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1001/30 avril 1917: l’enfer du Mont Cornillet (Marne)

L’enfer du Mont Cornillet (Marne)

En mai 1917, un des épisodes les plus atroces de la guerre se déroulait en Champagne Pouilleuse :
400 soldats allemands périssaient par asphyxie, en quelques minutes, au fond d’un tunnel creusé dans les flancs du Mont Cornillet,
piton occidental de l’alignement des Monts de Champagne.

Plusieurs décennies furent nécessaires pour qu’on se rappelle les 400 cadavres murés dans l’une des trois galeries du tunnel et que le gouvernement
ouest-allemand, en accord avec les autorités françaises, entreprenne des recherches qui, en juillet et août derniers, permirent d’exhumer les dépouilles
de 265 des morts du tunnel (1)

http://hmcel.forumactif.com/t338-l-enfer-du-mont-cornillet

Le tunnel du Mont Perthois (près du mont Cornillet)

Photo de ce qui était peut-être le mont perthois

Le 30 avril, une nouvelle offensive d’envergure est décidée sur la chaine des monts. Nos poilus vont avoir l’occasion à nouveau de courir sur le mont !

C’est à partir de cette date que le tunnel du Perthois va faire parler de lui …

Le 14e RI est chargé d’enlever la crête du Perthois. En détail, le 1er bataillon (Btl Reine) a comme objectif principal l’entrée sud-est du tunnel. Le 3e bataillon (Btl Didier) doit quant à lui occuper la crête de la Fosse-froide et se rendre maitre de l’entrée nord-ouest du tunnel.
Le JMO du 14e RI mentionne que les soldats partent à l’offensive à 14h20 « comme à la manœuvre » … manœuvre qui se soldera tout de même par un lourd bilan : 58 tués, 198 blessés et 20 disparus rien que pour cette demi-journée du 30 avril !
De même, le JMO de la 262e brigade dont fait parti le 14e RI cite un soldat de ce régiment « Ca a marché comme au camp de Bois l’Evèque » … citation réelle ou propagande, nul ne le saura jamais…

Quoi qu’il en soit, malgré ce lourd bilan, les objectifs sont atteints et même dépassés :
Depuis le bois du Casque, le bataillon Reine et les mitrailleurs de la 2e compagnie contraignent sous le feu, les Allemands sortis du tunnel à y rentrer à nouveau afin de s’abriter. De même, l’entrée nord-ouest du tunnel est gardée par les mitrailleurs français.
A 18h, l’entrée sud-est est obstruée par un mur en terre commencée par les fantassins et continué par la compagnie 18/51T (3e section) du 2e RG.
Les Allemands, réfugiés dans le tunnel sont en bien mauvaise posture : emmurés à l’est, battus par les mitrailleuses à l’ouest, le piège se referme !
Dans la nuit du 1er au 2, les boisages de l’entrée ouest sont incendiés.
De plus, subtil raffinement, à l’entrée ouest, les sapeurs du génie préparent deux fourneaux de mine chargé avec 400 kg de cheddite afin d’écraser la voute et emmurer les occupants ! L’explosion est prévue pour la nuit du 2 au 3 mai. De son coté, l’infanterie veille à ce que les occupants du tunnel ne puissent s’échapper.
Le 2, vers 19h, la garnison allemande, dont on peut imaginer l’état de tension, demande à parlementer avec le commandement du 2e bataillon, puis se rend au 14e RI. Le bilan fait état de 5 officiers, 2 médecins et plus de 250 hommes de troupe dont une trentaine de blessés. La liste de matériel récupéré est également impressionnante, tant au niveau des armes que du matériel (groupe électrogène, matériel médical).
Un sort semblable à celui qu’ont connu les occupants du tunnel du Cornillet a été évité de peu …

