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1914-1919: François-Xavier Guédet décrypte les écrits de son grand-père rémois

Heureusement que mon grand-père avait déjà recopié au propre deux carnets. çà m’a aidé à m’habituer à décrypter ses écrits originaux, à imprégner mon cerveau de son écriture. Mais çà demande du temps.

« Mon cousin, Pierre,  me le répétait depuis longtemps« : « Tu as un trésor dans ton grenier. « 

-«  Il avait raison. En 2017,  j’ai découvert tout ce qu’a écrit mon grand-père Louis Guédet , notaire, resté à Reims durant toute la première guerre mondiale. Des kilos de feuilles manuscrites , des liasses de documents,  ainsi que deux cahiers de ma tante Marie-Louise qui avait commencé à réécrire au propre les mémoires de Louis Guédet.  Il avait  dédicacé ses mémoires à ses enfants. C’est bien normal que je m’attache aujourd’hui à les reprendre pour les faire connaître à tous ceux intéressés par cette page d’histoire rémoise. »

Louis Guédet

Scotché depuis un an devant la table de son salon remplie de piles de documents anciens, François-Xavier Guédet poursuit à décrypter,  pour les mettre sur ordinateur,  les mémoires de son grand-père paternel Louis Guédet, , notaire, âgé de 51 ans au début de la première guerre mondiale, marié à Madeleine Bataille et  père de cinq enfants: Jean, Robert, Marie-Louise, André et Maurice.

Pas facile à décrypter

GUEDET ORIGINAL

« Maintenant que je suis à la retraite, j’ai du temps pour mettre au propre les mémoires de mon grand-père dont l’écriture originale n’est pas facile à lire, surtout quand il écrivait sous les bombardements. J’ai eu la chance que ma tante recopie le début de ses mémoires au propre, sur deux cahiers. Avec le temps, l’attention, le cerveau se fait à l’écriture. J’avance, mais je prends le temps de vérifier l’orthographe des noms de personnes, de villages etc. J’apprends aussi des mots inusités  et je m’attache à faire un toilettage minimal de tous ses écrits dont certaines phrases ont dû être raturées volontairement par ma grand-mère dont le papa était directeur des Galeries Rémoises. »

Une mine d’informations d’un témoin privilégié

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Notaire,  nommé aussi juge de paix durant le conflit, Louis Guédet, on peut le dire,  est au même titre que Paul Hess, dont on connaît les carnets, est un témoin privilégié de la guerre 1914-1918 à Reims. Pris une nuit comme otage à l’hôtel du Lion d’Or, au même titre que de nombreux notables lors de l’occupation de Reims par les Prussiens et les Saxons, Louis Guédet, visiblement très curieux n’hésite pas à arpenter la ville pour voir, savoir ce qui se passe. Seul après avoir envoyé sa famille dans le sud-Marnais familial, à Saint-Martin-aux-Champs, il couche sur le papier les infos qu’il glane ça et là. Il observe les mouvements de troupes. Il écoute aussi les personnalités politiques ou religieuses rémoises. Il n’hésite pas à dire ce qu’il pense de  la fuite de certains élus ou bourgeoises de la Croix-Rouge qui abandonnent la ville, de certaines décisions du conseil municipal etc.

Il considère ses écrits comme une occupation, un dérivatif. « Celà m’occupe et m’aide à souffrir. »

80 drapeau
Un morceau de drapeau de la Croix Rouge planté en haut de la cathédrale

Il assiste à l’entrée et à l’occupation  de Reims par les Prussiens. A sa libération. Avec l’abbé Dage directeur de la jeunesse catholique et Ronné, de la Compagnie des sauveteurs de Reims,  il grimpera même dans la tour nord de la cathédrale pour hisser un drapeau tricolore. Il récupérera aussi un morceau de drapeau de la Croix Rouge planté en haut de la cathédrale; une relique offerte en 1975 à la ville de Reims .

« Comme un écureuil, « il passe aussi une partie de son  temps tantôt « au grenier de sa maison pour voir les incendies et les batailles ou dans sa cave pour se garer des bombes.« 

Jour après jour il évoque son inquiétude pour ses proches réfugiés loin de Reims. Il raconte la vie quotidienne des Rémois.

Une somme d’informations qui ne manqueront pas de captiver les Rémois passionnés d’histoire. Une somme d’informations, qui, recoupées avec d’autres écrits permettront aux historiens d’approcher cette période de la vie rémoise avec encore plus de précision.

