Archives pour la catégorie Dans la presse

Sous le Chemin des Dames, le trésor oublié des soldats « artistes » de la Grande Guerre

Sur le site du Point

Ave César les morts te saluent »: sous le Chemin des Dames, une carrière souterraine ayant servi de cache aux troupes allemandes puis aux Poilus et aux Américains recèle toujours les témoignages écrits, dessinés et sculptés des soldats calfeutrés sous terre, dans l’horreur de la Grande Guerre.

« Vous avez pris des vêtements chauds ? » lance Gilles Chauwin, président de l’association du Chemin des Dames créée pour préserver le site des dégradations survenues à plusieurs reprises.

Ecusson « Army national guard » cousu sur sa polaire, il fait partie des rares connaisseurs à explorer la creute, nom donné aux carrières souterraines picardes, à la sortie du village de Braye-en-Laonnois (Aisne), pulvérisé pendant la Première Guerre mondiale. Le lieu n’est accessible qu’au cas par cas, via l’association.

« On est en-dessous du plateau, à une vingtaine de mètres : tout autour c’était protégé par les Allemands, bunkerisé », explique le guide, lampe frontale vissée sur le crâne, ouvrant la marche dans ce dédale fantomatique de « plusieurs dizaines de kilomètres ».

Un siècle après les combats, la cavité où ont vécu, selon M. Chauwin, « 1.800 soldats allemands » puis des Poilus « du 64e régiment d’infanterie » et « des Américains de la 26ème division » semble être figée dans le temps. Les aiguilles d’un réveil rouillé se sont arrêtées: il était 09H15 au moment de l’impact, un jour de bombardement…

« Ici c’est un pot de graisse à canon, ça c’est du mortier anglais et là des godasses », inventorie-t-il au milieu de ce capharnaüm militaire, précisant que ce qui fut d’abord « une forteresse allemande » était équipée « d’un système de ventilation, de communication souterraine et d’électricité ».

La suite sur http://www.lepoint.fr/culture/sous-le-chemin-des-dames-le-tresor-oublie-des-soldats-artistes-de-la-grande-guerre-29-07-2017-2146696_3.php

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Reims: appel à volontaires pour une pièce de théâtre sur la guerre 14-18

Appel à volontaires pour une pièce de théâtre sur la guerre 14-18

Dans le cadre des commémorations du Centenaire 14-18 à Reims, Le Facteur Théâtre s’investit depuis 4 ans dans la préparation d’un événement et d’une pièce de théâtre. Intitulée Reims Intime Underground 14-18, la pièce sera présentée d’abord dans la cave d’un particulier rémois, 18 fois, puis programmée à sept reprises au Théâtre du Chemin Vert. Concernant l’événement prévu le 28 septembre au cryptoportique du Forum, Le Facteur Théâtre recherche donc des volontaires pour y figurer. Un spectacle où il leur sera aussi demandé de lire de façon chorale, de murmurer… Plusieurs répétitions devront être effectuées en amont. Pour en savoir plus et participer, contactez la compagnie au 03 26 02 97 76 ou à infos@lefacteurtheatre.com

source: http://www.lhebdoduvendredi.com/article/32225/appel_a_volontaires_pour_une_piece_de_theatre_sur_la_guerre_14-18

Le Lozèrien Augustin Trébuchon, dernier mort de 14-18 célébré dans les Ardennes

La commune de Vrigne-Meuse dans les Ardennes a  rendu  hommage le 15 avril à Augustin Trébuchon. C’est là que le 11 novembre 1918, 10 minutes avant le cessez-le-feu de la première guerre mondiale ce berger lozérien est mort, tué par une balle allemande. Il avait 40 ans.

Augustin Trébuchon, né dans un hameau du Malzieu-Forain au nord de la Lozère s’était engagé 4 ans plus tôt à Mende.

Un destin d’autant plus extraordinaire qu’ Augustin Trébuchon aurait très bien pu ne pas s’engager  :  il était en effet soutien de famille puisqu’orphelin, il  avait élevé ses frères et sœurs.

