39/Journal de la grande guerre le 12 septembre 1914

Samedi 12 septembre 1914

Victoire française sur la Marne

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La bataille, qui aura duré six jours, marque l’arrêt de la progression des troupes allemandes. Les Français, menés par le maréchal Joffre, l’emportent face à une armée allemande épuisée qui décide de battre en retraite dès le 11 septembre. Les vignobles de Champagne ont été des alliés inattendus dans la victoire : de nombreux soldats allemands faits prisonniers ont été retrouvés saouls.(info l’internaute.com)

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http://chatrou51.free.fr/12septembre.htm

Reprise du pont de fismes

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http://1914ancien.free.fr/fismes_1.htm

Récit de la bataille de Thillois

http://194.88.246.128/MON_SITE_WEB/Fichiers/Documents/Histoire_du_village/Sur%20la%20commune/R%C3%A9cit%20de%20la%20bataille%20de%20Thillois%20du%2012%20septembre%201914.pdf

A lire sur le site de Rue 89:  l’histoire du matricule 0220

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« Une balle dans une fesse, une dans le rein. Rien de grave »

http://blogs.rue89.nouvelobs.com/matricule-0220-le-blog-du-poilu/2014/09/11/le-7-11-septembre-1914-une-balle-dans-une-fesse-une-dans-le-rein-rien-de-grave-233439

 Expo

A noter,  ce vendredi 12 septembre, ouvrira à la bibliothèque Carnegie « Plumes des tranchées, les écrivains et la Grande Guerre sur le front de Champagne », une exposition inédite sur la littérature, premier temps fort du foisonnant programme proposé par l’ensemble des bibliothèques et médiathèques de la Ville de Reims. Le public découvrira notamment un texte inédit, un témoignage vibrant sur l’incendie de la cathédrale du 19 septembre 1914 signé de Bataille et couché sur un cahier bleu d’écolier . 

Journal du rémois Henri Druart

Samedi 12 septembre.-Un violent combat d’artillerie est livré aux portes de Reims, du côté de l’ouest et du sud. On dit notre armée dans la forêt de Montchenot, arrivant pour nous délivrer. Dès le matin, la canonnade s’entend d’Ormes et de Tinqueux jusqu’à la Haubette, puis à l’entrée de la ville, et retentit de plus en plus fort, venant toujours du sud-ouest.

Je me rends au musée des Beaux Arts pour m’assurer de son état. La poste allemande est partie. Le gardien Poiret vient démonter les tableaux mutilés dans la salle Vasnier; il en descend au bas des murs et en range d’autres au débarras. J’avais rendez-vous avec M.l’abbé Camu à l’Archevêché, pour nous entendre sur la souscription en faveur des réfugiés de Rethel. Mais je l’attends indéfiniment. Il s’est rendu avec M.Neveux à l’état-major allemand au Lion d’Or, pour intercéder en faveur des curés de Bouilly et de Ludes arrêtés la veille; ils avaient été retend comme otages avec la menace d’être pendus avec d’autres habitants, l’ennemi voulant assurer non seulement la sûreté de la garnison, mais la tranquillité de son départ s’il devait quitter Reims. ces messieurs restèrent au Lion d’Or, où ils déjeunèrent avec le maire et d’autres notabilités de la ville, qui devante marcher le soir en tête des troupes allemandes sur la route de Witry-lès-Reims et ne rentrer qu’à la volonté de l’ennemi.

J’étais resté à l’Archevêché par crainte d’un combat dans les rues ; la canonnade devenait de plus en plus vive et prochaine ; le passage des troupes avait lieu continuellement sur le parvis, et des convois de blessés arrivaient sans cesse, mais on ne les installait pas dans la cathédrale, où les Allemands avaient cependant fait préparer la nef en y répandant de la paille.

Le combat durait toujours au dehors, comme une promesse de délivrance, et il en fut ainsi jusqu’à 7 heures du soir. On circulait fort peu dans la ville pendant ce temps là, car on pouvait craindre une lutte corps à corps jusque dans les rues. Je passai ces instants critiques dans les sous-sols de l’immeuble, avec le personnel très effrayé. Le concierge surveillait les mouvements de troupes sur le parvis et l’on ne me laissa rentrer qu’à la nuit tombante.

On espérait d’ailleurs – On attendait même-l’entrée de nos troupes, qu’on sait victorieuses.

Elles étaient tout proche, en effet, sur la route d’Epernay et jusque dans l’avenue de Paris ; mais eles ne pouvaient franchir le canal à cette heure et avec la nuit prochaine. Il tombait, du reste, une pluie torrentielle, et vers 9 heures un grand vent s’ éleva. On vit à ce moment une vaste lueur à l’est de Reims.

Les Allemands avaient mis le feu à des meules et aux magasins d’approvisionnement à leur départ du Petit Bétheny.

 Le journal du Rémois Paul Hess

Nous avons été réveillés par le roulement de voitures, dont le passage a recommencé ce matin, vers 3 heures, se poursuivant sans arrêt jusqu’à 4 heures.

Après le nombre considérable de celles qui ont déjà traversé notre ville hier, nous avons lieu d’être ébahis d’en entendre arriver encore dans la matinée, par longues files se développant sur des kilomètres et de voir de nouveaux trains, toujours aussi nombreux, monter la rue Cérès et le faubourg, à différents autres moments de la journée.