Ce sont ces pages écrites par Louis Guédet et retranscrites par son petit-fils que nous publierons au fil des semaines à venir.

Alain MOYAT

Propos de François-Xavier Guédet

Ce journal quotidien a été écrit par Maître Louis Guédet, seul notaire de Reims resté fidèle à son poste de 1914 à 1919. Il est dédicacé en couverture à ses enfants comme témoignage. Il est donc
destiné naturellement à ses petits-enfants, arrière petits-enfants et toutes les générations suivantes.
J’ai découvert l’immense amour de mon grand-père pour ma grand-mère et ses enfants, ainsi que pour son Père, veuf, qui habitait toujours au village familial de Saint Martin-aux-Champs. Ses relations étaient difficiles avec son beau-père, Honoré Bataille, ancien directeur des Galeries Rémoises de 1873 à 1902 puis juge au Tribunal de Commerce de Reims. Ces sentiments étaient bien connus dans la famille. Louis Guédet a lui-même rayé et supprimé un grand nombre de passages et
commentaires le concernant.
Louis Guédet, fils d’Aimé Guédet et d’Aurélie née Loisy, a vu le jour à Saint-Martin-aux-Champs, près de Vitry-le-François (51) le 27 mai 1863. Il vit à Paris avec ses parents pendant le siège de 1870. Il s’installera ensuite comme notaire à Reims en mai 1893. Il sera le seul à rester à son poste pendant toute la guerre de 1914 – 1918 en cumulant ses fonctions notariales avec celles de juge de Paix. Il est décédé à Reims le 5 avril 1929 et fut inhumé à Saint-Martin-aux-Champs.
L’auteur de ces lignes est François-Xavier Guédet, fils d’André Guédet et donc petit-fils de Louis Guédet. Je n’ai pas connu mon grand-père mais bien connu ma grand-mère qui habitait au premier étage de notre maison du 4, boulevard de la Paix à Reims, où mes parents habitaient au second. Je
suis moi-même né à Reims le 5 avril 1954, et la coïncidence m’a toujours semblée curieuse !
Retraité depuis le mois de décembre 2014, j’ai entamé ma nouvelle vie avec plein de projets, parmi lesquels le classement de tous les souvenirs familiaux.
Depuis plusieurs années mon cousin Pierre Guédet, fils de Robert Guédet, n’arrêtait pas de me dire :
« Tu as des trésors dans ton grenier ! » J’ai découvert en avril 2017 une grosse pile de documents manuscrits, apparemment illisibles, ainsi que deux cahiers de ma tante Marie-Louise Guédet. J’en avais vaguement entendu parler par mes parents il y a de nombreuses années.
Mon cousin est par ailleurs l’auteur d’un remarquable document relatant la vie de notre grand-père et poursuit ses recherches vers les générations antérieures.
Le déchiffrage de ces mémoires fut au départ difficile. Une aide importante fut la retranscription manuscrite par ma tante Marie-Louise Guédet des mémoires de son père jusqu’au 16 septembre

 

Lexique familial
❖ Louis Guédet (1863-1929), notaire à Reims, époux de Madeleine Bataille
❖ Madeleine Bataille (1875-1973), épouse de Louis Guédet
❖ Aimé Guédet (1836-1919), cultivateur à Saint Martin aux Champs (51), époux d’Aurélie Loisy
(1838-1898)
❖ Honoré Bataille (1845-1920), Directeur des Galeries Rémoises, Président du Tribunal de
commerce de Reims, époux de Gabrielle Dopsent (1850-1913)
Enfants de Louis et Madeleine Guédet
❖ Jean (1896-1956), époux de Geneviève Masson (1901-1999)
❖ Robert (1897-1972), époux de Suzanne Boulingre (1899-1980)
❖ Marie-Louise (1900-1992)
❖ André (1903-1977), époux d’Anne-Marie Guépratte (1917-1998)
❖ Maurice (1909-1926) « Momo » lorsqu’il était enfant.