« Il a 36 ans, il quitte Mende le 6 août 1914. Il est blessé deux fois, cité deux fois. En 1918, il occupe le poste très délicat d’estafette. Il court à droite à gauche, pour apporter des ordres, des contre-ordres. C’est une activité où on est très exposé. Ça va pas louper, à 10h50, le 11 novembre, il prend une balle allemande alors qu’il apporte un message à son capitaine indiquant que la soupe est bientôt servie ».

Une statue à l’effigie d’Augustin inaugurée en octobre dans les Ardennes 

A Vrigne-Meuse, où il est enterré, une rue porte son nom. L’ancien maire, Georges Dommelier y tenait.

La suite sur le site de France Bleu: https://www.francebleu.fr/infos/insolite/le-lozerien-augustin-trebuchon-dernier-mort-de-14-18-celebre-ce-dimanche-dans-les-ardennes-1523625748

Un musée en hommage à l’engagement australien en 14-18 ouvre ses portes dans la Somme

Après plus de deux ans de travaux, le tout nouveau Centre d’interprétation Sir John Monash ouvre ses portes au public à Villers-Bretonneux dans la Somme. Pour L’Australie, ce bâtiment va permettre de retracer l’engagement et le sacrifice de la Nation sur le front occidental entre 1916 et 1918 et rendre hommage à ses 46.000 soldats tombés en Europe.

Ce centre d’interprétation, intégralement financé par l’Australie, a pris place derrière le cimetière et le mémorial australiens de Villers-Bretonneux dans la Somme. Un bâtiment de 1000 m² de béton et de bois qui retrace l’histoire de l’Australie et son engagement pendant la première guerre mondiale. Sur une nation qui comptait alors un peu plus de 4 millions d’habitants, 300.000 soldats ont participé au conflit, 46.000 sont morts sur le front occidental, 130.000 ont été blessés.

 Le Centre Sir John Monash a ouvert ses portes au public le 16 avril. Il sera officiellement inauguré en présence des autorités australiennes, de nombreuses personnalités et du Premier ministre français Edouard Philippe, le 24 avril prochain, à la veille des célébrations de l’Anzac Day, le jour où l’Australie rend hommage à ses soldats morts sur les champs de bataille européens. Le 25 avril marque aussi la libération de Villers-Bretonneux par l’armée australienne, menée par le général Sir John Monash.

1355/19 avril 1918

Article du journal « Le Matin » du 19 avril 1918 : Les Allemands ont brûlé Reims

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Article extrait du journal « le Matin » daté du 19 avril 1918. La date et le nom du journal sont annotés dans le coin à gauche.

Cet article au titre éloquent est rédigé le 18 avril 1918, par le correspondant de guerre du « Matin » qui est sur le front français.

Rappelons que l’incendie de la cathédrale de Reims a eu lieu le 19 septembre 1914, mais les bombardements réguliers de l’artillerie ennemie pendant toute la guerre vont la réduire à l’état de ruine. Il en sera de même des autres monuments comme la basilique Saint-Rémi, ainsi que de l presque totalité de la ville.

Le martyre de la cathédrale et de la ville seront utilisés par la propagande alliée pour dénoncer « la barbarie » ennemie, parlant de « Kultur Krupp » du nom de l’industriel allemand Alfred Krupp dont les aciéries fabriquaient les canons et les armes. C’est d’ailleurs le prénom de sa fille Bertha qui sera donné au canon à longue portée : « la Grosse Bertha ».

Lire sur le site reims14 18 http://14-18.documentation-ra.com/2014/06/2014-06-article-du-journal-le-matin-du-19-avril-1918/

Une loi pour l’attribution aux réfugiés des logements vacants

La loi du 19 avril 1918 impose l’installation d’urgence des réfugiés et rapatriés. Chaque maire est tenu de fournir au préfet une liste des logements vacants. A la demande d’un maire ou même d’un réfugié, le préfet arrête la réquisition d’un logement moyennant indemnité au propriétaire, le maire se chargeant ensuite de la mise en oeuvre. Des états des lieux sont dressés, avant l’occupation du lieu et parfois après, dans le cas d’une dégradation importante. Bien des dossiers sont clos par un arrêté préfectoral accordant une indemnité aux propriétaires.

source: http://archives.valdoise.fr/ark:/18127/vta5667f8725b585

Le point avec le 416 ème RI

Le 19 avril 1918, le 416e RI part du Pas-de-Calais et arrive à Poperinge (Belgique) en camion, à 19h. Ils sont cantonnés dans un camp anglais, le camp School, considéré comme étroit et inconfortable. Ils subissent des attaques aériennes allemandes.

