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1256/10 janvier 1918: lettre d’un tirailleur malgache

Lettre d’un tirailleur malgache

Souilly le 10 janvier 1918.- Je me nomme RAFIRINGA, je suis soldat 2e classe au 23e Bataillon de Tirailleurs
Malgaches (BTM). Je rédige ce carnet à l’hôpital de Souilly, près de Verdun, avec l’aide de camarades français d’infortune, Léon Gautheron, Antoine Catonnet, Georges Hippolyte Richet et Clément Guchen. J’ai du mal à écrire dans la langue d’ici. J’avais 10 ans quand ma terre natale est devenue française ; j’ai appris par la suite à me débrouiller avec la
langue mais j’ai encore du mal à exprimer par écrit toutes mes pensées. L’idée de conserver
des images de ce qui m’est cher m’est venue de la rencontre avec un Français à Madagascar ; ce vazaha m’avait dit un jour : « RAFIRINGA, si tu voyages, emporte toujours avec toi des photos ou des cartes postales pour montrer à ceux que tu côtoieras à quoi
ressemblent les choses qui comptent dans ta vie… ».
Je suis malade, je crois que c’est la pneumonie ou la bronchite. On ne me l’a pas dit à
l’hôpital de Souilly. La mort rôde autour de nous. Je veux écrire pour me souvenir et pour expliquer à ceux qui liront ces notes à quoi correspondent les images que j’ai emportées avec moi. Depuis notre arrivée dans la Meuse le 26 novembre 1917, mes frères malgaches du 23e BTM tombent comme des mouches. Les informations circulent bien au sein du bataillon.
Nous savons tous ce qui s’y passe. L’hôpital de Revigny a signalé les décès de Ramoratoandro le 28/11, Rabemololo le 18/12. Ici, à l’hôpital de Souilly, Ramarosely est mort le 28/11, Rabialaky le 15/12, Rakotomavo le 19, Ramasimbohitra le 22, Ranaivo le 23, et Rahaovalahy et Randresimanana sont morts hier le 9 janvier. L’hôpital de Bar-le-Duca transmis aussi ses mauvaises nouvelles : décès de Randriamaro le 5/12, de Ralaivelo le 4/01, de Rambelosaona le 5, de Ramasimiarinjato le 7. Certains sont emportés au front : Randriamanandaza à Triaucourt le 11/12, Rafilandahy tué à l’ennemi à Osches le 21/12,
Rotreta décédé à Triaucourt le 7/01. La plupart d’entre eux sont originaires des hauts plateaux, au centre de Madagascar : régions de Tananarive, de Fianarantsoa,
d’Ambositra, d’Itasy, d’Ambalavao… Les deux ethnies principales sont les Merina et les Betsileo. Je fais partie de l’ethnie merina ; les Français nous appellent en général des hovas.. Nous sommes pour la plupart des riziculteurs pauvres

source: http://tiraera.histegeo.org/carnet_Rafiringa.pdf

Parution de la Baïonnette

HENRY FOURNIER – Voilà un petit matelot à peau douce ! – On l’embarquerait bien quand même.
ÉTIENNE LE RALLIC – Ça !… un cantonnement ? T’es pas louf ! Y a pas de bistrot.

http://labaionnette.free.fr/1918/b132.htm

Une lettre du  major Olivar Asselin à son fils

Mon cher Pierre,

Il y a au 10e de réserve un chien si beau, si bon, si fin, que je me dis toujours en le regardant : « si Pierre avait un chien comme ça ! »

Mais il faudrait que tu recommences son éducation, car c’est un chien de militaires : il ne n’aime pas du tout les civils. Peut-être aussi qu’en mettant ta casquette Allemande et en empruntant le fusil ap à Paul tu pourrais te faire aimer de lui. Ce n’est qu’un chien, après tout ; et comme il n’a jamais vu de soldats ale Allemands, il y aurait peut-être moyen de le tromper sur l’uniforme.

Il s’appelle Marion. Je ne sais pas de quelle race il est, car j tu sais que nous n’avons jamais eu de chiens, et je ne les ai jamais ⁁pas étudiés. Je crois seulement que c’est un Barbet, car il a de la barbe jusque dans les yeux. Peut-être aussi que c’est un Ratier. Pourquoi suis-je sous l’impression que c’es ce pourrait être un Ratier ? Je n’en sais rien : je ne lui ai jamais vu prendre de rats. Mais il me semble qu’avec son u n un museau comme le sien il pourrait en attraper. Quand je vois le gros nez épaté de mon Pierrot, je n’ai pas besoin de l’entendre (Pierrot, pas le nez) pour savoir que c’est un farceur, et un gaulois. Eh bien, pour Marion, c’est la même chose ; s’il ne prend pas de rats, il devrait en prendre.

source: https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_-_Lettre_du_10_janvier_1918_(Asselin)