(1 et 2 ) Carnets de guerre du rémois Louis Guédet (29 juillet-4 septembre 1914)

https://reims1418.wordpress.com/2018/01/27/1-carnet-de-guerre-du-remois-louis-guedet-29-juillet-31-aout-1914/

(3) Carnets du rémois Louis Guédet (4-9 septembre 1914) Les Prussiens occupent la ville

https://wp.me/p4mPAZ-5mp

(4) Carnets du rémois Louis Guédet: 9-13 septembre) Prise d’otages et bombardements

https://wp.me/p4mPAZ-5mC

(5)Carnets du Rémois Louis Guédet 14-19 septembre 1914): les troupes françaises reprennent Reims

https://wp.me/p4mPAZ-5na

(6)Carnets du rémois Louis Guéret 20/28 septembre 1914)

https://wp.me/p4mPAZ-5o9

(7)Carnets du Rémois Louis Guédet (29 septembre-27 novembre 1914):7/ « Les Allemands avaient-ils prémédité l’incendie de la Cathédrale ?

https://reims1418.wordpress.com/2019/10/21/lincendie-de-la-cathedrale-de-reims-du-19-septembre-1914-aurait-il-ete-premedite/(ouvre un nouvel onglet)

8) Carnets de guerre du rémois Louis Guédet (28 novembre -31 décembre 1914)Visite du président de la République

https://wp.me/p4mPAZ-5p4

9)Carnets de guerre de Louis Guédet (1 janvier-23 juin 1915 . Entre Reims, Paris et Saint-Martin aux Champs

https://wp.me/p4mPAZ-5sZ

(10) Carnets du rémois Louis Guédet (24 juin au 23 novembre 1915) Angoisse, découragement et déménagement dans une ville en ruines

https://wp.me/p4mPAZ-5t2

L’incendie de la cathédrale de Reims du 19 septembre 1914 aurait-il été prémédité ?

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est feu-cath3.jpg On croyait tout savoir sur l’incendie de la cathédrale de Reims survenu le 19 septembre 1914. Ce jour là,  un feu d’artifice bleu, vert, orangé, selon la fusion des métaux, détruisit dans un océan de flammes toute la toiture posée sur les poutres en chêne placées en 1481. Il effondra toute la voûte intérieure, dégrada la pierre, défigura des centaines de statues,  réduisit en cendres une bonne partie du mobilier de l’édifice, le plomb coulant à flot  via les gueules des gargouilles. La lecture des carnets du notaire rémois  Louis Guédet resté à Reims durant toute la première guerre mondiale apporte un éclairage intéressant sur l’événement. En bombardant principalement  le côté Nord de la cathédrale, les Allemands savaient qu’ils pouvaient très facilement incendier l’édifice.

voir aussi https://reimsactu.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=268&action=edit

« Guillaume II au ban de la civilisation »

La charpente de la cathédrale a totalement brulée
Louis Guédet

Louis Guédet raconte ce qu’il voit  le 19 septembre :

A  4h 10 je sortais pour voir mon Beau-père (…) Je pars vers la rue des Consuls, on dit que la Cathédrale brûle. J’arrive chez M. Bataille et du premier étage j’aperçois toute la toiture de la Cathédrale en feu : toutes les traverses qui soutenaient la couverture en plomb brûlent et forment comme un retable de langues de flammes. C’est magnifique dans son tragique, le carillon commence à flamber, ainsi que le clocher à l’Ange sud dont voit les langues de feu courir sur les nervures de la bâtisse en bois. Je distingue très bien une dernière langue de feu qui arrive à la pomme du sommet de ce clocher.

Le plomb fondu a coulé dans les gueules des gargouilles

Je cours jusqu’à la Cathédrale : tout brûle et le carillon s’effondre dans une gerbe gigantesque. De la rue Libergier où je me dirige l’effet est horrible et inoubliable de grandeur, des flammes qui jaillissent derrière les deux tours qui sont entourées de fumées et éclaircies par un soleil pâle d’automne. C’est grandiose, titanesque. La Grande Rose et la Petite Rose en dessous flamboient devant le brasier qui est à l’intérieur. Les grandes portes du grand portail et celles du petit portail brûlent et paraissent serties d’or et d’ornements de feu et de flammes ! Une plume ne peut décrire cela. La statue de Jeanne d’Arc, dans la fumée et les étincelles du brasier qui tourbillonnent autour d’elle, d’un geste vengeur brandit son épée auquel est attaché et claque au vent un drapeau tricolore. Je suis bien resté dix  minutes à la contempler, impassible sous le brasier. Le grand portail ne paraît pas avoir trop souffert, à part quelques éclatements de détails de statues provoqués soit par la chaleur ou la chute de matériaux qui achèvent de brûler sur la place. En s’attaquant à notre Cathédrale de Reims, un des Joyaux de la France qui rappelle l’Histoire de tout un Peuple pendant 20 siècles, Guillaume II s’est mis aujourd’hui au ban de la civilisation et cloué au pilori de l’Histoire ! »

Trois bidons de pétrole dans la tour Nord

L’oubli des bidons de pétrole avait-il été volontaire?

