Archives pour la catégorie Dans la presse

Du Michigan à la Marne

A lire sur le site de La Nouvelle République

Cette semaine, Christiane, de Soings-en-Sologne, demande à Aymeric Rouillac d’estimer un petit clairon que son père a “ ramené de la guerre 40-45 ”.

 Garde à vous, Aux couleurs, A la soupe ! Voilà des mélodies qui vont rappeler des souvenirs à nombre d’entre vous ! Le son du clairon rythme la vie militaire du matin au soir ; de la chambre au champ de bataille. Déjà connu au Moyen Age, cet instrument à vent en laiton fait partie de la grande famille des cuivres. Sans coulisse ni pistons, il est dit à son naturel, comme tous les instruments d’ordonnance (le cor et la trompette de cavalerie par exemple). C’est également la caractéristique de ses ancêtres comme la conque (un gros coquillage), l’olifant (un cor généralement en ivoire) ou encore le carnyx gaulois dont le son terrorisait l’ennemi sur le champ de bataille. Ces instruments étaient moins prisés pour leurs caractéristiques mélodiques que pour leur côté pratique dans la transmission d’ordres, et de messages divers. Ils font aussi la joie des orchestres de batterie-fanfare et d’harmonie. Et quelle plus belle occasion de parader pour eux que le 14 juillet ?

Le clairon de Christiane, bien que cabossé, semble toujours fonctionnel. Peut-être est-il particulièrement sensible à la mélodie de « The Star Spangled Banner », l’hymne national américain ? Il l’a très certainement plus souvent accompagné que « La Marseillaise » puisqu’il est né dans la ville de Grand Rapids située… dans le Michigan ! Le fabricant a signé son instrument en toutes lettres : « J.W. York & Sons – Grand Rapids – Mich. USA-Chicago depot ». Cette firme a la réputation de fabriquer des cuivres de grande qualité. Elle est, entre autres, fournisseur de l’armée américaine.
Voici qui pourrait expliquer pourquoi le père de notre lectrice a rapporté cet instrument de la guerre. Oui, mais… Ce clairon est daté, et il est centenaire ! A la fin de la signature du fabricant, on peut lire : « 2-27-1918 ». C’est un instrument réglementaire américain créé en 1894. Ainsi, il débarque en France avec les « Doughboys » en 1917 et est bientôt surnommé « Trench Bugle », « clairon de tranchée ».
Mais le père de Christiane a fait la guerre de 40, pas la Grande Guerre ! Ce clairon était-il encore en service dans l’armée en 1944 ? Un Américain le lui aurait-il donné ? Pourquoi ? Autant de questions auxquelles il est difficile d’apporter une réponse.
Hier, le Président Trump assistait au défilé sur les Champs-Élysées au côté du président Macron. Malgré ses mystères, ce clairon est un témoignage important de la guerre 14-18 qui nous rappelle que des soldats américains sont morts dans la Somme, l’Aisne, la Marne ou encore la Meuse. Prenez-le en main et imaginez-le vissé à la bouche d’un soldat américain sonnant l’assaut depuis sa tranchée. Son état n’est pas parfait et le contraire eut été douteux. Sous réserve qu’il ne montre pas d’accident important, il peut être estimé entre 50 et 80 euros. 
Et maintenant, c’est à Christiane de retrouver son histoire personnelle, et pourquoi pas d’essayer d’en tirer quelques notes patriotiques pour célébrer l’amitié franco-américaine !

Source: http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2017/07/15/Du-Michigan-a-la-Marne-3167475

Mutins fusillés en 1917: histoires de famille

A lire sur le site de LA CROIX

Jean Truton a posé le dossier sur la table de la salle à manger de son appartement d’Alfortville (Val-de-Marne). Il en sort une vieille carte postale, avec un timbre à 5 centimes. Elle date de la Première Guerre mondiale. Sur la photo, sept soldats sont alignés. « À gauche, avec le clairon, c’est mon grand-oncle », explique le retraité.

Ce moustachu en uniforme s’appelait Albert Truton. Il est l’un des 26 soldats français fusillés en 1917 pour avoir participé à une mutinerie. Longtemps, son petit-neveu, aujourd’hui âgé de 73 ans, n’a pas entendu parler de ce destin brisé. « Je pense que mon père connaissait cette histoire, mais il devait ne pas vraiment en être fier », raconte-t-il.

C’est l’historien Denis Rolland, spécialiste du sujet, qui l’a éclairé, comme il l’a fait avec d’autres descendants en les invitant à une cérémonie commémorative dans l’Aisne en 2007. Depuis, Jean Truton s’est rendu sur les lieux de l’exécution et s’est plongé dans les archives familiales. Il a aussi signé un appel pour la réhabilitation des fusillés. « Je ne crois pas trop que cela débouchera », soupire-t-il.