Eugénie Deruelle, otage

– 10 janvier 1918 : A 9 heures du matin, M. le maire vient me dire que je suis désignée comme otage et dois me préparer à partir pour Holzminden !
Ce départ est un déchirement rétrospectivement décrit très en détail à la date du 25 août, un mois après le retour d’Eugénie avec notamment cette scène :
J’ai été touchée au moment de quitter chez moi, d’être appelée, dans la cour de Lambert, par l’aîné des tracteurs qu’il logeait depuis des mois. Cet homme avait toujours été très poli envers moi. Il voulait me dire adieu, et ne pouvait le faire dans ma maison devant tout le personnel du chef. Il pleurait et me dit qu’il habitait près de Holzminden, et que, quand il irait chez lui en congé, en mars, il viendrait me voir, ferait son possible pour que je loge chez lui, et que sa femme me soignerait bien… Le pauvre homme n’a pas eu son congé, et est parti de Sains… pour un autre pays.
Le séjour au camp d’Holzminden fait aussi l’objet d’une chronique détaillée qui permet de voir le fonctionnement du camp et les conditions d’existence des otages.

source: http://www.crid1418.org/temoins/2013/03/07/deruelle-eugenie-1853-1927/

Journal du jeudi 10 janvier 1918

Le chiffre total des prisonniers que nous avons ramenés dans nos lignes, au cours de l’incursion effectuée au nord de Seicheprey est de 178 dont 1 officier et 18 sous-officiers.
Actions réciproques d’artillerie sur la rive droite de la Meuse, dans les secteurs de la cote 344 et de Beaumont.
Un coup de main allemand sur nos petits postes de Nomény n’a donné aucun résultat.
En Macédoine, tirs de destruction opérés avec succès par l’artillerie lourde britannique dans la région de Doiran.
Sur le front serbe et dans la vallée du Haut-Skumbi, plusieurs reconnaissances ennemies ont été dispersées.
Entre les lacs, une attaque locale sur nos tranchées a été repoussée après un vif combat à la grenade.
Vives rafales de feux au front italien, pardessus la Brenta et tirs de harcèlement à travers la Piave, entre les hauteurs de Valdesso-Viadena et le Montello.
Une attaque ennemie a été dispersée dans la région d’Asiago. Des prisonniers ont été faits dans la région de L’Asolone. Combat de bombes à main sur le Solarelo. Des mouvements ennemis ont été efficacement battus autour de Noventa.
Les Portugais ont repoussé deux fortes patrouilles allemandes en faisant des prisonniers.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/ja18

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1255/9 janvier 1918: vers la création du syndicat des journalistes

Vers la création du syndicat des journalistes

La Grande Guerre marque une rupture dans l’histoire de la presse et du journalisme. D’une part parce que la presse et ses rédacteurs ont participé au « bourrage des crânes » et à la propagande de guerre, d’autre parce que les conséquences de la guerre entraîne une fragilité économique de la presse. C’est pourquoi le 9 janvier 1918 une quinzaine de journalistes se réunissent à Paris, dans le but de mieux structurer et défendre la profession. Deux mois plus tard, le 10 mars 1918, le Syndicat des journalistes est créé.

http://www.journalisme.com/index.php?option=com_content&view=article&id=194&catid=63

lire aussi: http://www.snj.fr/?q=content/l%E2%80%99histoire-du-snj

L’Europe anéantie par le froid

le journal l’Excelsior du mercredi 9 janvier 1918 consacre un grand article sur « la rudesse anormale de deux hivers consécutifs ». Le journal remarque que les habitants des campagnes et l’abbé Moreux l’avaient « pronostiqué » grâce aux statistiques et aux observations de la nature. Si la prévision météo pour la semaine n’apparaît jamais dans les quotidiens, réaliser des tendances pour les mois à venir est une pratique paradoxalement assez courante dans les campagnes.

Après ces terribles hivers de guerre, les années qui suivent ne sont généralement pas été aussi rigoureuses.
On peut citer les chutes de neige précoces du mois de novembre 1919 où le 14, il tombe 24cm à Paris et 25cm à Besançon. A ce propos, les journaux de l’époque n’hésitent pas à évoquer le dérèglement des saisons et la possible influence de la pollution liée aux canons de la guerre… En aurait-on parlé autant si ces chutes de neige n’avaient pas touché la capitale ? A Paris, des chenillettes Renault de la guerre 14-18 sont utilisées comme chasse-neige pour dégager les grandes avenues.
Entre le 13 et le 20 janvier 1926, on assiste également à une courte mais intense vague de froid qui fait suite à d’importantes inondations. Du coup, on observe d’immenses étendues de glace. Face à ce froid, une circulaire du ministre du Travail rappelle que les jeunes gens de moins de dix-huit ans et les femmes ne devraient pas travailler à l’extérieur quand le froid descend à 0 degrés. Tous les jours, la presse dresse des listes des victimes de congestions avec le nom des personnes, leur âge, leur profession et même leur adresse. Mais cette vague de froid n’est vraiment rien à côté de ce qui va se produire au cours du mois de février 1929…