Journal du lundi 30 avril 1917

Entre Somme et Oise, actions d’artillerie intermittentes.
Des tentatives de coups de main ennemies, dans la région de Laffaux et au nord de Cerny-en-Laonnois, ont échoué sous nos feux. Rencontres de patrouilles et combats à la grenade dans le secteur de Craonne.
Au nord-ouest de Reims, des opérations de détail effectuées par nous dans la région au nord et au sud de Courcy, nous ont permis d’élargir sensiblement nos positions. Nous avons fait 200 prisonniers.
En Haute-Alsace, nos détachements ont pénétré en plusieurs points jusque dans les deuxièmes lignes ennemies. De vifs combats à la grenade se sont terminés à notre avantage.
Les Anglais ont livré un violent combat de la Scarpe à la route Acheville-Vimy. Ils ont enlevé Arleux-en-Gohelle et les positions ennemies sur un front de plus de 3500 mètres au nord et au sud de ce village. Ils ont avancé également au nord-est de Gavrelle et sur les pentes ouest de Greenland-Hill, entre Gavelle et Roeux, ainsi qu’au nord de Monchy-le-Preux.
La conscription a été votée à la Chambre américaine par 397 voix contre 24, et au Sénat, par 81 voix contre 8.

http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/avril17.html

Correspondance d’Andrée Lacassagne

30 avril 1917, 1000ème jour de la guerre

L’offensive en Champagne a commencé depuis deux semaines et, dès le premier jour, nous avons fait 10.000 prisonniers. En ce moment, nous en avons 19.000 ou 20.000. Avec ceux faits par les Anglais, nous atteignons presque le chiffre de 40.000 depuis le début des diverses offensives.

Toute cette semaine, nous avons passé des alternatives d’espoir et de désespoir, selon que l’offensive anglaise s’arrête ou reprend. Samedi, la bataille faisait rage au Nord de la Scarpe et on a pris Arleux-en-Goëlle. Oppy (le pays de Jeanne, la bonne de tante Léa), était encerclé, et ce soir je suis allée voir le communiqué : rien du tout, à l’exception d’un « coup de main heureux qui a permis de faire de nombreux prisonniers ». Cela finit par être d’une lenteur affreuse. Il paraît que les Anglais aperçoivent au loin les clochers de Douai, à 16 kms. Mais quand y seront-ils ? Je voudrais avoir 40 ans pour le savoir !

http://lacassagne.unblog.fr/1917/12/15/30-avril-1917-1000eme-jour-de-la-guerre/

Le 167 ème RI dans les Monts de Champagne

Le 30 Avril, 2 Cies des Btns en ligne prennent part aux opérations. Les objectifs sont tous atteints.

Les combats d’avril ont été rudes, les pertes importantes et les gains relatifs. Le front se stabilise, les choses se calment. Le 167e RI tient le secteur entre le Bois-Noir et Vaudesincourt. Il va s’atteler dès lors à organiser le terrain conquis.

http://167e.regiment.free.fr/167eregimentinfanterieavril1917.html

Joseph Toutain à Salonique

Le 30 avril 1917, Joseph et d’autres Bellouins sont sortis en ville à Salonique et ont goûté aux spécialités locales qu’il d’écrit.

http://j-toutain-soldat.pagesperso-orange.fr/Site_JT/1917%20Joseph%20Toutain%20Monastir%20Albanie.html

 

998/27 avril 1917: Le 14 ème RI à Moronvilliers (Marne)

Lettre d’Yves Sibaud du 27 avril 1917

Mon cher papa,
Maman veut bien me faire écrire, j’ai beaucoup de choses à te dire. D’abord j’ai vu une saucisse des tranchées qui est passée au-dessus de nous. Tout le monde regardait en l’air, c’était beau. Monsieur B., il m’a appelé : « petit Yves vite un ballon, c’est une saucisse des tranchées ». C’était beau, beau et les pauvres soldats, ils n’ont pas pu arriver à s’attacher à la caserne des dragons et ils sont partis dans les airs dans le ciel. « Pauvres soldats ! » maman disait que c’était bien malheureux ! Ils sont passés aussi au-dessus de chez grand-mère Sibaud, tu sais elle a donné une belle voiture à petite sœurette et ma petite maman hier a bien brodé une belle couverture  pour quand tu viendras. Moi je la traîne parce que je suis grand. J’ai été aussi chez tonton Gallo, il a dit : « Marcel, c’est un énergique mais il en fait de trop ». C’est beau ça « énergique ». Quand je serai grand comme toi, tu sais je serai grand comme toi parce que je mange beaucoup. On dit que je ressemble à maman, mais moi je veux être comme toi, je veux bien que petite dote-dote te ressemble mais moi aussi n’est-ce pas que je suis sage moi aussi ? D’abord tu l’as dit quand tu es venu à Pâques. Quand j’étais petit petit, je criais, c’est parce que je ne savais pas ce que je faisais.
Je voudrais être avec toi à Valréas, je me mettrais sur ton sac, et… en avant ! Tu verrais ça, je te tiendrais par ton cou et puis je t’embrasserais la tête, parce que tu serais bien mignon de me porter, ça serait pour aller vite vite. Y a pu de papier pour écrire alors faut que je te dise au revoir. Je t’envoie des baisers avec mes deux mains. Je t’aime moi.
Ton petit Toto.