Le 20 avril, le régiment reçoit l’ordre de relever le 99e RI dans le secteur du Mont Kemmel. L’État-major apprend qu’une attaque allemande est imminente. La relève s’effectue durant la nuit du 21 au 22 avril.
– Le 1er bataillon du 416e RI prend position sur le Petit-Kemmel
– Le 2nd bataillon est en soutien sur les pentes ouest du Petit-Kemmel
– Le 3e bataillon reste en réserve à Westroute (mon AGP est rattaché à ce bataillon mais effectue des liaisons avec les autres unités)
– Le PC du colonel est situé à l’ouest du col entre le Grand et le Petit-Kemmel.
– A droite, le JMO précise que le 413e tient Dranoutre et à gauche, le 30e occupe le Grand-Kemmel.

Le 24 avril, à 21h, le 416e RI avance ses premières lignes de 400m, en avant des fermes Donégal et Airkraft. La 2e compagnie fait un prisonnier qui donne des informations sur l’attaque du lendemain.

Le 25 avril, à 2h30 du matin, les Allemands entament une préparation d’artillerie sur les anciennes positions du 416e RI, ce qui cause peu de dégâts.
Vers 5h, une attaque de l’infanterie allemande est repoussée, mais le régiment est tout de même pris à revers par les troupes infiltrées sur le Grand-Kemmel.
Vers 7h, la première ligne du 416e RI est enfoncée : il ne reste que le 2e bataillon et la 3e compagnie du 1er bataillon en défense sur le Petit-Kemmel.
Ces hommes sont encerclés encerclés et subissent des tirs de toutes parts : à 10h45, les Allemands menacent les entrées du PC du colonel sur le Petit-Kemmel et somment l’Etat-Major de se rendre. Dans l’abri, deux lieutenants-colonels anglais, les colonels français du 30e et du 416e RI et trois chefs de bataillons décident de se rendre.

Le 3e bataillon du 416e RI tente une contre-attaque pour dégager le reste du régiment, sans succès.

Plus précisément, j’ai appris que mon AGP s’était porté volontaire pour guider durant la nuit du 26 au 27 avril une section du 15e régiment de Dragons qui devait mener des opérations de contre-infiltration sur les pentes du Mont-Kemmel (il reçoit la Médaille Militaire et sa deuxième citation à ce moment).

Les 28 et 29 avril, le 3e bataillon du 416e RI (les hommes des 1er et 2nd bataillons sont tous tués ou capturés), toujours en position, subit encore quelques pertes.
Dans la nuit du 29 au 30 avril, les restes du 416e RI sont relevés par le 16e corps d’armée et sont envoyés en auto à Malo-les-Bains pour reformer le régiment. Néanmoins, s’il est reformé, le régiment perd sa cohésion par l’arrivée de nouveaux éléments.

source: https://www.geneanet.org/forum/viewtopic.php?t=437726

(vidéo) La bataille du Mont Renaud (Oise)

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https://www.youtube.com/watch?v=2UUL6yZqCMU

Bataille de la Lys: communiqué officiel

vendredi 19 avril 1918

Après-midi : Les attaques ennemies signalées hier matin au sud du mont Kemmel ont été repoussées complètement. D’autres assauts, lancés par les Allemands dans ce secteur au cours de la soirée, ont été brisés par nos cannons et nos mitrailleuses.