source: http://www.meteo-villes.com/france/hiver-1918.html

Journal du mercredi 9 janvier 1918

En Champagne, nous avons repoussé une tentative ennemie sur nos petits postes à l’est du Téton.
Lutte d’artillerie assez vive dans le secteur d’Avocourt et de Bezonvaux. En Woëvre, dans la région du nord de Seicheprey, nous avons exécuté un large coup de main qui a parfaitement réussi. Nos détachements ont pénétré, sur un front de 1500 mètres environ dans la position allemande dont les défenses ont été bouleversées et les abris détruits.
Conformément aux ordres reçus, nos troupes sont ensuite revenues dans leurs lignes ramenant l50 prisonniers environ et un certain nombre de mitrailleuses et de lance-bombes.
En Haute-Alsace, activité des deux artilleries au nord du canal du Rhône au Rhin.
Canonnade sur le front belge, vers Ramscapelle, Pervyse, Saint-Jacques-Capelle, Oudecapelle et Nieucapelle. Les tranchées des secteurs de Dixmude, ont subi des bombardements assez violents.
En Macédoine, des patrouilles ennemies ont été repoussées près de Staravina. Canonnade dans la boucle de la Cerna. Les aviateurs alliés ont exécuté plusieurs bombardements dans la vallée du Vardar et au nord de Monastir.
L’artillerie britannique a exécuté des tirs sur le front italien et détruit huit avions ennemis.
Le cabinet Hughes a démissionné en Australie, à la suite du rejet de la conscription par le referendum populaire.
Le président Wilson a prononcé devant le Congrès américain un discours capital, et qui fixe les conditions de paix de l’Entente à peu près dans les mêmes termes que le discours de M. Lloyd George quelques jours plus tôt.
Le Président demande que réparation soit faite à la France du tort qui lui a été causé en 1871, que la Belgique, la Serbie, la Roumanie soient libérées, que les frontières italiennes soient réajustées et que soit constitué un Etat indépendant de Pologne. Il revendique aussi la création d’une Société des Nations.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/ja18

1245/30 décembre 1917: mémoires de guerre d’un brancardier poète Joseph Ravenne

Parution de La Fourragère

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http://paysfoyen.canalblog.com/albums/journaux_de_la_grande_guerre/photos/19001853-la_fourragere__n__2_des_16_31_decembre_1917_.html

Mémoires de guerre d’un brancardier poète Joseph Ravenne

mémoireComme la plupart des hommes entre 20 et 45 ans, Joseph est appelé au 209e Régiment d’infanterie d’Agen avant de passer le 28 octobre 1914 à la compagnie 17/2 bis du 2e Régiment du génie de Montpellier. Le 4 septembre 1916, il incorpore la compagnie 12/2 du 6e régiment du Génie stationné à Angers. Il est tour à tour sapeur, planton, brancardier puis à nouveau sapeur, avant de trouver la mort dans un bombardement, tué par des éclats d’obus à Aubérive, dans la Marne, le 30 décembre 1917. Il sera décoré de la Médaille militaire à titre posthume en janvier 1918 et son corps sera rapatrié au village de Saint-Avit où il repose aujourd’hui dans le petit carré militaire situé au pied du monument aux morts.
En savoir plus sur https://www.ladepeche.fr/article/2017/10/27/2673525-memoires-de-guerre-d-un-brancardier-poete-joseph-ravenne.html#LSgVCCU20GGYyRuo.99

Journal du dimanche 30 décembre 1917

Lutte d’artillerie moyenne sur la plus grande partie du front, assez vive dans la région de Beaumont, (rive droite de la Meuse).
Pas d’action d’infanterie.
Nos avions ont bombardé les gares de Mézières-les-Metz et de Thionville, ainsi que, les établissements ennemis dans la région de Vouziers et de Rethel.
Sur le front belge, canonnade peu intense.
Nos alliés ont bombardé les organisations ennemies des régions de Tervaete, Dixmude et Kippe, en représailles de tirs effectués sur leurs tranchées de premières lignes.
Activité de l’artillerie britannique sur un certain nombre de points au sud de la route d’Arras à Cambrai et dans la région de Lens. Recrudescence d’activité de l’artillerie ennemie dans le secteur d’Ypres, notamment sur le bois du Polygone, Passchendaele et Langemark.
Les aviateurs britanniques ont jeté 240 bombes sur quatre champs d’aviation allemands dans la région de Roulers et sur des cantonnements au sud de Lille. Ils ont, en outre, bombardé plusieurs trains.
Trois contre-torpilleurs anglais ont été torpillés ou ont coulé sur des mines au large de la côte hollandaise. Il y a 180 victimes. Des escadrilles aériennes allemandes et autrichiennes ont bombardé Trévise et Padoue. Dans cette dernière ville, les victimes sont assez nombreuses.