http://lettresoubliees1418.fr/wordpress/2011/10/lettre-du-27-avril-1917-dyves-sibaud/

Le 14 ème RI à Moronvilliers (Marne)

Le 25 et le 27 avril 1917, le 25 RI relève le 27e R.I. dans le secteur de Prosnes/Moronvilliers , en liaison à droite avec la 19e D.I. (secteur du mont Cornillet). L’attaque générale des monts par la 4e armée est fixée au 30 avril à 12 h 40. Le 2e bataillon, ayant la 3e compagnie en soutien, se porte vers la cote 142, mais sa progression est bientôt ralentie. L’ennemi résiste dans ses positions. Le tir de ses mitrailleuses sous casemates bétonnées est des plus meurtriers ; la 6e compagnie et un peloton de la 3e réussissent toutefois à pénétrer dans la tranchée Leopoldshohe, objectif de l’attaque, mais, décimés, ils ne peuvent s’y maintenir. Toute la journée, le bataillon tout entier résiste héroïquement, pour conserver la légère avance réalisée et pour appuyer l’action débordante du régiment de gauche, le 2e R.I.  30 avril : progression dans les boyaux de l’Oder et de Darmstadt, s’arrête à la tranchée de Leopoldshöhe.

Le dossier sur http://r http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/qui-cherche-quoi/infos-14eme-moronvilliers-sujet_11076_1.htm

Le Le Baigorry (ex Foyle)canonné à Belle Ile

SS BAIGORRY, est lancé par les chantiers W. Doxford & Sons, Pallion (yard 185), sous le nom de FOYLE (N° officiel 95540), le 13 mars 1889 pour la Mercantile S.S.Co Ltd, Londres. Il est jaugé 1858 tonneaux pour 85.3 x 11.7 mètres (280 x 38,3 x 18,3 pieds). Il est équipé d’un moteur à triple expension (21″, 35″ & 57″-39″), fabriqué par le constructeur, développant 197 NHP.
Il est vendu en 1900, à l’armement Delmas Frères, il renommé SAHEL. Enfin il est revendu en 1916, à la Cie des Chargeurs Français (1) (Plisson & Cie), il prend le nom de BAIGORRY.(2).

Le naufrage

Il appareille sous les ordres du capitaine Etienne Annestoy, le 22 avril 1917, de Bayonne avec un chargement de 2200 tonnes de poteaux de mines à destination de Cardiff.

Le 25, il perd le convoi à cause de sa lenteur. Il ne possède ni canon ni TSF. Il se trouve à 17′ dans l’SSE de Belle-Ile : « …il faisait très beau avec une jolie brise de N à N.N.E., visibilité faible parceque le jour n’était pas encore levé, mais devenue très bonne une heure après. »

A ce moment, un coup, de canon fut entendu et un obus vient tomber tout près du bord à tribord; puis, presque aussitôt un 2ème obus traversa les logements de l’arrière du bâtiment.
Le second se trouvait sur la passerelle, et le commandant, avec un second maître, pilote de la flotte embarqué à St-Jean-de-Luz se trouvait dans la chambre des cartes. Au premier coup de canon, le second donne l’ordre de stopper. Puis le capitaine et le pilote étant monté sur la passerelle, l’ordre fut donné de forcer de vitesse et de gouverner à l’est pour se rapprocher de terre, le sous-marin n’était pas encore visible.

