nombreuses difficultés matérielles comme la mobilisation des ouvriers des imprimeries et des rédacteurs, la pénurie de papier et enfin la réapparition de la censure. Elle eut pour conséquence la disparition de bon nombre de journaux, 28 titres dès 1914 et une vingtaine encore entre 1914 et en Basse-Normandie. La presse cesse totalement de remplir sa mission d’information pour se transformer en arme de propagande. Peu de choses sont connues sur la création du Coup de canon, bimensuel, qui paraît pour la première fois en . Il s’affiche comme un journal humoristique, milit…éraire et civil, vendu sur abonnement à la tête du client dont les chèques sont refusés c’est trop compromettant. Il se situe au carrefour des journaux satiriques qui virent le jour aux débuts de la Troisième république et des journaux de guerre aux publicités et feuilletons patriotiques, prenant le contre courant des journaux de propagande et de soutien des populations loin du front par des caricatures et dessins caustiques. Le Coup de canon de janvier à novembre est remplacé par Le Crachin Journal humoristique et satirique -1919 et devient Le Crachin 1920-1927. Il paraît quelques mois 1919-1921 sous la dénomination Le Crachin cherbourgeois.

source: http://normannia.info/items/show/190686#?c=0&m=0&s=0&cv=0

Parution du « Rire »

source: https://www.retronews.fr/journal/le-rire/16-novembre-1918/219/1930995/1?from=%2Fsearch%23sort%3Dscore%26publishedStart%3D1918-11-11%26publishedEnd%3D1918-12-31%26tfPublicationsOr%255B0%255D%3DParis-soir%26tfPublicationsOr%255B1%255D%3DLe%2520Petit%2520Jou

16 novembre 1918: le départ des boches de Longwy

source: https://www.geneanet.org/cartes-postales/view/6359520#0

16 NOVEMBRE 1918 :explosion de munitions à la gare du midi

Le 16 novembre 1918 dans le courant de l’après-midi, Octavie R. rentrait chez elle en suivant le boulevard Jamar et la rue de France, après avoir été colporter des lacets et des rubans. Arrivée à la fabrique Cantillana, l’explosion des wagons de munition qui se trouvaient entreposés à la gare du Midi projeta sur elle des débris de toutes sortes. Elle fut atteinte notamment d’éclats d’obus à la face

Octavie R., colporteuse résidant à la rue Bara dans une roulotte, a 18 ans lorsqu’elle est grièvement blessée au visage et à la main droite lors de cette explosion. Entre 1919 et 1921, elle subira jusqu’à vingt-quatre opérations chirurgicales visant à essayer de lui redonner un visage.

.source: https://www.civilsbelges14-18.be/fr/verhalen/les-munitions-non-explosees-blessent-et-tuent-encore-apres-la-fin-de-la-guerre

La Hongrie, une république démocratique

Proclamation de la République démocratique hongroise, indépendante de l’Autriche-Hongrie. Le gouvernement Károlyi prend des mesures radicales pour démocratiser le pays et alléger la condition ouvrière et paysanne.

Journal du samedi 16 novembre 1918

On annonce de différents côtés que M. Wilson assistera aux délibérations du Congrès de la Paix.
Une instruction est ouverte en France contre les officiers allemands qui se sont rendus coupables d’exactions et d’autres crimes dans la région du Nord.
M.Georges Maringer a été nommé commissaire de la République à Strasbourg; M. Mirman portera le même titre à Metz, et M. Henry Poulet, à Colmar.
La révolution a été violente à Bruxelles parmi les troupes allemandes. Il y aurait une centaine de morts, dont un grand nombre d’officiers. Des groupements révolutionnaires ont été formés à Bruxelles et à Anvers.
Le kronprinz de Bavière Rupprecht aurait demandé asile au marquis de Villalobar, ministre d’Espagne, ainsi que le baron de Lancken, gouverneur civil de la Belgique.
Les élections anglaises ont été fixées au 14 décembre. Le parti ouvrier anglais a invité ses délégués à sortir du cabinet de coalition, mais les huit ministres travaillistes se refusent à quitter leur poste.
Le Parlement belge se réunira à la fin du mois à Bruxelles.
Le nouveau gouvernement allemand a levé l’état de siège et supprimé la censure. Il a proclamé l’amnistie pour tous les délits politiques et ordonné de procéder aux élections : toute personne de vingt ans de l’un ou de l’autre sexe possédant le droit de suffrage. Une partie des biens de la couronne royale de Prusse ont été confisqués.
L’Arménie sera-t-elle occupée par les Alliés? Cette occupation a été demandée par lord Bryce à la Chambre haute de Westminster.
Le gouvernement espagnol a rompu avec les bolchevistes.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/novembre18.html