Sauf une activité réciproque des deux artilleries sur plusieurs points, la nuit a été relativement calme dans tout le secteur britannique.
Au cours de diverses actions de détail, nous avons fait quelques prisonniers et capturé des mitrailleuses.
Il a été établi que des régiments appartenant à six divisions différentes ont été engagés dans les attaques infructueuses déclenchées hier par les Allemands dans la région Givenchy-Saint-Venant.
Le combat à Givenchy et ailleurs s’est terminé par l’échec complet de l’ennemi qui, après des assauts coûteux et poussés à fond avec une extrême énergie, n’est parvenu à prendre pied que sur un ou deux points limités dans nos défenses les plus avancées.
Il est certain que les Allemands, avant l’assaut, ont été extrêmement éprouvés par le feu de notre artillerie et que leurs pertes, au cours de la journée et pendant le combat, n’ont pas été moins lourdes.

Soir : Aucun changement pendant la journée sur le front britannique.
L’artillerie ennemie s’est montrée active sur différents points du front et a entrepris, dès l’aube, sur nos positions de Caudescure, au nord de Merville, un bombardement violent qui n’a été suivi d’aucune attaque d’infanterie.
Notre artillerie a bombardé efficacement les troupes ennemies et des transports le long des routes en arrière du secteur de la Lys.

source: http://www.bataille-de-la-lys.com/fr/attaque_allemande/communiques/19_avril_1918.html

Journal du vendredi 19 avril 1918

Pas d’action d’infanterie sur notre front.
L’ennemi a bombardé violemment nos premières lignes et quelques villages de la région au nord de Montdidier. Nos batteries ont efficacement contrebattu l’artillerie ennemie et exécuté des concentrations de feux sur les positions allemandes.
Canonnade intermittente sur le reste du front.
Quatre avions allemands ont été abattus par nos pilotes.
Sur le front belge, les Allemands se sont livrés à une attaque en force contre le système des avant-postes entre l’étang Blanckaert et le chemin de fer d’Ypres à Thourout.
Ils ont réussi à prendre pied dans plusieurs des postes belges, mais d’énergiques contre-attaques de nos alliés les en ont complètement chassés. Six cents prisonniers environ sont restés entre nos mains.
L’ennemi a déclenché sur presque tout le front de bataille anglais de la Lys de violents bombardements, qui, de la forêt de Nieppe jusqu’à Wytschaete, ont été suivis d’attaques d’infanterie. Toutes ces attaques ont été repoussées et des pertes considérables infligées à l’ennemi.
Les troupes britanniques, qui avaient réussi à pénétrer dans les villages de Meteren et de Wytschaete, n’ont pas pu s’y maintenir.
Des troupes françaises coopèrent avec les forces anglaises sur ce front.
En Italie, les patrouilles anglaises sur le plateau d’Asiago et les patrouilles italiennes dans la région du mont Tomba ont capturé des prisonniers et du matériel.
En Afrique orientale, la colonne britannique du général Edwards, venant du littoral, et la colonne du général Northey, venant du lac Nyassa, exécutent un mouvement convergent contre les Allemands. La colonne du général Northey a occupé Magna.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/avril18.html

1917: quand la mairie de Reims était à Paris

L’hôtel de ville est victime d’un violent incendie en mai 1917. Le maire Jean-Baptiste Langlet fait alors installer les bureaux municipaux dans les caves de la maison de champagne Werlé situées juste à côté (aujourd’hui, le Cellier). Avec l’évacuation générale décrétée par l’État le 25 mars 1918, la mairie de Reims trouve alors refuge à Paris, au 19 avenue de l’Opéra. D’autres services municipaux sont dispatchés ailleurs dans Paris ainsi que dans d’autres villes de France.

Les services municipaux reviennent rapidement à Reims, après la libération de la cité.

Après l’incendie de l’hôtel de ville, les services municipaux trouvent refuge dans les caves de l’actuel Cellier, rue de Mars. Ici, une partie du conseil municipal de l’époque, en pleine réunion. – Coll. Archives municipales / Ville de Reims

La suite (payante) sur le site de L’Union

http://www.lunion.fr/85771/article/2018-04-12/incendie-de-la-mairie-10-ans-d-exil-pour-les-services-municipaux

Voir aussi le PDF du dernier magazine municipal « Reims attractive » (la dernière page)

http://fr.calameo.com/read/002338616d1e2e91372d4

Lire aussi dans L’Union (payant) 