La suite sur http://www.archeosousmarine.net/baigorry.html

En route vers Salonique avec Elie Burnod de l’Armée d’Orient

Ce « carnet de route » est tenu par Elie Burnod, simple brigadier envoyé en Macédoine.

Son récit débute le 27 avril 1917 et se termine le 15 janvier 1918. Son texte nous a été transmis par Madame Claire Girardeau-Montaut, sa petite-fille.

Elie Burnod, né le 22 mai 1883 à Collonges Fort l’Ecluse (01) dans le pays de Gex, avait d’abord travaillé comme commis à Genève, qui attirait de très nombreux frontaliers.

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Elie Burnod en 1914

A la veille de la Grande Guerre, en avril 1914, il s’y maria avec Marguerite Cusin, française elle aussi, après avoir monté une entreprise d’eaux gazeuses dont les siphons d’eau de Seltz, en verre bleu, portaient son nom.

Sa jeune femme reprit courageusement le flambeau après son départ. Un enfant naquit en 1917, qu’il ne connaîtrait qu’après son retour de la guerre. Il devint alors épicier, et il eut quatre autres enfants. Il passa le reste de sa vie à Genève, où il est décédé le 12 juin 1970, à 87 ans.

Resté français toute sa vie, il avait donc, à trente et un ans, été mobilisé en août 1914 au 13e Régiment de Chasseurs à Cheval, cantonné au Quartier Saint Germain à Vienne (Isère). Elie Burnod était fourrier pour les chevaux du régiment.

Très curieux de tout, l’expédition d’Orient fut son premier grand voyage. Celui-ci se prolongeant de 1917 à sa démobilisation en 1919, il en avait beaucoup appris mais ne s’était pratiquement jamais battu.

Ses traversées en hiver sur la Méditerranée entre l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient ne sont pas décrites ici : il a souvent raconté à ses enfants et petits-enfants le pont gelé des bateaux, ses quêtes de foin et de paille aux escales…. mais, malheureusement, n’a pas consigné par écrit ses souvenirs !

Ce « Carnet de route » est très intéressant et décrit bien le voyage par bateau, les endroits en Orient où sont passés des milliers de soldats entre 1916 et 1918. Les sentiments de la troupe sont aussi bien rendus.

https://www.histoire-genealogie.com/En-route-vers-Salonique-avec-Elie

Journal du vendredi 27 avril 1917 à travers Le Miroir

En Belgique, grande activité des deux artilleries dans le secteur de Westende.
Au sud de l’Ailette, nous avons pris sous nos feux et dispersé un rassemblement ennemi près de Vauxaillon.
Entre l’Aisne et le chemin des Dames, les Allemands, après leur sanglant échecs de la veille n’ont pas renouvelé leurs tentatives. La lutte d’artillerie a été violente dans les secteurs de Cerny et d’Hurtebise et n’a été suivie d’aucune action d’infanterie.
Sur la rive gauche de la Meuse, une forte reconnaissance ennemie qui tentait d’aborder nos lignes au bois d’Avocourt a été repoussé par nos grenadiers.
Les troupes britanniques ont attaqué à l’ouest du lac Doiran. Ils ont pris les tranchées ennemies sur un front de 1000 mètres et s’y sont maintenues après avoir repoussé quatre contre-attaques.

http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/avril17.html

921/9 février 1917

 Les Allemands débutent les préparatifs de l’Alberich

L’Alberich est le nom donné aux préparatifs du repli stratégique des Allemands (à partir du 14 mars) sur la ligne fortifiée Hindenbourg. Subissant une pression trop importante sur le saillant que les alliés ont créé lors de la vaste offensive de la Somme, les Allemands détruisent méthodiquement et absolument tout ce qui pourra servir aux alliés après leur repli (maison, arbres, puits,…). Plus grave encore que les conséquences de cette vieille tactique de la terre brûlée : l’offensive d’Avril 1917 préparée de longue date par Nivelle pour exploiter la pression créée dans la Somme, ne tient pas compte de ce repli. L’offensive du chemin des dames sera un échec cuisant. Le nouveau front fait 50 km de moins et permet aux Allemands de redéployer une dizaine de divisions.