1562/11 novembre 1918: signature de l’armistice

(Vidéo) La signature de l’armistice du 11 novembre 1918

C’est dans la clairière de Rethondes, dans la forêt de Compiègne, que vient d’être signée la paix. Les discussions entre les belligérants se déroulent dans un train qui sert de poste de commandement au Maréchal Foch. Le 11 novembre à l’aube, les plénipotentiaires allemands viennent de reconnaître leur défaite. Le wagon de Rethondes entre alors dans la légende. A 5 heures du matin, le texte d’armistice est enfin signé par les participants. Quarante ans après, le bras droit du Maréchal Foch témoigne, un document rare.

Une saignée pour la France

« Une larme coule sur la joue du capitaine von Oberndorff. Ce moment est certainement le moment le plus émouvant, le plus dramatique dans la simplicité de cette scène, qui a toute sa grandeur justement dans son extrême simplicité », raconte en 1958 le général Maxime Weygand, chef d’état-major du Maréchal Foch. Il est 11 heures quand retentit le cessez-le-feu, sur une note sonnée par tous les clairons d’un front immense, de la mer du Nord à la frontière suisse. En France, la population célèbre l’armistice. Jamais encore le pays n’avait connu pareille saignée : 1 400 000 soldats tués, 2 500 000 blessés pour une guerre qui aurait dû être « la Der des Ders ».

la suite sur https://www.francetvinfo.fr/societe/guerre-de-14-18/video-la-signature-de-larmistice-du-11-novembre-1918_741553.html

voir aussi wikipédia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Armistice_de_1918

https://fr.wikipedia.org/wiki/Armistice_de_1918

Une caméra le 11 novembre à Strasbourg

Le 11 Novembre 1918 un cameraman était présent à Strasbourg. Ces images sont rares et constituent le témoignage d’une époque difficile pour l’Alsace.Interview du commandant MEYER autour du 11 novembre par Roland RECHT

source: INA: http://www.ina.fr/video/SXF02029218

Un film de 55 minutes sur la fin de la guerre 14-18

https://www.youtube.com/watch?v=EHfDDrWPswo

(Vidéo) Augustin Trébuchon, le dernier français mortà Vrigne-Meuse

source: http://centenaire.org/fr/ardennes/reportage/augustin-trebuchon-dernier-poilu-mort-au-combat-vrigne-meuse

lire aussi: https://fr.wikipedia.org/wiki/Augustin_Tr%C3%A9buchon

La journée du 11 novembre 1918

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le message du maréchal Foch annonçant la fin de la guerre fut transmis par télégraphe aux commandants en chef des différentes armées alliées le 11 novembre à 5 heures 15 : «  Les hostilités sont arrêtées sur tout le front, à partir du 11 novembre, 11 heures (heure française). Les troupes alliées ne dépasseront pas, jusqu’à nouvel ordre, la ligne atteinte à cette date et à cette heure. » Cet ordre fut retransmis par le général Boichut aux régiments de la division à 7 heures 15, accompagné de consignes particulières de prudence auxquelles le colonel Petitdemange jugea utile de rajouter quelques recommandations supplémentaires pour que « les hommes mettent leur mouchoir au bout de leur fusil (…) et crient en chœur et de toutes leurs forces “Vive la France !” et chantent La Marseillaise (…). On ne fraternisera pas avec l’ennemi ».