Ce défilé d’autos, fourgons divers, prolonges, caissons d’artillerie, chariots, quelquefois aux dimensions énormes, chargés jusqu’au plus haut de sacs qui paraissent contenir du grain et de la farine, fourragères remplies à déborder de quantité de colis divers, ne cesse pour ainsi dire pas, ce vendredi 11, et cela nous donne une idée de ce que peuvent devenir encombrants et gênants dans certains cas, pour les armées, leurs impedimenta lorsqu’ils doivent atteindre de pareilles proportions.

En flânant, ce matin et cet après-midi, j’ai été amené à faire, à différentes reprises, la même constatation. Si les caissons d’artillerie que nous voyons rouler parmi ces charrois sont en quantité surprenante, les pièces – de 77 ou autres – y sont plutôt rares.

J’ai remarqué, lorsqu’il est venu, suivant les autres et comme perdu au milieu d’eux, un de nos fourgons régimentaires du 205e d’infanterie et, un instant après, mon attention a été attirée par la vue d’un trompette ayant son instrument dans le dos, mais qui était certainement heureux et fier d’avoir un clairon français attaché à la selle de son cheval.

Cette fois, à n’en pas douter, l’armée allemande est en pleine retraite. Toutefois, ces convois interminables ont une marche très régulière et fort bien ordonnée. De distance en distance, des officiers, des sous-officiers à cheval ou assis sur une auto, transmettent, souvent par un simple signe du bras, un ordre qui vient d’être donné d’arrêter, afin d’éviter l’embouteillage ; cela s’exécute instantanément, puis tout repart sur un nouvel ordre.

Mais combien de centaines, peut-être même de milliers de ces véhicules, aurons-nous eu à contempler aujourd’hui et hier.

En dehors de cela, il arrive toujours beaucoup de blessés allemands. Aujourd’hui, les autos continuent leur va-et-vient pour les amener et les déposent encore chez les particuliers ou même sur les trottoirs.

Après déjeuner, j’ai croisé, sur le boulevard de la Paix une cinquantaine de ces malheureux de toutes armes, formant une longue colonne ; leur vue faisait pitié. Ceux qui avaient les bras en écharpe pouvaient avancer, mais beaucoup d’autres, derrière, se traînaient lamentablement à l’aide de cannes, de béquilles, quelques-uns marchant à même sur leurs pansements. Ils se dirigeaient du côté de la place de la République où des autos les attendaient car, quelques instants après, me trouvant par là, je remarquais encore d’autres blessés, plus grièvement, étendus dans des voitures sanitaires prêtes à partir et à proximité desquelles, un car, portant une quinzaine de religieuses au costume bizarre et paraissant faire partie de leur service de santé, se trouvait en station. Là, il y avait une grande activité. .

– Comme nous entendons de plus en plus, non seulement le canon, dont les détonations sont bien plus rapprochées que ces jours derniers, mais le tac-tac des mitrailleuses alternant avec de très nombreux coups de fusil, nous pouvons tout de même avoir espoir, il nous semble, en la libération prochaine de notre ville. On dit que les troupes françaises sont bien près de Reims ; cependant, il nous faut patienter encore.

– L’affiche suivante, imprimée en trois langues, allemande, française et russe, a été placardée en divers endroits de la ville :

« Avis

Sera fusillé : quiconque endommagera un fil ou câble du service télégraphique ou téléphonique, également quiconque arrachera cette affiche.

Si un tel délit a lieu dans le territoire d’une commune, celle-ci encourra les plus graves représailles dans le cas où le coupable ne serait pas saisi.

Le Grand Quartier Général Allemand. »

Le Courrier de la Champagne, annonce aujourd’hui le nom que le nouveau Pape portera dans l’Histoire : Benoît XV, mais il dit ignorer quel est celui des cardinaux qui, élevé au Souverain Pontificat, a choisi ce nom.

– D’autre part, le journal publie ceci, comme suite à une information parue dans le numéro du 8 septembre 1914, sous le titre « Au champ d’aviation » :

 « Les moteurs et avions du champ d’aviation

Notre article relatant l’abandon, par nos aviateurs, de moteurs et d’avions, au champ d’aviation, dont s’est emparé le génie allemand, a causé à Reims une pénible émotion.

Nous sommes heureux de pouvoir annoncer, d’après les indications qu’a bien voulu nous donner un aviateur, que les moteurs Gnôme ne pourraient pas servir à nos ennemis, puisque les aéroplanes allemands n’ont que des moteurs fixes. Quant aux avions même, ce sont des appareils d’école, qui ne sont pas utilisables pour la guerre. Ces aéroplanes sont d’un modèle lourd ; ils sont très pratiques pour apprendre à voler, mais ils ne peuvent absolument pas être utilisés comme avions militaires. » (Dans son article du 8, le journal annonçait que des otages : MM. Drancourt, Lejeune, Bataille, Chevrier et Chézel, conseillers municipaux avaient été emmenés par un officier supérieur de l’aviation allemande, accompagné d’officiers du génie, au champ d’aviation de Deperdussin où se trouvaient vingt moteurs Gnôme tout neufs et intacts et une dizaine d’avions, que nos aviateurs n’avaient sans doute pas eu le temps d’emporter.

Les Allemands craignaient que ces engins aient été laissés intentionnellement, pour les attirer et les faire sauter au moyen de mines préparées par nos troupes sous ce matériel.

Ils s’étaient rendu compte facilement que ces objets ne masquaient aucun piège et avaient rendu la liberté aux otages, le même soir de ce dimanche 6 septembre 1914.)

 

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