http://www.theatrum-belli.com/chronique-culturelle-du-9-fevrier/

Extrait d’Un autre monde » de Claude Crozon

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source: https://books.google.fr/books?id=MycNtiiN18UC&pg=PT20&lpg=PT20&dq=9+février+1917&source=bl&ots=mLK7DAa8lP&sig=PcDtr3AFTbB-NMtZcIW5N6c41Is&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwitq723yZnRAhVCbBoKHW2qCjA4KBDoAQhFMAc#v=onepage&q=9%20février%201917&f=false

(Aviation) Gabriel Hebert teste un  Nieuport 17

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Le 9 février 1917, il teste un nouvel avion, le Nieuport 17 n° 2312

Le 10 février 1917, au cours d’une mission photo au Nord de Laon, l’équipage composé par Gabriel Hébert / Charles Borzecki est attaqué par 3 avions allemands. Un des belligérants adverses est abattu dans les environs d’Etouvelles, au Sud de Laon, et les deux autres rompent le combat. Le Sopwith 1A2 n° 22 de la N 62 a été touché de 5 balles, dont l’une a coupé la commande de profondeur. Cette victoire a été homologuée, c’est la seconde de Gabriel Hébert.

Pour cette victoire, Gabriel Hébert reçoit une citation à l’ordre de la 6ème armée en date du 15 février 1917 : « Pilote de tout premier ordre. Le 10 février 1917, au cours d’une mission lointaine, a été attaqué par trois avions; a abattu l’un d’eux et mis en fuite les deux autres. N’est rentré qu’une fois sa mission complétement terminée. »

http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/Gabriel_Hebert.htm

A propos des marraines de guerre

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Dans L’École des marraines, la romancière Jeanne Landre se moque d’une quinquagénaire ronde et « basse sur pattes » qui se « rattrape à distance ». Ce thème de la vieille fille catastrophée par la venue du filleul en permission devient même un sujet de pièces de théâtre telles Cœur de marraines, Son filleul ou encore Parrains-marraines. On encensait hier les marraines, on s’en moque aujourd’hui. La pièce de boulevard Nénette un filleul touche le fond en présentant une femme frivole qui se réjouit de la venue de son filleul en permission avant qu’elle ne découvre qu’il s’agit d’un prêtre ! Cette image dégradée est à l’origine de la crise de vocation qui se constate dès 1916.

2_0 La lassitude, la longueur du conflit, la déception des rencontres, la mort des filleuls vécue douloureusement y sont aussi pour quelque chose. Il n’y aura jamais tout à fait d’adéquation entre la demande des soldats et celle des jeunes femmes : « Est-ce que par hasard je n’aurais pas de lectrices ? » s’étonne en janvier 1916 une journaliste de La Bataille, qui réclame des marraines pour les poilus qui lui écrivent. Le 9 février 1917, elle reconnaissait son échec : « Marraines, marraines, si vous n’avez pas pitié, je vais bientôt être ensevelie sous la pyramide de lettres des aspirants filleuls. Entendez mon cri de détresse, volez à mon secours« . La marraine n’est-elle pas morte de son succès ?

http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/les-marraines-de-guerre

Lire l’Express du midi du jour

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http://images.expressdumidi.bibliotheque.toulouse.fr/1917/B315556101_EXPRESS_1917_02_10.pdf

Journal du poilu Rapenel

capture-decran-2016-12-29-a-15-26-20Vendredi 9 février 1917 .-Exercices et théorie sur la mitrailleuse Hotchkiss. Rien compris ! L’après-midi : marche : traversé Waly et revenu par Beaulieu ; Temps toujours très froid. Le soir partie de cartes.

Samedi 10 février 1917 .-Matinée : Théorie pratique sur la fabrication des réseaux et chevaux de frise barbelés. Le soir j’allais au camp de tir de Fleury sur Aires d’où je tirais trois bandes au fusil mitrailleur. Pratique, mais seulement coup par coup sur but visé. Autrement à la mitrailleuse, il est difficile d’atteindre le but. Je vis des annamites employés à l’extraction de la pierre. A Fleury, il y a une grande gare de ravitaillement pour le front de Verdun, un parc à bestiaux, etc. Temps superbe.