Le commandant de Menditte relata ainsi les événements du 11 novembre 1918 dans son carnet de notes journalières :

« Le [canon de] 75 rageur a tiré régulièrement, montrant aux Boches que nous faisons bonne garde autour du régiment et, au jour, le feu recommence mais il est peu intense. Du reste, la situation est rectifiée à mon avantage. J’ai réorganisé mon front. Mes compagnies sont en liaison les unes avec les autres, mes hommes ont mangé chaud et je les ai ravitaillés en cartouches. Hier, cette opération avait dû être faite de jour mais pour les mitrailleuses seulement et dans des conditions effroyables car le terrain était battu par les mitrailleuses ennemies. Cette fois, mes hommes ont tout ce qu’il faut pour tenir et ils tiendront. Vers 6 heures 30 circule le bruit de l’armistice. À 8 heures 30, l’avis est officiel. Pendant ce temps, on continue à tirer sur le front du régiment et les obus allemands tombent sur Dom-le-Mesnil. Je fais passer la bonne nouvelle au régiment et on attend ! 10 heures 45 : les obus tombent encore sur le village. 10 heures 57 : la mitrailleuse tire encore. 11 heures : un de mes clairons sonne “ Cessez le feu ”, “Levez-vous ” puis “Au Drapeau ”. Les autres clairons répètent. La Marseillaise monte dans le lointain. Des cris de joie et les cris plus éloignés des Boches qui sortent de leurs trous et veulent fraterniser. Quelle joie et quelle émotion ! Ici tout est en remue-ménage. On sort de l’église tous les lits boches qui s’y trouvent. Le père Guiton dit la messe et monte en chaire, mais à ce moment arrive le général Boichut qui ne reste que 10 minutes mais qui est suivi de trompettes d’artillerie et de cavalerie sonnant de joyeuses fanfares. La cérémonie continue, on chante le Te Deum et, ma foi, après cela on déjeune, avec quel appétit ! Aussitôt après déjeuner, le colonel Petitdemange arrive, il veut voir le régiment sur place et je l’accompagne sur la position. Il félicite les hommes, les officiers et passe sur une grande partie du front car mon régiment n’a pas bougé et garde la place. Il fait un temps merveilleux. À mon retour, je trouve dans la rue le colonel Gizard qui rentre de permission. Il a perdu une bien belle matinée mais a gagné le calme d’une journée de dimanche qui fut bien angoissante pour moi (…). J’ai perdu 45 tués, 87 blessés et 12 disparus au cours de la journée d’hier. La proportion de tués est énorme pour de la guerre en rase campagne et prouve l’acharnement mis dans la lutte mais j’avais devant moi la Garde Prussienne : 4 régiments dont le 23, le 357 et le 69  (…)