 

1017/16 mai 1917

Parution du canard Enchaîné

http://centenaire.org/fr/tresors-darchives/fonds-prives/archives/le-canard-enchaine-pendant-la-premiere-guerre-mondiale

Eugène Nicot est fait prisonnnier

Le 16 mai 1917, alors que le 278e R.I. vient à peine de s’installer dans les tranchées du secteur du moulin de Laffaux (Aisne), il est soumis à une violente offensive allemande, qui bouscule les premières lignes. Au soir de cette journée, le régiment compte 29 tués dont 3 officiers, 130 blessés dont 7 officiers et 168 disparus dont 1 officier. Au nombre de ces derniers, Eugène Nicot est fait prisonnier par l’armée adverse. Il est interné à Limburg-sur-Lahn (Limburg an der Lahn), en Hesse (Allemagne). Le 29 décembre 1918, il est rapatrié. Le 6 janvier 1919, il est admis à l’hôpital complémentaire 48 de Bourgoin (Isère) pour « bronchite, mauvais état général, anémie ». Il y reste une semaine, puis part pour une convalescence de deux mois. Il rentre au dépôt le 14 mars. Le 29 juillet, il est envoyé en congé illimité de démobilisation et se retire à Sardant. Plus tard, Eugène Nicot fera le compte : « sept années soldat, trente-deux mois au front, dont vingt mois prisonnier… ». Plusieurs commissions de réforme successives lui diagnostiqueront un emphysème.

http://www.memoirevive.org/eugene-nicot-45925/

Journal de guerre du mercredi 16 mai 1917 à travers Le Miroir

Après un violent bombardement dirigé sur le chemin des Dames, dans la région ouest de Braye-en-Laonnois, les Allemands ont attaqué nos positions sur un large front, vers les Bovettes et l’épine de Chevrigny. Nos tirs de barrage et nos feux de mitrailleuses ont brisé l’attaque, qui n’a pu aborder nos lignes, sauf sur un point où une fraction a pris pied dans un de nos éléments avancés du sud-ouest de Filain.
Des coups de main ennemis sur nos postes au nord-est de Craonne, à l’est de la cote 108 et au nord-est d’Auberive, ont échoué sous nos feux. Nous avons fait des prisonniers, dont un officier.
En Woëvre et en Lorraine, nos détachements ont pénétré en plusieurs points dans les lignes allemandes et ramené des prisonniers.
Engagements d’avant-postes, au front anglais, près d’Epéhy. L’ennemi a lancé deux vigoureuses contre-attaques vers Bullecourt. La tentative a totalement échoué après un dur combat. Une autre contre-attaque a été arrêtée près de Loos.
Les Italiens, sur tout le front du Carso, ont accompli avec succès des attaques d’infanterie et capturé des Autrichiens.
Le chancelier allemand a déclaré au Reichstag qu’il se refusait à formuler ses buts de guerre. M. Scheidemann a brandi la menace de la révolution et réclamé une paix blanche.
Un accord semble s’établir entre le gouvernement provisoire russe et le comité de Tauride, ce dernier acceptant de participer au pouvoir.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/mai17.html

733/journal de la grande guerre du 5 août 1916

Journal de la grande guerre du 5 août à travers le Miroir

Sur la rive droite de la Meuse, la bataille s’est poursuivie sur le front Thiaumont-Fleury que les Allemands ont attaqué avec un acharnement extrême. Plusieurs contre-attaques à gros effectifs, prononcées sur nos positions aux abords de l’ouvrage de Thiaumont ont été repoussées avec de grosses pertes pour l’adversaire. Nos troupes, au cours de la lutte, sont même parvenues à enlever l’ouvrage, que nous avons ensuite évacué sous la puissance du bombardement, en ramenant 80 prisonniers faits par nous.
Dans la région de Fleury, les combats n’ont pas été moins violents; les Allemands ont multiplié des contre-attaques sur le village Chauvre, précédées d’une intense préparation d’artillerie. Après plusieurs tentatives infructueuses, ils ont pris pied dans la partie sud de Fleury où le combat continue très vif. Tous les efforts pour nous déloger de la station de Fleury, située au sud-est, se sont brisés contre notre résistance.
L’ennemi a attaqué également nos nouvelles positions à l’est de Vacherauville et n’a réussi qu’à subir de lourdes pertes.
Une attaque allemande, enfin, a été dispersée dans les Vosges, à la Chapelotte.
Les Russes ont livré de violents combats sur le Stokhod. Ils ont progressé en Arménie.
Sur le front anglais, le combat d’artillerie est violent autour d’Armentières.

http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/aout16.html

L’ouvrage de Thiaumont bombardé

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4 août
Dès l’aube, les troupes ennemies s’élancent sur le 96e R.I. En certains points, il doit reculer. Cependant, les débris des 5e, 6e, 7e et 11e compagnies parviennent à conserver l’ouvrage et son saillant.
Au soir, la trentaine d’hommes qui composent ces éléments est relevée et laisse les ruines de l’ouvrage au 81e R.I.