Dimanche 11 février 1917 .-Le matin repos complet. Le soir, j’allais me promener avec des amis car le temps fut exceptionnel. Il fait moins froid. A 20 h j’étais couché.

Lundi 12 février 1917 .-Je me préparais pour aller à l’exercice mais j’eus la flemme et je n’y allais pas. Je passais la matinée à scier du bois. Le canon gronde côté Verdun. L’après-midi j’allais au tir des Fusils Mitrailleurs en passant par la route.

La suite sur http://ravenel.oise.free.fr/documents/journal%20d’un%20poilu%20(22).pdf

Journal du vendredi 9 février 1917

Sur le front de Verdun, combats à la grenade et lutte d’artillerie assez vive dans la région cote 304-bois d’Avocourt. Nous avons capturé une patrouille allemande près de Bongée.
En Alsace, rencontres de patrouilles dans les secteurs de Metzeral, d’Aspach et de Seppois.
Un de nos avions a lancé 6 bombes sur les établissements militaires de Lahr (grand-duché de Bade). Une de nos escadtilles a bombardé le terrain d’aviation de Marakecke.
Les Anglais ont dirigé une attaque contre une importante position allemande au sommet de la hauteur de Sailly-Saillisel. Elle a réussi. 78 prisonniers ont été faits. Nos alliés ont progressé sur les deux rives de l’Ancre. Ils ont enlevé la ferme de Raillescourt, sur la route de Beaumont-Miraumont. Au sud de l’Ancre, enlevant une tranchée, ils ont fait 52 prisonniers. Un détachement a fait des prisonniers au sud de Bouchavesnes.
Canonnade dans les régions d’Armentières et d’Ypres. Les aviateurs britanniques ont bombardé un aérodrome.
Les Russes ont eu un succès sur les Autrichiens, près de Kimpolung, un autre sur les Turcs près de Guemisch-Kané (Arménie).
Un sous-marin allemand a torpillé le paquebot anglais California. Il y a des victimes.
Le Sénat américain a approuvé par 78 voix contre 5 la rupture signifiée à l’Allemagne par M. Wilson.

L’éphéméride complet sur le site http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/fevrier1917.html

Fausse joie en Salonique

9 février 1917. -Sur les récents titres de permission des troupes de Salonique, figure cette note : « En cas d’armistice, rejoindre le dépôt ». Ces quelques mots ont follement ému les permissionnaires et leurs familles. Ils y ont vu le présage de la fin. Moi-même, toujours prompte à l’espoir, j’étais près de partager leur illusion. Mais le sénateur Foucard, pour qui la paix est le plus grand des maux, courut enquêter dans les bureaux. Il en revint triomphant. Dieu merci, la note était de pure forme et ne prévoyait nullement un prochain armistice.

891/journal du 10 janvier 1917

Carnets du rémois Paul Hess

Rien à ce jour

Journal du mercredi 10 janvier 1917 à travers Le Miroir

En Champagne, combat de patrouilles à l’ouest de Navarin.
En Alsace, dans la région du canal du Rhône au Rhin, un tir de notre artillerie a détruit un dépôt de matériel ennemi près d’Illfurth.
Canonnade intermittente sur le reste du front.
Sur le front belge, activité réciproque de l’artillerie, de Pervyse par Dixmude jusqu’au sud de Steenstraete.
Sur le front britannique, l’ennemi a fait jouer un camouflet au sud de Loos sans occasionner de dégâts. Les Anglais ont pénétré dans les tranchées allemandes en face d’Hulluch. Bombardement des positions ennemies de part et d’autre de Loos et dans le saillant de Gommécourt.
Activité des deux artilleries dans les régions de Souchez, Armentières, Messine et Ypres. Le bombardement d’un point d’appui ennemi allemand au nord de Wieltje a déterminé une violente explosion.
Canonnade et activité d’aviation sur le Carso.
Les Russes ont enlevé aux Allemands une petite île de la Dwina, mais ils continuent à reculer, ainsi que les Roumains en Moldavie.
Les Alliés ont envoyé au roi Constantin Ier un ultimatum à échéance de 48 heures pour obtenir l’exécution des conditions stipulées dans leur note du 31 décembre (réparations et garanties).
Le général Trepof, président du Conseil de Russie depuis le 23 novembre 1916, a été mis à la retraite ainsi que M. Ignatief, ministre de l’Instruction publique. Le prince Galitzine, sénateur, membre du Conseil de l’empire, remplace le général Trepof. M. Neratof, ministre-adjoint des Affaires étrangères, s’est également retiré pour entrer au Conseil de l’empire.
L’Italie appelle de nouvelles classes sous les drapeaux.
Un discours que l’ambassadeur américain Gerard a prononcé à Berlin, et où il aurait affirmé la cordialité des rapports entre son pays et l’Allemagne, fait grand bruit à Washington. M. Wilson a demandé des éclaircissements à M.Gerard.