Quand la mairie de Reims était à Paris

…, dans le 1er arrondissement de Paris. La «mairie provisoire» de Reims, notamment les services de l’état civil, la comptabilité et la recette municipale comme les allocations militaires est en mesure d’accueillir… «Ce 19 avril, sera une journée forte en symboles» Cent ans, jour pour jour, après la tenue du premier conseil municipal de Reims à la «mairieprovisoire» de Paris, l’ensemble des élus rémois…commémoration En 1918, lorsque l’ordre d’évacuation de la ville est donné, le conseil municipal trouve refuge à Paris. Cent ans après, ce 19 avril, les élus rémois se réuniront de nouveau…

source: http://www.lunion.fr/archive/d-20180412-3LM0X9?referer=%2Farchives%2Frecherche%3Fdatefilter%3Dlastyear%26sort%3Ddate%2520desc%26word%3Dquand%2520la%2520mairie%2520%25C3%25A9tait%2520%25C3%25A0%2520Paris

Un lieu de mémoire et un film pour le centenaire de la bataille de Fismesj

 Il y a 100 ans, plus de 13 000 Américains ont trouvé la mort au bord de la Vesle, pour reprendre un pont aux Allemands. Les Fismois ont décidé de sortir cette bataille de l’oubli.

En 1918, on n’avait encore jamais vu de tels combats. En l’espace d’un mois sur un périmètre de quelques kilomètres seulement, 13 600 soldats américains ont trouvé la mort. La bataille de Fismes « inaugura » les premiers combats de rue. Dans les ruines de la commune, déclarée alors zone rouge, détruite à plus de 90 %, (soit plus que la ville martyre voisine, Reims), les Stosstruppen ont expérimenté pour la première fois les attaques au lance-flammes et les barricades défendues par des mitrailleuses dont les effets ont été dévastateurs. Un traumatisme tel que les populations locales ont préféré enfouir le souvenir au fin fond des mémoires.

Cent ans après, enfin un mémorial

À Fismes, aujourd’hui, seule trace de ces corps à corps sanglants, qui ont vu une partie des régiments prestigieux et emblématiques de l’armée américaine (la 28e Division, mais aussi la 4e et 77e Divisions) être décimée, un pont. « Le seul pont mémorial de France qui a été construit après la guerre avec l’aide de l’état de Pennsylvanie », explique Charles Gossard, adjoint au maire de Fismes délégué au Patrimoine. « Cela fait 100 ans que des milliers de jeunes américains ont traversé l’Atlantique, pour mourir ici afin de nous libérer de la barbarie, il était grand temps de faire quelque chose pour que leur sacrifice ne soit pas oublié. » Le square de la Vesle près du pont mémorial a été choisi afin d’y aménager ce lieu de mémoire inédit. Un aménagement paysager entièrement repensé ; au sol, cinq lignes traversantes blanches et phosphorescentes qui convergent vers la Vesle… « On incorpore près de la berge, un belvédère avec 5 panneaux d’explications historiques », poursuit Charles Gossard. Ils retraceront ainsi les moments forts de la bataille qui s’est déroulée entre août et septembre 1918. L’éclairage sera aussi entièrement revu et financé par le Grand Reims, qui prend également en charge le coût pour enterrer la pompe. Le chantier ne devrait plus tarder à commencer.

Une œuvre monumentale

Christian Lapie a été choisie pour élaborer une œuvre artistique monumentale pour ce futur lieu de mémoire, « afin d’attirer davantage l’œil, susciter le recueillement », continue Charles Gossard. «La sidération des étoiles», tel est le nom que ce sculpteur de renommée internationale a choisi pour désigner ces figures géantes, « des jeunes hommes américains et allemands, sans bras ni visage (…) Engoncées dans la masse du bois dont elles sont extraites, comme noircies par le feu, elles sont silencieuses et figées, debout. » Cette « tribu de sentinelles placides et immuables » sera aussi installée au bord de la Vesle et au milieu du carrefour, à deux pas du pont mémorial. Côté financement, des entreprises locales se sont portées mécènes : 60 % de l’œuvre artistique ont ainsi pu être financés (les douze statues et leur installation sont estimées à 120 000€). «Fismes Mémorial 18» bénéficie aussi du soutien financier de la réserve parlementaire de l’Assemblée Nationale.