5 août.-Le bombardement est violent sur l’ouvrage. De nombreux blessés s’y entassent, espérant trouver un abri.

http://www.lesfrancaisaverdun-1916.fr/fortifications-thiaumont.htm

Un site à voir avec ici une image de l’entonnoir de Berry-au-Bac

Entonnoir de Berry au bac (aisne)
Entonnoir de Berry au bac (aisne)

http://bleuhorizon3.canalblog.com

Lettres de Bernard de Montardy du 174 ème RI

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…Bernard est bien toujours le même, avec cette différence toute à son avantage d’etre notablement plus grand, plus fort, plus développé physiquement et moralement. Son teint s’est foncé, un brin de moustache lui est venu, son regard est plus ferme, plus assuré, sans cesser d’être clair et limpide. C’est tout ce qu’il a gardé de l’enfant qu’il était avant guerre. Maintenant il donne l’impression d’etre un vrai soldat, solide, énergique, bien trempé… En causant avec ce brave enfant, j’ai été très profondément touché de son esprit de sacrifice, de son courage simple et modeste que les épreuves, les dangers et les fatigues de la guerre n’ont pas ébranlé. Il fait tout ce qu’il peut du mieux qu’il peut, sans chercher d’autre récompense que le témoignage de sa conscience, sans même se douter de ce que son endurance a d’admirable.

Le 5 août 1916, Bernard écrit:

Nous montons ce soir, soyer sûre que votre fils fera son devoir jusqu’au bout… Je vous remercie de tout ce que vous avez fait pour moi jusqu’à ce jour.

Le 14 août 1916: Vous avez pu voir, par le communiqué d’hier, que nous ne restons pas inactifs.

http://videlaine.canalblog.com/archives/2008/12/09/11681148.html

Mort du compositeur anglais Georges Butterworth

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Quelques mois plus tard, le 5 août 1916, le compositeur anglais Georges Butterworth (1885-1916) fut tué à Pozières, pendant la très sanglante « bataille de la Somme ». Il laissa une oeuvre succincte, mais précieuse, et surtout très prometteuse. Son compatriote Ernest Farrar (1885-1918), compositeur de quelques oeuvres orchestrales pastorales, quelques belles chansons et quelques pièces de musique d’orgue, ne fut envoyé au front qu’en l’été 1918. Il sera tué quelques jours à peine après son arrivée. Le compositeur wallon Georges Antoine (1892-1918) a miraculeusement survécu les premiers mois dans les tranchées de l’Yser, mais il tomba si gravement malade qu’il fut renvoyé de l’armée. Dans des conditions de vie misérables, il composa en France quelques oeuvres très intéressantes, – dont un quatuor pour piano loué par Vincent d’Indy. Malgré sa santé fléchissante, il rejoignit les troupes pendant l’été 1918, mais, deux jours après l’Armistice, il succomba à la suite de la fièvre, alors qu’il nourrissait le rêve de participer à ce fameux concours de composition appelé le Prix de Rome…

http://www.andredevaere.net/Francais/oeuvre/historische-duiding/

La censure dans les journaux lyonnais en 1916

Dans une première partie, il est question d’établir un descriptif des deux journaux analysés, Le Progrès et Le Salut Public.

Ensuite, description de  l’organisation de la propagande et de la censure en 1916 avant de centrer l’analyse de ces deux concepts sur Le Progrès et Le Salut Public.

http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/66036-censure-et-propagande-du-progres-et-du-salut-public-en-1916.pdf

 

 

701/journal du 5 juillet 1916: le canard enchaîné devient hebdomadaire

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Rien à ce jour

Journal du mercredi 5 juillet 1916 à travers Le Miroir

Au sud de la Somme, malgré le mauvais temps, nous avons étendu au cours de la journée nos positions vers le sud et vers l’est. Nous avons pris les bois entre Assevillers et Barleux, ainsi que le village de Belloy-en-Santerre. Estrées est également tombé presque totalement en notre pouvoir. Nous y avons fait 500 prisonniers.
Canonnade sur la rive gauche de la Meuse, dans la région d’Avocourt et de la cote 304.
Sur la rive droite, les Allemands ont dirigé toute une série d’attaques sur l’ouvrage de Thiaumont qu’ils ont fini par réoccuper. Nos troupes demeurent aux abords immédiats de l’ouvrage. Nous avons réalisé des progrés aux lisières sud-est du bois Fumin.
Nous avons repoussé une attaque près d’Aspach, en Haute-Alsace.
Les Anglais ont cédé un peu de terrain au nord de la Somme, près de la Boisselle, mais ils en ont gagné à peu de distance de là.
Les Russes ont capturé 50 officiers allemands, 2700 hommes et 11 canons près de Baranovitchi.

 

5 juillet 1916: Le Canard enchaîné renaît de ses cendres et devient hebdomadaire

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« Il y a eu dans la guerre de 14-18 deux miracles, celui de la Marne dû, comme on sait, à sainte Geneviève, et celui du Canard enchaîné », prétendait le dessinateur Henri Monier qui collabora longtemps au célèbre hebdomadaire. Il n’exagère pas tant que ça. Tandis que la presse se soumet sans barguigner à la censure et s’adonne volontiers au « bourrage de crâne », l’anticonformisme du journal satirique fait en effet figure d’exception presque miraculeuse.