Louis Guédet avait toutes les raisons d’être horrifié par cet incendie dont il s’est toujours demandé s’il n’avait pas été doublement  prémédité.

Louis Guédet a récupéré un morceau du drapeau de la Croix Rouge

Ces trois bidons avaient-ils   été oubliés là volontairement pour enflammer la plate forme en bois lors d’un bombardement, le pétrole coulant alors par le trou de la clef de voute pour lécher ensuite l’échafaudage en bois et communiquer le feu à la toiture ?

Ceci expliquerait alors pourquoi les artilleurs allemands  se sont appliqués à bombarder surtout la tour Nord de la cathédrale.

S’ils ne savaient pas le 19 septembre que les bidons de pétrole avaient été enlevés ;  en bombardant avec des obus incendiaires, ils ont tout de même pu mettre directement le feu à l’échafaudage de la tour dressée en 1913.

Et tout cela, sans se préoccuper du tout du sort des dizaines de blessés allemands hébergés dans la cathédrale et  étendus sur des litières de paille qui elles aussi se sont embrasées lors du bombardement.

Des décennies de travaux

Le Rémois Henri Deneux

Plus de 300 obus sont tombés entre 1914 et 1918 sur la cathédrale. Heureusement, dès septembre 1914, Henri Deneux, directeur en chef des monuments historiques prend la peine de recueillir tous les fragments des voûtes, des croisés et des sculptures détruites.

Henri Deneux construit une charpente avec des petits éléments de béton de 20 cm de long et 4 cm d’épaisseur

Les grands travaux de restauration de l’édifice commencent dès 1919. Grâce à d’importants dons venus principalement des Etats-Unis (fondation Carnegie et John Rockefeller), mais aussi avec la mobilisation de  la société des Amis de la cathédrale, la cathédrale est consolidée en 1920 ; les murs, voûtes et hautes fenêtres restaurées en 1921. Mais c’est en 1927 que la grande nef est rouverte au culte, le transept étant encore clos par un mur. Pour réaliser une nouvelle charpente, l’architecte considérant qu’il n’était pas possible,  sans la surcharger dangereusement,   de remplacer tout le bois par de grandes fermes en béton,  utilise une vieille technique initiée par Philibert Delorme (1). Il construit une charpente avec des petits éléments de béton de 20 cm de long et 4 cm d’épaisseur reliés par un système de mortaises ou d’entaille, de clés en ciment et de clavettes en bois.

Tailleurs de pierre, maçons, sculpteurs s’activent jour après jour pour redonner meilleur visage à l’édifice. En 1937 le cardinal Suhard consacre la cathédrale où avaient été  remis après restauration les vitraux que  Jacques Simon  avait pu démonter avec l’aide des pompiers  sous les bombardements.

L’inauguration officielle de la cathédrale a lieu le 11 juillet 1938 avec deux jours de fête. Pour l’occasion le cardinal utilise le précieux calice de Saint Remi, organise une procession d’une cinquantaine de reliquaires. Vingt cinq personnes défilent en portant la lourde châsse de Saint Remi.

On est pourtant loin de la restauration complète … Qui ne se fera sans doute jamais.

En 1954 inauguration du vitrail de la Champagne de Jacques Simon suivie en 1974 par ceux de Marc Chagall.

Et les travaux continuent par tranches successives.

-(1989-1994 et 1996-1998) : restauration de la galerie des rois et du portail central ;

(1991)La cathédrale de Reims est classée au patrimoine mondial de l’Unesco ;

-(2001-2005) : restauration du portail sud ;

(2011)Dans le cadre de la réconciliation entamée dès 1962, inauguration de trois vitraux de Knoebel, artiste de Dusseldorf.

(2013-2016)A l’étage de la rose restauration de la statuaire.