L’adjoint au maire Charles Gossard (à gauche) et Laurent Vermot-Desroches (à droite), le président de l’association France 40 véhicule. Les statues de Christian Lapie et la perspective à venir du Memorial.

Un film tourné à Fismes

Dans le cadre du centenaire, la municipalité a lancé aussi un autre projet, l’élaboration d’un court-métrage sur la bataille de Fismes, qui comportera également des images d’archives récupérées de l’armée (4 à 5 minutes), « où l’on voit les Américains pénétrant dans les ruines de Fismes. Des images exceptionnelles que les habitants n’ont encore jamais pu voir. »

La municipalité a fait appel à l’association France 40 Véhicule, dont les membres ont déjà participé à des reconstitutions filmées. « On se charge des décors, des artifices, des engins de guerre, des uniformes », énumère Laurent Vermot-Desroches, le président de l’association, fier en quelque sorte de pouvoir apporter sa pierre à l’édifice. « Aux États-Unis, à l’école des officiers, on étudie encore aujourd’hui la bataille de Fismes. Sa triste notoriété est beaucoup plus importante outre-atlantique. Même si je déteste faire des comparaisons entre les deux guerres, il faut réaliser tout de même que cette bataille a causé 2 fois plus de morts que le débarquement en Normandie. En France, elle est tombée dans l’oubli. »

Des étudiants américains de SciencesPo vont aussi grossir les rangs des figurants, au nombre de trente. L’histoire ? « On suit le parcours de la 28e Division, on raconte les combats intra-muros », explique Charles Gossard. Un court-métrage d’une quinzaine de minutes qui sera projeté sur grand écran le 15 septembre, sur le site du Mémorial, « en Anglais d’abord, puis en Français. » Le film sera tourné le dernier week-end d’avril, à Fismes même. L’entreprise Deseuste met à disposition un terrain, près de l’ancien silo : elle le défriche et va y faire des trous pour rappeler les impacts d’obus notamment. Le collège va prêter ses trampolines pour permettre aux figurants de sauter lors des simulations d’explosions d’obus. À Fismes, depuis quelques mois, c’est toute une commune qui se mobilise pour sortir de l’oubli le sacrifice de ces milliers de jeunes américains.Aurélie Beaussart

Les autres points Le circuit des écrivains

Première étape dans la volonté municipale de rendre hommage au sacrifice de milliers de jeunes américains : le circuit des écrivains. « De nombreux soldats américains, devenus pour la plupart ensuite, de grands écrivains ont raconté la bataille de Fismes », explique Charles Gossard. Neuf panneaux ont été installés l’an passé, près du pont, le long de la Vesle. Ce Circuit -Sur les pas des écrivains américains en guerre- a été inauguré le 16 septembre 2017.

Un fonds d’archives

Des documents iconographiques, des films, des témoignages… À la médiathèque Albert-Camus de Fismes, un fonds ouvert à tous et aux chercheurs a été créé en 2010 et dont l’objectif est de collecter tous les éléments existants relatifs à la bataille de Fismes.

Appel au volontariat

La mairie vient d’éditer une fiche d’inscription pour tous ceux qui souhaiteraient se porter volontaires pour la journée de commémoration du 15 septembre : la municipalité recherche notamment des personnes parlant couramment anglais pour accueillir les délégations américaines, mais aussi des bonnes volontés pour les contrôles, la gestion des parkings, buvette, décoration et assistance technique… Le formulaire est disponible sur le site Fismes.fr

A lire sur le site  de L’Union http://www.lunion.fr/82487/article/2018-03-26/un-lieu-de-memoire-et-un-film-pour-le-centenaire-de-la-bataille-de-fismes

A lire aussi sur le site de L’Union

Le pont mémorial de Fismes, unique en Europe

http://www.lunion.fr/64690/article/2017-12-09/le-pont-memorial-de-fismes-unique-en-europe

Nouvelle étape pour le Mémorial de Fismes

http://www.lunion.fr/63787/article/2017-12-04/nouvelle-etape-pour-le-memorial-de-fismes