À RELIRE Les fusillés de 14-18 ne seront pas réhabilités

Honorer leur mémoire

De fait, les projets de réhabilitation générale sont systématiquement rejetés. « D’un point de vue juridique, cela n’aurait aucun sens, estime l’historien André Loez, qui a participé à la rédaction d’un rapport sur la question pour le gouvernement en 2013. Tous les fusillés ont participé à des mutineries. Il y a eu un jugement. Les réhabiliter reviendrait à dire qu’ils n’ont rien fait. En revanche, il faut honorer leur mémoire. C’est une autre démarche. »

C’était le sens du discours prononcé en 1998 par Lionel Jospin, alors premier ministre, souhaitant que ces morts « réintègrent pleinement notre mémoire collective nationale ». À l’époque, cette prise de parole avait déclenché des réactions très virulentes. Dix ans plus tard, Nicolas Sarkozy, devenu président de la République, avait poursuivi dans la voie de l’apaisement en affirmant que les mutins « ne s’étaient pas déshonorés ».

la suite sur http://www.la-croix.com/France/Mutins-fusilles-1917-histoires-famille-2017-04-14-1200839603

François Hollande avec Lionel Jospin dimanche sur le Chemin des Dames

Le chef de l’État présidera dimanche la commémoration du centenaire de la bataille   du Chemin des Dames aux côtés du ministre de la Défense et de l’ancien Premier ministre.
Avant le 7 mai, jour du second tour de la présidentielle, ce sera l’une de ses dernières sorties françaises et sans doute, la dernière dans l’ex-Picardie. François Hollande présidera dimanche les importantes cérémonies marquant le centenaire de la terrible bataille du Chemin des Dames qui s’était déroulée du 16 avril au 24 octobre 1917, faisant quelque 350 000 morts et blessés français et allemands.
Comme il l’avait fait le 10 juillet 2014 à l’occasion de la 6 e étape du Tour de France (Arras-Reims), cette journée axonaise placée sous très haute surveillance sera pour le président de la République l’occasion d’une double commémoration, nationale et personnelle.
DU PLATEAU DE CALIFORNIE AUX
CIMETIÈRES DE CERNY-EN-LAONNOIS
C’est sur le Chemin des Dames, en effet, que son propre grand-père fut stationné en janvier 1915, entre Berry-au-Bac et Roucy. Pendant de longs mois, Gustave Hollande effectua plusieurs allers-retours entre l’Aisne et Verdun avant que le 33 e RI, son régiment, ne s’installe en avril 1917 près de Craonne. Le sergent Gustave Hollande avait été grièvement blessé en juin 1918 à Chaudun, lors d’une des nombreuses offensives menées par les Français au sud de Soissons.
François Hollande se souviendra de tout cela sans doute au moment d’arriver dans l’Aisne. Accompagné de l’ancien Premier ministre Lionel Jospin, qui avait en 1998 réhabilité la mémoire des mutins et des « fusillés pour l’exemple » (d’où sa présence dimanche), du ministre de la Défense Jean-Yves le Drian et du secrétaire d’État aux Anciens combattants, Jean-Marc Todeschini, le Président se rendra d’abord dans le petit village de Craonne rendu célèbre par son Plateau de Californie à l’assaut duquel les poilus se sont pendant de longs mois rués à l’attaque et vers une mort certaine.
À 9 h 30, à l’issue d’un accueil républicain de rigueur, deux historiens spécialisés dans les mutineries de 1917, André Loez et Nicolas Offenstadt, raconteront l’offensive du Chemin des Dames avant que le chef de l’État ne se fasse présenter l’œuvre créée par le sculpteur Haïm Kern  (La Trace) en remplacement de sculptures précédentes odieusement dégradées à deux reprises, en 1999 et 2014. Une classe du collège Léopold-Sédar-Senghor de Corbeny entonnera ensuite la célèbre Chanson de Craonne.

Le Brabant wallon avait aussi des « femmes à Boches »

Sur le site de la libre.be

La revue d’Histoire du Chirel lève le voile sur une facette peu connue de 14-18.

C’est une dimension moins connue mais néanmoins interpellante de l’histoire de la Grande Guerre et, oserions-nous écrire, de celle de toutes les guerres puisque la « collaboration horizontale » fut de tous les conflits…

Dans le Brabant aussi, des femmes ont eu des relations sexuelles avec des militaires allemands, plus ou moins (haut) gradés, plus pour de pures raisons de cœur et de sentiments amoureux que de proximité idéologique. Un sujet longtemps considéré comme tabou. L’an dernier à la VUB, l’historienne Gerlinde Swillen a présenté un doctorat sur les enfants nés des amours de soldats allemands de la Seconde Guerre et de femmes d’ici, mais le phénomène fut aussi présent en 14-18.