(1)Pour faire face à une pénurie de bois en 1581 Philibert Delorme  avait remplacé les grandes et grosses pièces de bois habituellement utilisées pour faire des charpentes par des pièces courbes formées de nombreux morceaux de bois de faible épaisseur et de petite dimension. « Des pièces moisées à l’aide de chevilles de bois en chevauchant les joints. Les cerces étant reliées par des liens tenus par des clavettes. » Le plafond d’une chapelle a été fait avec cette technique au cimetière  du Nord  à Reims et Henri Deneux avait testé cette technique  avec succès, mais avec des petites plaques de béton  cette fois, pour restaurer l’église Saint Jacques de Reims.

Alain Moyat

Voir aussi 

https://reims1418.wordpress.com/2014/09/19/19-septembre-1914-la-cathedrale-assassinee/

https://reims1418.wordpress.com/2014/09/26/56journal-de-la-grande-guerre-29-septembre-1914-albert-londres-pleure-la-cathedrale-de-reims/

(vidéo) Les américains dans la Grande Guerre et la guerre des images

Un aviateur américain et la caméra installée sur le cockpit / © France 3 Lorraine / US National Archives

La série de France 3  sur les Américains pendant la Première Guerre mondiale s’intéresse aux images de la guerre. Quelle représentation avaient les américains de ce conflit ? Quelles images envoyaient-ils aux États-Unis ? Quels objectifs poursuivaient-ils? Régis Cael, réalisateur décrypte les archives.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/guerre-14-18-amercains-grande-guerre-guerre-images-1544018.html

14-18: la naissance de la superpuissance américaine

Il y a un siècle, l’entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale, le 6 avril 1917, faisait pencher un conflit indécis vers une victoire alliée. L’Amérique en est sortie comme la nouvelle puissance mondiale dominante.
En déclarant la guerre à l’Allemagne, les Etats-Unis engagent leur puissance industrielle et leur abondante main-d’?uvre au service des armées alliées, embourbées dans une éreintante guerre de tranchées.
« La Première Guerre mondiale a marqué le tournant d’un nouveau rôle mondial pour les États-Unis, inaugurant un siècle d’engagement international », explique Jennifer Keene, professeur d’histoire à l’université Chapman (Californie, ouest des Etats-Unis).
Depuis le début du conflit en août 1914, les Américains avaient opté pour la neutralité. Mais l’opinion publique change avec le naufrage en mai 1915 du Lusitania, un paquebot torpillé par un sous-marin allemand au large des côtes irlandaises. Plus de 1.200 passagers perdent la vie, dont 128 Américains.
« Il semble inconcevable que nous nous abstenions d’agir, car nous le devons non seulement à l’humanité, mais à notre propre estime de nous-même », déclare à l’époque l’ancien président Teddy Roosevelt (1901-1909).
– Guerre sous-marine –
Malgré un sentiment pro-allié, la majorité des Américains insistent sur la neutralité des Etats-Unis. Le secrétaire d’Etat Williams Jennings Bryan démissionne en juin 1915, devant ce qu’il juge un ton excessivement belliqueux du président Woodrow Wilson (1913-1921) à l’égard de l’Empire allemand.
Des milliers d’Américains se portent pourtant volontaires pour rejoindre les forces alliées. Plusieurs aviateurs rejoignent les forces aériennes françaises au sein de l’escadrille La Fayette.
Parallèlement, l’ex-président Teddy Roosevelt séduit une frange de la population qui craint qu’une défaite alliée n’entraîne l’occupation de certaines régions du Canada et des Antilles françaises par les troupes allemandes.
Dans les premiers mois de 1917, trois événements vont bouleverser l’équilibre en place.

La suite sur le site du Parisien http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/guerre-14-18-la-naissance-de-la-superpuissance-americaine-03-04-2017-6819996.php

 

Joseph Darnand, nettoyeur des tranchées

Joseph Darnand, le secrétaire général de la milice française, l’un des symboles de la collaboration avec l’Allemagne nazie durant la deuxième guerre mondiale, exécutée à la libération. Une personnalité, plus que controversée, qui fut pourtant l’un des héros, méconnus, de la Grande Guerre.

En juillet 1918, le sergent Darnand, 21 ans, se trouve à l’est de Reims, au cœur des monts de Champagne. A seulement 21 ans, ses supérieurs ne cessent de louer son courage et ses qualités naturelles de chef. A cette époque de l’année, l’Etat-major français soupçonne Guillaume II de préparer une grande offensive, censée être décisive mais il lui faut des renseignements. Joseph Darnand se voit alors confier 170 hommes et une mission bien précise : pénétrer au sein des lignes allemandes et en ramener un maximum de documents et de prisonniers.