Bricolé en septembre 1915 par un jeune journaliste du Matin, Maurice Maréchal, son confrère suisse Victor Snell et le dessinateur Henri-Paul Gassier, ce Canard ne jette cependant pas un « pavé dans la mare » du patriotiquement correct. La feuille de quatre pages en petit format passe quasiment inaperçue. Destiné à décoller trois fois par mois, le palmipède ne s’envole pas loin : tandis qu’il vient de lancer un appel aux abonnements, le journal s’arrête au bout de cinq numéros. Sa liberté de ton cependant a surpris : « Chacun sait en effet que la presse française, sans exception, ne communique à ses lecteurs, depuis le début de la guerre, que des nouvelles implacablement vraies, affirme l’article de présentation. Eh bien le public en a assez. Le public veut des nouvelles fausses… pour changer. Il en aura. » Le Canard enchaîné doit moins son ironie à une supposée filiation aux « feuilles de tranchées » qu’aux revues humoristiques d’avant-guerre, comme Le Rireou L’Assiette au beurre, qui rivalisaient de causticité. « Enchaîné » (comme L’Homme enchaîné que Clemenceau a fait naguère reparaître dès que son Homme libre fût suspendu), le Canard, terme désignant un journal qui ne vérifie pas ses nouvelles, revendique ainsi une impertinence que les autres journaux ont remisée et une défiance farouche à l’égard de la censure.

http://www.clemi.org/fr/je-suis-charlie/la-satire-dans-les-medias-en-vingt-dates/5-juillet-1916/

http://centenaire.org/fr/tresors-darchives/fonds-prives/archives/le-canard-enchaine-pendant-la-premiere-guerre-mondiale

Lire aussi http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-canard-enchaine-hebdomadaire/

Avec le 329 ème régiment d’infanterie

Le temps est toujours mauvais, il est impossible à l’aviation de survoler Estrées et de reconnaître la situation. Une amélioration est prévue pour la nuit suivante.

Le JMO du régiment décrit la position des différentes unités : les 3 compagnies du 5° bataillon et la CM2, ainsi qu’une compagnie du génie, occupent la partie ouest d’Estrées, ainsi que l’extrémité ouest de la tranchée Schleswig. Le 6° bataillon est au bois Foster. Le 228° est un peu plus à l’est, au bois Bulow; le capitaine adjudant-major Dandine, du 329°, a constaté un vide entre les 2 régiments. Le général commandant la 53° DI donne l’ordre à la 106° brigade de combler ce vide (2 compagnies du 224° sont envoyées s’établir entre le 329° et le 228°) et à la 105° (1 bataillon du 319° RI) de venir soutenir le bataillon Hubert dans Estrées. « Il est indispensable que le bataillon qui occupe Estrées (bataillon Hubert) y reste coûte que coûte, et n’ai pas à s’occuper ni de son flanc droit, ni de ses arrières » ajoute-t-il.

Les Allemands tiennent le moulin d’Estrées et les tranchées qui le défendent devant le 329°.

A 3h55, le colonel Masson (106° brigade) envoie un agent de liaison auprès du lieutenant-colonel Albert. Il est porteur d’un message en ces termes :« Attaquez le moulin ».

A 8h00, le nouveau commandant du 329° RI donne l’ordre au commandant Hochard d’attaquer la tranchée Schleswig située à l’est et au nord d’Estrées. Le commandant du 6° bataillon répond que cette tranchée est fortement occupée; le lieutenant-colonel demande de faire battre cette tranchée et le moulin, et invite Hochard à faire avancer son bataillon afin d’exploiter immédiatement le résultat de ce bombardement.

La suite sur http://329ri.canalblog.com/archives/2011/10/29/22505094.html

Incendie du palais Saint Vaast

La situation des archives n’a toujours pas évolué lorsqu’arrive le bombardement du palais Saint-Vaast, le 5 juillet 1915. De 2 heures et demi à 10 heures et demi du soir, les obus incendiaires tombent sans discontinuer sur l’édifice, déclenchant un incendie qui fait rage pendant deux jours et détruit la majeure partie des fonds d’archives encore en place. 

Avec l’aide de soldats du 59e et de deux officiers du 2e régiment du génie, cantonnés à Saint-Vaast, le personnel des archives sauve – pour la troisième fois – les archives anciennes d’Arras, transférées dans l’abbaye après avoir échappé aux brasiers de l’hôtel de ville.

http://www.archivespasdecalais.fr/Qui-sommes-nous/Historique/Les-archives-dans-la-Grande-Guerre/L-incendie-du-palais-Saint-Vaast/L-incendie-du-5-juillet-1915

Ces footeux morts au front

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Sur le site offside

Avec cette semaine de commémorations et en cette année anniversaire du centenaire du début de la Première Guerre Mondiale (1914-1918), nous aussi, chez Offside !, nous avons voulu rendre notre petit hommage, notre petite pensée à ces jeunes gens disparus, pour que leur souvenir se perpétue.

Depuis la déclaration de la Première Guerre Mondiale de la Grande-Bretagne à l’Allemagne le 4 août 1914, jusqu’aux dernières campagnes d’Afghanistan et d’Irak, le Royaume n’a cessé de déployer ses troupes sur de nombreux théâtres d’opérations et les soldats britanniques d’endurer de longues années de services. Parmi eux, beaucoup de joueurs de football ont donc servi sous les drapeaux et certains y ont laissé leurs vies.