L’éphéméride complet surhttp://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/janvier17.html

Parution de la baïonnette080

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ICART – Mein Got ! … heureusement j’ai mon fétiche !.

http://labaionnette.free.fr/1917/b080.htm

Carnets de route d’un soldat de 1914

Mercredi 10 janvier 1917Le 6ème bataillon est monté de suite en ligne ; ces pauvres gens étaient déjà exténués en arrivant ici, et on leur a demandé par surcroît de monter aux tranchées qui sont au-delà de Nieuport. Et cela nous fait dire que depuis qu’ils vont en auto, les officiers d’état-major ne savent plus ce que c’est qu’un fantassin !

source http://morel.and.co.free.fr/lettres2.html

Là commence la bataille de Salonique

Sur l’agenda  1917 de Jean Roig
58ème d’infanterie, 2ème compagnie

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Le 10 janvier, on a encore repos, avec distribution d’effets.
Le 11 janvier, revue par notre chef de section pour vérifier tout ce que l’on a besoin, puis on va monter les tentes dans un champ.
Le 12 janvier, vaccination pour la deuxième fois contre le choléra.
Le 13 janvier, au matin, on a repos. Mais le soir, il y a une marche du bataillon en tenue de campagne complète. Pendant la marche, on trouve le sac lourd.
Le 14 janvier au matin, il pleut depuis que je suis à Toulouse, il n’a pas passé un jour sans pleuvoir, il neige. Le soir, comme c’est dimanche, je vais à me promener à Toulouse.
Le 15 janvier à 2 heures du soir, revue par le colonel en tenue de départ. Finie la revue, on va faire une petite marche, puis je descends à Toulouse.
Le 16 janvier, on a une revue par le capitaine. Le soir, on monte le sac pour aller s’embarquer à Toulouse. On quitte le cantonnement à 8 heures du soir pour aller se rassembler avec le reste du bataillon à Balmas. À 8 heures 30, on quitte Balmas pour se rendre à la gare de marchandise de Toulouse. À 11 heures 30, on monte sur le train et à minuit 33, le train se met en marche.
Le 17 janvier, à 7 heures du matin, on passe Narbonne puis à Béziers, Cette, Montpellier, Nîmes, Tarascon, Arles, Marseille. On arrive à Toulon à minuit. On nous met sur une voie de garage pour attendre le jour pour débarquer.
C’est le 18 janvier à 5 heures 30 du matin, on débarque au Pont Neuf, puis on se met en route en passant à travers les fortifications de Toulon. Pour embarquer, le navire était prêt à 11 heures. On monte sur le navire qui s’appelle « Impératrice Catherine II », navire russe. Chacun a sa place pour se coucher. À 1 heure, on mange la soupe, puis je monte sur le pont du navire pour examiner la rade du port. L’après-midi s’embarque le 2iéme bataillon avec un détachement du 4éme colonial. À 5 heures et demie, le navire commence à prendre le large. « Adieu la terre française ». La mer est calme, à 8 heures du soir on est en pleine mer, le tangage commence. Après avoir mangé la soupe je me couche, pour ne pas être malade. À 11 heures du soir, je suis de garde avec un de mes camarades pour garder des prisonniers de 4éme colonial qui avaient manqué le départ. On les garde, revolver au poing.

La suite: http://www.saleilles.net/guerre/page7.html