A 20 heures, le 14 juillet, galvanisé par la fête nationale, le commando s’élance, grenades à la main. Très vite, les premiers postes de commandement allemand sont atteints. Pendant 40 minutes, Darnand et ses hommes inspectent les lieux et reviennent au sein des lignes françaises avec 27 prisonniers, des cartes et surtout des plans d’attaque. Une attaque allemande était programmée pour le soir même. Cela ressemble à une offensive généralisée. Alerté, le général Gouraud ordonne immédiatement à l’ensemble des troupes françaises de reculer de trois kilomètres.

Dans la nuit, les fantassins allemands s’enfoncent dans un territoire presque entièrement vide, volontairement déserté. Un piège qui va vite se refermer sur eux lorsque l’artillerie française entre en action. Près de 15 divisions allemandes sont décimées et le soir, Guillaume II ne peut que se rendre à l’évidence : sa grande offensive baptisée « l’offensive de la paix » a échoué. La guerre est perdue.

Pour avoir fait basculer le cours de la guerre grâce aux renseignements récoltés. En 1927, Joseph Darnand reçoit la légion d’honneur des mains du président Poincaré ainsi que le titre d’artisan de la victoire. L’un des trois seuls Français distingué de la sorte avec le maréchal Foch et Georges Clemenceau…

(Vidéo) guerre 14-18: l’histoire singulière du pont de Fismes

NNous sommes à Fismes dans la Marne, une petite ville près de la Picardie, traversée par un cours d’eau : la Vesle. Pour relier les deux rives, un pont aujourd’hui transformé en mémorial. Un ouvrage à l’histoire mouvementée !

Comme beaucoup d’autres communes, durant 4 ans Fismes change d’occupants au gré des combats entre Allemands et Français. A l’instar de ce pont, entre le centre-ville et le quartier de Fismette, l’un des symboles de la ville. En 1914, le génie français le fait partiellement sauter pour ralentir l’offensive allemande. Peine perdue, les Allemands arrivent sur place et entament l’occupation de la ville avec comme première décision, la remise en état du pont, indispensable pour permettre le passage des troupes.

Repassés sous contrôle français, en août 1918, le pont et ses alentours sont le théâtre d’intenses combats entre Allemands, dont les troupes sont dirigées par le Kronprinz, le prince-héritier lui-même. Les sammies (originaires de Pennsylvanie), comme on les surnomme, parviennent à s’emparer du pont et s’en servent notamment pour évacuer leurs blessés sous les balles allemandes avant que l’ouvrage ne soit complètement détruit par les combats. Une passerelle faite de planches en bois est alors construite pour assurer la liaison vers le quartier de Fismette. Pendant la guerre, ce secteur sera perdu et repris 5 fois. La ville sera détruite à 90 %.

Au lendemain de la guerre, pour rendre hommage aux soldats américains tombés à Fismes, l’état de Pennsylvanie finance la construction d’un nouveau pont à quelques mètres de l’ancien. Il fait 18 mètres de long et est composé de deux colonnes avec au sommet, deux statues représentant l’Agriculture et la Paix. Ce pont est l’un des seuls exemples de pont-mémorial en France et dans toute l’Europe.

source: le site de France 3 Grand est: https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/marne/histoires-14-18-histoire-singuliere-du-pont-fismes-1469471.html

Un riche dossier sur les as de l’aviation… Et tous les autres

Les aviateurs Roland Garros et Eugène Gilbert, en 1914, dont la photographie reparaît en 1916. (MAE).

Si vous êtes passionnés par l’aviation, précipitez vous sur le dossier réalisés sur « les as de l’aviation » durant la première guerre mondiale

“Le titre d’as de guerre, créé pour ceux qui avaient abattu cinq appareils ennemis ou davantage, fut attribué à 184 pilotes en France entre 1915 et 1918. Tous ces aviateurs ont manifesté les qualités qui procurent en combat aérien des victoires répétées.
Ils ont eu aussi la chance de ne pas tomber trop tôt sur des adversaires trop coriaces, d’être secondés par des équipiers vigilants et adroits ou d’être conduits par un chef de patrouille sûr, de survivre assez pour s’aguerrir. L’inventaire résultant est donc injuste : il exclut tous ceux qui, pourtant doués des qualités voulues, ont été trahis par le sort avant d’avoir totalisé le score requis”.

Général Lucien Robineau

source: https://www.hydroretro.net/etudegh/lesas.pdf