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1325/20 mars 1918: Tours: des femmes en grève

Tours: des femmes en grève

Le 20 mars à 20h, 2 000 femmes sont réunies salle du Manège, réclamant l’indemnité de vie chère qui leur avait été promise depuis le 1er janvier. Les ouvrières votent la grève pour le lendemain matin. Le secrétaire de la Bourse du travail obtient du maire de Tours que la salle du Manège puisse être utilisée pour y faire un « contrôle des grévistes » — ce qui consiste à dénombrer, parmi les personnes présentes, lesquelles sont effectivement en grève et lesquelles sont venues soutenir les grévistes ou simplement s’informer.

Ainsi, le 21 mars, on obtient les comptages suivants :

  • au Magasin Régional, situé place Velpeau, 230 ouvrières en grève sur 318 ;
  • au centre de tannage de la rue Mirabeau, 162 ouvrières en grève sur 164 ;
  • aux ateliers de la rue Victor Hugo, 275 grévistes, soit la presque totalité des ouvrières ;
  • aux établissement Defressines, quai de la Poissonnerie [13], 287 grévistes (144 ont rapidement repris le travail, apparemment après que deux agents de police en tenue se soient pointés, envoyés par le commissaire Poirier).

Comme en juin 1917, les ouvrières réclament le passage à la semaine anglaise. Le 21 mars à 13 heures, un piquet de grève quai de la Poisssonerie réunit 600 personnes. Le maintien de l’ordre est assuré par des agents de police, aidés par des soldats américains. Place Velpeau, environ 80 ouvrières sont réunies.

A 14 heures, une nouvelle réunion salle du Manège réunit 1 000 ouvrières. Vers 16h, une délégation se rend au Grand Commandement, où le général commandant le 9e Corps d’armée répond qu’il ne voit pas d’inconvénient à l’acceptation des revendications, mais qu’il doit en référer à Paris. Le soir, 2 000 personnes sont réunies à nouveau salle du Manège. La grève est reconduite pour le lendemain. Une augmentation de 1,50 franc par jour aurait été accordée, mais les grévistes réclament que la mesure s’applique rétroactivement à compter du 1er janvier 1918.

Bien évidemment, pas un mot dans la presse bourgeoise. Dans la chronique locale de cette journée, La Touraine Républicaine se contente de gloser sur le vol d’une bicyclette dans le centre de Tours.

source: https://larotative.info/1917-1918-les-ouvrieres-1886.html

Journal du mercredi 20 mars 1918

Dans la région de Reims, un de nos détachements a pénétré dans les lignes ennemies sur une profondeur d’un kilomètre, détruit de nombreux abris occupés et ramené neuf prisonniers.
Après une brusque préparation d’artillerie, l’ennemi a exécuté, au nord-est de Sillery, un coup de main, qui s’est brisé sous nos feux.
Sur la rive droite de la Meuse, violente lutte d’artillerie, en particulier, dans la région de la cote 344. Pas d’action d’infanterie.
Des coups de main exécutés par les troupes anglaises vers Villers-Guislain, la Vacquerie et bois Grenier, leur ont permis de faire un certain nombre de prisonniers.
Les Portugais ont ramené des prisonniers et deux mitrailleuses à la suite d’un raid sur les tranchées allemandes, à l’est de Neuve-Chapelle. Trois tentatives de coups de main, effectuées par l’ennemi à Fleurbaix et bois Grenier, ont échoué avec pertes pour les assaillants.
Grande activité de l’artillerie allemande sur les zones avant et arrière du secteur d’Ypres.
Sur le front italien, actions d’artillerie intermittentes le long du front montagneux et dans la plaine, depuis Zenson jusqu’à la mer.
Sept avions ennemis ont été abattus: deux par les Italiens, deux par les Français et trois par les Anglais. Un dirigeable italien a bombardé les voies ferrées ennemies dans le val Lagarina.

Le 63 ème RI au sud de Reims

source: http://www.faurillon.com/reims.html#top