La saison 1914-1915 en Division One (l’ancêtre de la Premier League) s’est arrêtée en juillet 1915 et fut la dernière avant un retour aux terrains des équipes professionnelles lors de la saison 1919-1920. Il y aura quand même une finale de FA Cup qui se tiendra en 1915 entre Chelsea et Sheffield United à Old Trafford (Manchester), remportée par Sheffield. A cause du nombre si important d’uniformes dans les gradins elle restera dans les mémoires comme la « Khaki Final ».

Le pays comptait près de 5000 joueurs professionnels en 1914 et 2000 d’entre eux revêtiront l’uniforme de l’armée britannique. Alors que certains se sont enrôlés volontairement, des équipes entières ont sauté le pas dès les premières heures de la conscription. La première d’entre elles : Clapton Orient, aujourd’hui plus connue sous le nom de Leyton Orient, dans l’East End de Londres. Près de 40 joueurs et membres du staff ont rejoint les rangs suivant l’exemple de leur capitaine Fred Parker. Ils furent intégrés aux 17e et 23e bataillons du régiment du Middlesex, surnommés « Bataillon des footballeurs » à cause du nombre de joueurs dans leurs lignes.

http://www.offside.fr/2014/11/13/culture-football-premiere-guerre-mondiale/

 

56/Journal de la grande guerre: 29 septembre 1914 Albert Londres pleure la cathédrale de Reims

Albert_Londres_en_1923Le 29 septembre, le journaliste Albert Londres raconte dans « le Matin » sa vision de la cathédrale bombardée le 19 septembre 1914

Après le bombardement de la cathédrale de Reims, le 19 septembre 1914, le grand reporter Albert Londres raconte, dans «Le Matin» du 29 septembre, cet événement traumatique, car touchant un symbole du patriotisme de l’époque.

img231   l'illustration 373  10 octobre 1914 - copie«Elle est debout, mais pantelante.

Nous suivons la même route que le jour où nous la vîmes entière. Nous comptions la distance, guettant le talus d’où elle se montre au voyageur, nous avancions, la tête tendue comme à la portière d’un wagon lorsqu’en marche on cherche à reconnaître un visage. Avait-elle conservé le sien ?

Nous touchons le talus. On ne la distingue pas. C’est pourtant là que nous étions l’autre fois. Rien. C’est que le temps moins clair ne permet pas au regard de porter aussi loin. Nous la cherchons en avançant.
La voilà derrière une voilette de brume. Serait-elle donc encore ?

Les premières maisons de Reims nous la cachent. Nous arrivons au parvis.
Ce n’est plus elle, ce n’est que son apparence.
C’est un soldat que l’on aurait jugé de loin sur sa silhouette toujours haute, mais qui, une fois approché, ouvrant sa capote, vous montrerait sa poitrine déchirée.
Les pierres se détachent d’elle. Une maladie la désagrège. Une horrible main l’a écorchée vive.

Les photographies ne vous diront pas son état. Les photographies ne donnent pas le teint du mort. Vous ne pourrez réellement pleurer que devant elle, quand vous y viendrez en pèlerinage.
Elle est ouverte. Il n’y a plus de portes. Nous sommes déjà au milieu de la grande nef quand nous nous apercevons avoir le chapeau sur la tête. L’instinct qui fait qu’on se découvre au seuil de toute église n’a pas parlé. Nous ne rentrions plus dans une église.
Il y a bien encore les voûtes, les piliers, la carcasse mais les voûtes n’ont plus de toiture et laissent passer le jour par de nombreux petits trous ; les piliers, à cause de la paille salie et brûlée dans laquelle ils finissent, semblent plutôt les poutres d’un relais ; la carcasse, où coula le réseau de plomb des vitraux n’est plus qu’une muraille souillée où l’on ne s’appuie pas.

Deux lustres de bronze se sont écrasés sur les dalles. Nous entendons encore le bruit qu’ils ont dû faire. Des manches d’uniformes allemands, des linges ayant étanché du sang, de gros souliers empâtés de boue, c’est tout le sol. Comment l’homme le plus catholique pourrait-il se croire dans un sanctuaire !…

Nous prenons l’escalier d’une tour. Les deux premières marches ont sauté. Tout en le montant, notre esprit revoit les blessures extérieures. Nous devons être au niveau de ce fronton où Jésus mourait avec un regard si magnanime. Le fronton se détache, maintenant, telle une pâte feuilletée, et Jésus n’a plus qu’une partie sur sa joue gauche. Plus haut est cette balustrade que, dans leur imagination, les artisans du moyen âge ont dû destiner aux anges les plus roses ; la balustrade s’en va par colonne, les anges n’oseront plus s’y accouder.
 La cathédrale n’est plus qu’une plaie »
Puis c’est chaque niche, que l’on n’a plus, maintenant qu’à poser horizontalement, à la façon d’un tombeau, puisque les saints qu’elles abritaient sont pour toujours défaits ; c’est chaque clocheton, dont les lignes arrachées se désespèrent de ne plus former un sommet ; c’est chaque motif qui a perdu son âme de sculpteur. Et nous montons sans pouvoir chasser de nous cette impression que nous tournons dans quelque chose qui se fond autour.