Les combats ont effectivement continué jusqu’au dernier moment. Le soldat de 1re classe Augustin Trébuchon 5, estafette de la 9e compagnie, titulaire de la Croix de guerre, tué à 10 heures 50 d’une balle dans la tête alors qu’il était porteur d’un dernier message pour son capitaine, a été le dernier mort de la Première Guerre mondiale dans le secteur. Mais, officiellement, il sera déclaré mort à Vrigne-Meuse le 10 novembre 1918 à 10 heures du matin. Dans la poche de résistance tenue par le 415e RI au nord de la Meuse, ce fut le soldat Delalucque qui eut l’honneur de sonner le « cessez-le-feu » à 11 heures précises. Appelé par le capitaine Lebreton pour effectuer les sonneries réglementaires, le brave poilu, sans doute ému par la solennité de cette mission, ne se souvenait même plus de cette sonnerie : « La dernière fois que je l’ai joué, c’était en 1911, au champ de tir (…). » Mais son nom ne restera pas dans l’histoire. Il entonna d’abord le refrain du régiment puis les différentes sonneries demandées : « Cessez-le-feu », « Levez-vous  », « Garde à vous » et enfin « Au Drapeau ». Les Allemands aussi sortirent alors des tranchées et, pour la première fois depuis quatre ans, les « Feldgrau » et les « Bleu horizon » se firent face sans chercher à s’exterminer. Ils auraient même chanté ensemble La Marseillaise ! À la 2e compagnie, « (…) cette Marseillaise fut plutôt hésitante car les hommes étaient sous le coup de l’émotion. La nouvelle de l’armistice ne fut pas accueillie avec une explosion de joie mais plutôt avec le soulagement de ne plus vivre avec l’obsession d’être des morts en sursis. Après les durs et violents combats de la veille, il était bien difficile d’imaginer que la guerre pouvait finir comme par miracle. On avait l’impression que c’était un rêve et cependant c’était bien la réalité (…) ». Un profond silence s’établit sur l’immensité du champ de bataille de la veille. Un silence impressionnant.. Du côté des Allemands, l’Armistice était aussi une délivrance mais leur sentiment de joie avait aussi le goût de la défaite. Certains cherchèrent à fraterniser avec les Français. Généralement sans succès. Ils furent priés de rejoindre leurs lignes. Ne plus échanger de coups de fusil et laisser chacun récupérer ses morts sur le terrain, c’était suffisant dans l’immédiat. Les poilus échangèrent leurs impressions après avoir compté les minutes au cours de la matinée. L’Armistice 6, c’était d’abord la vie sauve. Il fallait bien qu’il y eût un dernier tué, mais – surtout – ne pas être celui-là : « Je vis, c’est merveilleux ! », « Nous avons eu une sacrée veine », « Tu te rends compte, on n’est pas mort ! », « Croyez-vous que l’opération de forcer le passage de la Meuse s’imposait alors que les pourparlers d’armistice se déroulaient à l’état-major du maréchal Foch ? », « (…) revoir Paname et troquer le casque pour le melon », « C’est la fin de notre jeunesse », etc. Il faudrait aussi réapprendre à vivre normalement et guérir de la guerre. La guerre était finie, c’était la paix. 

Le dernier communiqué officiel de la guerre, diffusé le 11 novembre à 15 heures, signalait sobrement que : « À l’est de la forêt de Trellon, nous avons atteint la frontière belge. À la suite de durs combats, nous avons forcé les passages de la Meuse entre Vrigne et Lumes. » Officiellement, comme le montre « l’état des officiers et hommes de troupe du 415e régiment d’infanterie tués à l’ennemi aux divers combats de 1914 à 1918 » annexé à l’historique du régiment, il n’y eut aucune perte humaine à déplorer le 11 novembre 1918 dans le secteur de Nouvion, Dom-le-Mesnil et Vrigne-Meuse. Les pertes subies par les formations engagées par la 163e division dans l’opération de franchissement de la Meuse et de conquête d’une tête de pont, au cours des journées du 9, 10 et 11 novembre 1918, furent de 96 tués et 198 blessés dont 68 tués et 97 blessés pour le 415e RI. Ces pertes étaient les dernières de la Grande Guerre. Dans l’après-midi du 11 novembre, la population de Dom-le-Mesnil participa activement à la recherche des morts laissés sur le terrain au nord de la Meuse avec les soldats du 415e RI. Ils furent transportés d’abord à Dom-le-Mesnil puis dans l’église de Vrigne-Meuse. Le soir, 33 corps, dont la majorité d’entre eux appartenait au 3e bataillon, étaient alignés dans l’église de Vrigne-Meuse.

Les pertes allemandes ne sont pas connues avec précision mais elles ont certainement été sévères. Dans l’historique du régiment des fusiliers de la garde, le récit de la journée du 11 novembre se termine en effet ainsi : « Après midi, nouvelle de la révolution au pays, de l’abdication de SM l’Empereur, et de l’armistice. Heureux ceux qui étaient tombés plein de foi dans la grandeur de la Patrie et qui ne vécurent pas là le plus noir de tous les jours ! Le soir de cette dernière bataille d’une guerre commencée quatre ans et demi plus tôt, avec tant de joie et d’espoir, vit le brave régiment des fusiliers de la garde réduit à 13 officiers, 25 sous-officiers et 100 hommes ! » Cette unité d’élite formait un bataillon à deuxcompagnies la veille. Il avait donc perdu environ la moitié de ses effectifs dans cette dernière opération.