Des rapports de curés très intéressants…

C’est ce qui ressort d’un mémoire de master réalisé à l’UCL par Laurie de Coster qui a fait la synthèse de ce travail dans la dernière livraison de la « Revue d’Histoire du Brabant wallon » édité par le Comité d’histoire religieuse (le Chirel). Un papier passionnant et non dénué d’émotion sur un sujet difficile car la recherche de documents ne fut pas évidente, touchant à l’intimité des personnes concernées. Laurie de Coster s’en est bien sortie notamment en s’immergeant dans les archives religieuses et les fameux rapports que les curés rédigèrent à la demande de leur hiérarchie. On épinglera aussi une étude pointue, comme de coutume, de Paul Wynants sur la politique nivelloise et les tensions entre catholiques et libéraux

Rens. : Chirel Brabant wallon, chaussée de Bruxelles, 65A, 1300 Wavre; téléphone : 010/23.52.79 .   www.chirel-bw.be

source: http://www.lalibre.be/regions/brabant/le-brabant-wallon-avait-aussi-des-femmes-a-boches-58e14e38cd70812a652f52a0

Sportifs et combattants sur le Chemin des Dames

A lire (payant) sur le site de L’Union

Au milieu des millions de Poilus qui ont combattu lors de la Première Guerre, il y avait des sportifs dont certains de haut niveau.

l avait 20 ans. Ronald Simson a été le premier rugbyman de l’histoire de la Grande Guerre à avoir été tué le 15 septembre 1914. Après lui, ils seront 121 rugbymen sur un total de 424 sportifs de haut niveau à perdre la vie lors de la Première Guerre.

Parmi ces athlètes il y avait des footballeurs, des cyclistes, des escrimeurs, des boxeurs et des tennismen. Même si 14-18 a été un catalyseur pour le développement du sport dans la société française, ce fut aussi un bon moyen de propagande.

http://www.lunion.fr/21885/article/2017-03-22/sportifs-et-combattants-sur-le-chemin-des-dames#

 

Les «chasseurs de trésor» dans le viseur

A lire dans le Courrier Picard

Le pillage de la dépouille d’un soldat de 14-18 dans le Pas-de-Calais par un prospecteur illustre le côté obscur de l’activité des « chasseurs de trésor » du dimanche.

D es gens qui font n’importe quoi, dans le milieu, ça existe. Mais franchement c’est une minorité. » William est ce qu’on appelle un prospecteur. Avec un petit groupe d’amis, le dimanche, il prend sa «poêle à frire», un détecteur de métaux en vente libre, et arpente les champs et les sous-bois en quête de «trésors», monnaies anciennes, objets divers du passé…

« C’est une passion qui me vient de mon père. Il a trouvé des jolies choses, ça m’a donné envie », raconte William qui assure: « C’est un loisir, comme la pêche. Et on fait ça proprement, on demande toujours l’autorisation au propriétaire du terrain. » Ce n’est pas forcément dans les clous de la loi (lire ci-dessous), William ne déclare pas ses « trouvailles », collectionne. Mais lui jure qu’il reste « propre ». Le pillage d’une dépouille de Poilu à Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais) a pourtant jeté l’opprobre sur ces «chasseurs de trésor» du dimanche. « C’est négatif, parce que c’est du bon sens. Si on trouve une dépouille, on arrête de creuser, on avertit la gendarmerie. C’est la loi. » Le pilleur de Neuville-Saint-Vaast qui a mis au jour la dépouille dans un champ et avait prélevé des objets n’avait pas eu ce scrupule. Contre l’auteur du pillage, la direction régionale des Affaires culturelles des Hauts-de-France va se constituer partie civile au pénal. Car les archéologues professionnels sont de plus en plus excédés par la multiplication des fouilles clandestines, alimentées par le centenaire de la Grande Guerre qui gonfle le marché. « Grosso modo, il y a deux grandes familles de prospecteurs », explique Gilles Prilaux, archéologue à l’Institut national de la recherche en archéologie préventive et spécialiste des fouilles de 14-18. « Il y a l’amateur de patrimoine local, qui essaie de comprendre, de manière parfois maladroite, parfois éclairée. Et puis il y a ceux qui font ça avec une visée financière, qui ne vont pas se contenter de faire du ramassage de surface après labour, mais vont creuser. » Le professionnel observe qu’une forte demande pour ces objets existe, outre-Manche notamment. Pire, « on a de plus en plus de gens qui prospectent sur des sanctuaires archéologiques, à la recherche d’objets de valeur, avec des équipes qui passent derrière nous, font des trous partout et pillent. Ça rend hargneux… », appuie Jean-Luc Collart, conservateur régional de l’archéologie. Les archéologues mettent en avant la préservation du patrimoine y compris celui, «récent», de 14-18, « une composante de la recherche archéologique, pour mieux comprendre le quotidien des soldats notamment », selon Jean-Luc Collart.

La suite sur http://www.courrier-picard.fr/16357/article/2017-03-11/les-chasseurs-de-tresor-dans-le-viseur

Contact: alain.moyat@orange.fr