Nous arrivons à la lumière. Sommes-nous chez un plombier ?
Du plomb, du plomb en lingots biscornus. La toiture disparue laisse les voûtes à nu. La cathédrale est un corps ouvert par le chirurgien et dont on surprendrait les secrets.
Nous ne sommes plus sur un monument. Nous marchons dans une ville retournée par le volcan. Sénèque, à Pompéi, n’eut pas plus de difficultés à placer le pied. Les chimères, les arcs-boutants, les gargouilles, les colonnades, tout est l’un sur l’autre, mêlé, haché, désespérant.

Artistes défunts qui aviez infusé votre foi à ces pierres, vous voilà disparus.
Le canon, qui tonnait comme de coutume, ne nous émotionnait plus. L’édifice nous parlait plus fort. Le canon se taira. Son bruit, un jour ne sera même plus un écho dans l’oreille,tandis qu’au long des temps, en pleine paix et en pleine reconnaissance, la cathédrale criera toujours le crime du haut de ses tours décharnées.

Nous redescendons. Nous sommes près du choeur. De là, nous regardons la rosace – l’ancienne rosace. Il ne lui reste plus qu’un tiers de ses feux profonds et chauds. Elle créait dans la grande nef une atmosphère de prière et de contrition. Et le secret des verriers est perdu !

En regardant ainsi, nous vîmes tomber des gouttes d’eau de la voûte trouée. Il ne pleuvait pas. Nous nous frottons les yeux. Il tombait des gouttes d’eau. C’était probablement d’une p^luie récente ; mais pour nous, ainsi que pour tous ceux qui se seraient trouvés à notre côté, ce n’était pas la pluie : c’était la cathédrale pleurant sur elle-même.

Il nous fallut bien sortir.
Les maisons qui l’entourent sont en ruines. Elles avaient profité de sa gloire. Elles n’ont pas voulu lui survivre. On dirait qu’elles ont demandé leur destruction pour mieux prouver qu’elles compatissent. En proches parents, elles portent le deuil.
Le canon continue de jeter sa foudre dans la ville. Les coups se déchirent plus violemment qu’au début. Que cela peut-il faire maintenant ? La cathédrale de Reims n’est plus qu’une plaie.»

cathedrale moniteur
LA CATHEDRALE INCENDIE N’EST PAS IRREPARABLE peut-on lire dans le Moniteur daté dimanche 11 et 18 octobre 1914

Journal du Rémois Henri Jadart

L'Archevêché vu de la cathédrale de Reims
L’Archevêché vu de la cathédrale de Reims (photo  les cités meurtries: reims)collection du Tour de france » octave beauchamp

Combat dans la nuit sur la route de Châlons; dans la matinée, des bombes tombent sur le quartier Cérès et Saint-Remi.- En ville, on circule encore assez librement et j’en profite pour aller examiner les ruines. A la cathédrale, les statues du portail s’effritent de plus en plus. M.L.Margotin qui vient me rejoindre, a reçu ces jours derniers la visite de M.Dalimier, sous-secrétaire d’Etat aux Beaux-Arts, et de M.Paul Léon, directeur des services d’architecture, qui ont visité l’édifice et approuvé les travaux de préservation juchés nécessaires. M.le maire a autorisé M.Bienaimé à photographier les rues de Reims, le visa militaire étant inutile.

A 11 h 30, départ pour La Haubette; M.Gobert installe sur les presses de M.Bienaimé une équipe de typographes pour publier le lendemain « Le Courrier de la Champagne », que l’absence du gaz et de l’électricité a forcé de suspendre en ville. Nous allons à Bezannes en suivant le ruisseau de la Muire, qui coule aussi doucement que si tout était calme. Le canon tire violemment par intervalles.

On revient par la route qui passe dans le cimetière de Mme Roederer, où la foule stationne le plus souvent.

Ce matin des obus sont tombés près du pont Huet; une attaque sur tout le front est prévue par l’état-major.

Lettre envoyée le 29 septembre 1914
Lettre envoyée le 29 septembre 1914

« Chers parents,

Les obus continuent à pleuvoir et mon caporal Roussel a été malheureusement tué par un éclat d’obus en allant au village.

Ce sont maintenant de vrais duels d’artillerie, on tire avec des grosses pièces qui font rudement des dégâts. LA SUITE SUR …

http://saintomer8ri.canalblog.com/archives/2008/11/24/11500652.html

Les combats de septembre dans le secteur de Souain

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149 ème RI

http://amphitrite33.canalblog.com/archives/2009/08/14/14864139.html

Lu dans le Moniteur (en date du 29 septembre)

Le gouvernement français décide que les auxiliaires, comme les exemptés et réformés devront subir une nouvelle visite médicale.