En principe, le 415e régiment d’infanterie devait rester dans la région de Dom-le-Mesnil pendant quatre jours. Au cours de la journée du 12 novembre, les hommes du régiment continuèrent à fouiller le secteur pour rechercher les corps des soldats disparus au cours de l’ultime combat de la guerre. La cérémonie d’inhumation des hommes du 415e RI tués au cours des derniers combats, avait été fixée au 13 novembre dans la matinée. Pour des raisons difficilement compréhensibles, le régiment n’eut même pas la possibilité d’assister à cette cérémonie. Il avait reçu l’ordre dans la nuit du 12 au 13 de quitter Dom-le-Mesnil dès le lendemain à 7 heures du matin. Vingt sapeurs furent désignés par le commandement pour creuser les tombes dans le cimetière de Vrigne-Meuse et rendre les derniers honneurs. Deux nouveaux corps – ceux des soldats Trébuchon et Coste, les derniers « morts pour l’Armistice » – furent retrouvés le 13 novembre en fin de matinée et transportés par les villageois jusqu’à l’église de Vrigne-Meuse. L’héroïsme du 415e régiment d’infanterie au cours des derniers mois de guerre fut récompensé par une citation à l’ordre de l’armée accordée par le maréchal Pétain, commandant en chef des armées de l’Est :

« (…). Réengagé le 2 novembre, au-delà de l’Aisne débordé, sous les ordres du chef de bataillon de Menditte, et animé par lui de l’impérieuse volonté de vaincre, a franchi le canal des Ardennes, délivré neuf  villages, capturé des canons, battu l’ennemi. Enfin, par un dernier et héroïque effort, jetant le 10 novembre ses bataillons sur la rive droite de la Meuse, sur une passerelle de fortune, battue par des mitrailleuses, a enlevé à deux divisions de la garde munies d’une puissante artillerie, les positions où elles se croyaient à l’abri de toute surprise. A brisé leurs contre-attaques et imposé à l’ennemi même, étonné de ses propres pertes, le respect de tels soldats. »

La suite sur:

https://journals.openedition.org/rha/291#tocfrom2n4

Pourquoi Vrigne-Meuse

Fallait-il réaliser cette opération ? En fait, l’effondrement de l’armée allemande était perceptible depuis le mois de juillet 1918 et irrémédiable dès le début du mois d’octobre 1918. Mais à cette époque en France, le pouvoir politique était divisé. L’Armistice demandé par les Allemands était-il une simple trêve pour gagner du temps et réorganiser le front avant de reprendre l’offensive ? Ne devait-on pas profiter des circonstances favorables aux armées alliées pour traverser le Rhin et exploiter cet avantage en direction de Berlin ? Telles étaient les questions fondamentales qui se posaient.

Aux niveaux politique et stratégique, les désaccords étaient évidents. Dès le 4 octobre 1918, le prince Max de Bade avait télégraphié à Thomas W. Wilson, président des États-Unis, pour lui demander de convoquer les belligérants « pour des négociations de paix sur la base des quatorze points, en même temps que pour la conclusion immédiate d’un armistice ». Raymond Poincaré, président de la République, voyant dans ce projet un piège, avait alors informé Georges Clemenceau, président du Conseil « que tout le monde espère fermement qu’on ne coupera pas les jarrets de nos troupes par un armistice si court qu’il soit ». Mais pour le maréchal Foch, « nous n’avions pas le droit de jouer la vie d’un seul homme » sur une question militairement résolue. In fine, la question essentielle est de savoir à quel moment « la question était militairement résolue » et donc quels étaient, en fait, les buts de guerre pour les alliés : repousser les Allemands au-delà du Rhin ? S’emparer de gages territoriaux en Allemagne ? Poursuivre jusqu’à Berlin ? Les avis étaient partagés. En toute hypothèse, atteindre Charleville-Mézières ainsi que Sedan et repousser les Allemands au-delà de la Meuse, était bien un objectif fixé par le commandement allié. Mais la traversée de la Meuse n’était pas une fin en soi et Vrigne-Meuse n’était certainement pas un objectif stratégique dont la conquête marquerait et symboliserait la victoire des alliés. Donc, soit la traversée de la Meuse était inutile, soit plus vraisemblablement, ce n’était qu’une étape intermédiaire.

Il est cependant permis de se poser quelques questions sur cette ultime opération menée par la 163e division et plus particulièrement par le 415e RI sur trois kilomètres entre Charleville-Mézières et Sedan, alors que les alliés alignaient à cette époque 210 divisions, déployées sur 550 kilomètres de front. Que s’est-il passé dans le secteur des autres divisions entre le 8 et le 11 novembre 1918 ? Apparemment pas grand chose à en juger par exemple par ce qui s’est passé du côté du 11e corps d’armée à Mézières ou dans le secteur de Sedan. L’artillerie avait encore beaucoup donné mais le commandement n’avait pas jugé indispensable de franchir la Meuse aux dernières heures de la guerre. Au nord de Charleville, les divisions de la Ve armée n’avaient d’ailleurs toujours pas atteint la Meuse. Ce qui laisse supposer que les divisions autres que la 163e DI, avaient un temps d’arrêt à partir du moment où les pourparlers d’armistice avaient commencé à Rethondes. Il avait été urgent d’attendre. D’ailleurs, le fait que Pierre Sellier et son clairon soient « entrés dans l’histoire » pour avoir sonné le « cessez-le-feu » de la Première Guerre mondiale le 7 novembre au soir, et non pas le 1re classe Delaluque, le 11 novembre, justifie aussi ce constat.

Il est évident cependant que le maréchal Foch avait envisagé la suite des opérations dans l’hypothèse où les plénipotentiaires allemands temporiseraient pour signer l’Armistice dans les délais impartis. Une vaste offensive dirigée par le général Castelnau devait alors être lancée le 13 ou le 14 novembre 1918 dans l’Est de la France pour s’emparer de Metz, occuper la Lorraine et poursuivre la marche vers le Rhin. L’attaque principale devait être assurée par vingt divisions françaises et six divisions américaines soutenues par plusieurs autres opérations jusque dans les Flandres pour bousculer l’ennemi sur tout le front. Le sacrifice demandé à la 163e division et au 415e régiment d’infanterie sur la Meuse le 10 novembre, a-t-il permis d’éviter cette offensive ?

La 163e division a-t-elle fait preuve d’indiscipline en lançant l’opération de franchissement de la Meuse ? Le manque de cohérence des ordres donnés par la chaîne de commandement montre qu’il y eut une prise de risque inconsidérée de la part du 14e corps d’armée. Entre l’ordre donné le 9 novembre au soir par le général Gouraud de« (…) surveiller l’activité de l’ennemi, afin de profiter de toute occasion favorable pour franchir la rivière et s’établir solidement sur la rive droite, en se bornant à poursuivre l’ennemi, le cas échéant, par des éléments légers (…)»et celui, également du 9 novembre au soir, du général Marjoulet, commandant le 14e corps d’armée : « La 163e DI franchira la Meuse et occupera Vrigne-Meuse, le Signal de l’Épine (…). Opération à exécuter d’urgence et sans se laisser arrêter par la nuit ()» etqui se traduira au niveau de la 163e division par l’ordre de « franchir la Meuse cette nuit, coûte que coûte (…)», il est permis de s’interroger sur la discipline intellectuelle du commandement français à la fin de la guerre.

L’opération de Vrigne-Meuse a-t-elle été un succès ou un échec ? L’affaire a été mal préparée et mal engagée. L’impasse sur la recherche de renseignements en est la raison essentielle. Les autres régiments, engagés sur Flize et Nouvion, n’ont d’ailleurs pas fait preuve de la même agressivité que le 415e RI qui s’est retrouvé dans une position d’autant plus difficile. Le bilan a été lourd notamment pour ce régiment mais il aurait pu être catastrophique. Le régiment tout entier aurait pu être détruit si l’Armistice n’était pas intervenu à 11 heures du matin puisque les moyens de franchissement mis en place dans la nuit du 10 au 11 novembre ont rapidement été rendus inutilisables. Il convient par ailleurs de rendre hommage au courage du chef de bataillon commandant le 415e RI au cours de la journée du 10 novembre : en traversant la Meuse dans l’après-midi pour aller inspecter ses bataillons et surtout relever les positions des premières lignes, il a permis à l’artillerie divisionnaire de fournir des appuis efficaces qui ont évité au 415e RI d’être rejeté dans la Meuse. Sans cet acte de courage, le 415e RI aurait probablement été décimé dans la nuit du 10 et la matinée du 11 novembre 1918.

L’opération de franchissement de la Meuse était-elle justifiée ? L’imminence de l’Armistice ne pouvait justifier une telle improvisation et une telle précipitation dans le franchissement d’une rivière comme la Meuse. Le fait que la division n’ait eu officiellement aucune perte à déplorer le 11 novembre, est d’ailleurs un signe qui ne trompe pas. Pour le commandement, cette opération aurait été difficile à justifier, ce qui explique sans doute qu’elle soit restée longtemps confidentielle.

https://journals.openedition.org/rha/291#tocfrom2n4

Le dernier mort à la dernière minute

Henry Gunther est mort dans la Meuse le 11 novembre 1918 à 10h59, à une minute de l’Armistice. Dernier soldat américain tué sur le sol français, il a aujourd’hui sa propre stèle.

(…)

Ce 11 novembre, il y a cent ans, tout le monde sait que la guerre va s’arrêter. Mais aujourd’hui encore, personne ne sait exactement pourquoi Henry Gunther, un Américain, va surgir de ses lignes et du brouillard, avec un de ses camarades, et monter vers les tranchées allemandes.

Pierre Lenhard raconte : « Les Allemands regardent l’heure : il est quasiment 11 heures. Ils de disent : ‘Mais qu’est-ce qu’ils veulent encore ces deux-là, dans quelques minutes c’est fini ?’ Ils leur font signe de partir. Les Allemands ne vont pas les tuer, mais leur tirer par-dessus la tête en signe d’avertissement« . Malgré les injonctions, Henry Gunther, toujours armé, continue d’avancer en direction de la ligne de mitraillettes. Il est finalement abattu de cinq balles, dont une dans la tempe.

source: https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/11-novembre-1918-le-dernier-mort-a-la-derniere-minute-7794107638

Journal du lundi 11 novembre 1918

L’armistice a été signée.
Dans la dernière journée, nos troupes, maîtresses de Mézières, avaient passé la Sormonne, enlevé le village de ce nom et atteint la route d’Hirson, à Mézières, au sud de Remwez.
Sur notre droite, nous continuons à franchir la Meuse entre Lunes et Donchery.
Dans sa retraite précipitée, l’ennemi avait abandonné partout un matériel considérable. Nous avons capturé, notamment entre Anor et Momignies, des canons, de nombreux véhicules de toute sorte et des trains entiers de chemins de fer.
Les Anglais, après avoir dépassé Maubeuge, s’approchaient de Mons, malgré la résistance des arrière-gardes ennemies. Leurs détachements avancés poussaient en avant, au sud-est de Mons et arrivaient à la ligne du canal à l’ouest et au nord-ouest de cette ville. Au nord du canal Mons-Condé, ils avaient pris Leuze et touchaient à Ath. Ils avaient progressé de 7 kilomètres à l’est de Renaix.
Les Américains avaient réalisé des gains considérables sur de nombreux points, le long de la ligne, entre Meuse et Moselle. Des troupes de la première armée avaient atteint, en coopération avec les unités françaises, les lisières sud de Stenay et occupé le bois de Chenon, au sud de Baalon. Au delà des pentes orientales des hauteurs de la Meuse, les villages de Gibercy, Abancourt et Grimaucourt avaient été occupés.
En Woêvre, la 2e armée avait pénétré dans les lignes de l’ennemi, qu’elle avait chassé de plusieurs fortes positions. Les villages de Marcheville et de Saint-Hilaire avaient été pris.
Les Belges avaient atteint le front Nederz-Walin-Hermelghem-Boucle-Saint-Denis-Zegemzen.
Les unités américaines à leur gauche avaient franchi l’Escaut à l’est de Heuvel. 15 kilomètres d’avance avaient été réalisés au sud et 7 au centre.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/novembre18.html