1052/20 juin 1917: Charles Vally, mutin,  fusillé

Charles Vally, mutin,  fusillé

Les mutineries de mai-juin 1917 effraient l’état-major. Il prend plusieurs mesures pour calmer le mouvement. La répression frappe plusieurs milliers d’hommes mais peu de condamnations à mort seront exécutées. Et ceux qui l’ont été pourraient avoir été tirés au sort. Comme le jeune Charles Vally, dans l’Aisne.

Ce 20 mai 1917, le 60ème bataillon de chasseurs à pied est enfin au repos . Il est temps. Depuis 1914, il a été de presque toutes les grandes batailles de la guerre : Lorraine, Artois, Verdun, Somme, chemin des dames. Ceux de 14 se compteraient presque sur les doigts d’une main.

Mais ce repos bien mérité n’est pas vraiment serein . Depuis quelques jours, des mutineries éclatent un peu partout le long du front. Et les chasseurs à pied sont pris dans le mouvement. Le commandant Belléculée doit faire face à la colère des soldats, toujours au même sujet : les permissions. Ils manifestent un peu mais surtout, dans la nuit du 4 au 5 juin, les 8èmes et 9èmes compagnies refusent de se mettre en tenue pour quitter leurs abris. Le lendemain, les mutins sont rassemblée, désarmés, encadrés et mis en état d’arrestation.

La hiérarchie veut faire un exemple et les procès ont lieu les 10 et 12 juin. Mal défendus, 16 militaires sont condamnés à mort. Seuls Vally et un clairon, Louis Flourac, seront exécutés.

Au total, 19 chasseurs ont refusé d’obéir . Selon l’enquête menée en 1925 à la demande de sa famille, Vally aurait été l’un des meneurs. Il haranguait les autres. Il était mal noté de sa hiérarchie : « esprit indiscipliné, très renfermé, tenant des propos très anarchistes « . Mais ceux qui ont vu leurs peines commuées n’étaient souvent pas mieux vus.

Dès lors, pourquoi Vally ? Presque un siècle après, personne n’a la réponse. Mais il est possible qu’un tirage au sort ait eu lieu pour désigner ceux qui allaient expier la faute. Quant aux autres, l’histoire ne dit pas ce qu’ils sont devenus. Nombre de mutins condamnés mais non exécutés ont ensuite été renvoyés en première ligne, sur des postes particulièrement dangereux. Une autre forme d’exécution, qui ne dit pas son nom.

source: http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/france-info-y-etait/20-juin-1917-charles-vally-mutin-fusille_1756055.html

lire aussi: http://www.blamont.info/textes852.html

https://books.google.fr/books?id=kCTABQAAQBAJ&pg=PA34&lpg=PA34&dq=charles+vally+fusill%C3%A9&source=bl&ots=ce_o8maw-P&sig=Fy1uiyAyUMjjYXCHJpz6wn6uDZ8&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj6jICPoJrUAhXHKsAKHS9NA3IQ6AEINzAD#v=onepage&q=charles%20vally%20fusill%C3%A9&f=false

Journal du mercredi 20 juin 1917 à travers Le Miroir

Violente lutte d’artillerie en Champagne, entre le mont Blond et le mont Cornillet. Une forte contre-attaque allemande sur les positions que nous avons conquises dans cette région a été brisée par nos feux. L’ennemi a subi des pertes sérieuses et a laissé de nouveaux prisonniers entre nos mains.
Des tentatives ennemies sur nos petits postes au nord de Saint-Quentin et vers la tranchée de Calonne ont échoué. Rencontres de patrouilles en forêt de Parroy; nous avons fait quelques prisonniers dont un officier.
Les Anglais ont exécuté des coups de main sur les positions allemandes au sud-est du Verguier et vers la route Bapaume-Cambrai. L’ennemi a eu un certain nombre de tués et ses abris ont été détruits. Nos alliés ont marqué une légère avance sur le champ de bataille d’Arras en faisant 35 prisonniers. 4 canons de campagne sont tombés entre leurs mains. Ils ont abattu 6 avions ennemis.
M. Hoffmann , chef du département politique au Conseil fédéral suisse a dû démissionner à la suite de la découverte d’un télégramme chiffré envoyé par lui à Petrograd et qui transmettait des propositions allemandes en vue d’une paix séparée avec la Russie.
Une crise ministérielle s’est produite à Vienne.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juin17.html

Pétain a cru aux chars

Dès le 20 juin 1917, Pétain  a demandé que soit lancée la fabrication de 1 500 chars pour le printemps de 1918 et, lors de la bataille de La Malmaison en octobre 1917, il leur fait jouer un rôle important. Enfin, il n’attaque jamais sans une concentration très forte de l’artillerie. La guerre de 1914-1917 est finie. Celle de 1918, qui annonce la Seconde Guerre mondiale, commence.

L’importance des changements apparait en pleine lumière lors de l’offensive de La Malmaison le 23 octobre, la veille de Caporetto. Le général Pétain osa relancer l’Armée française à l’assaut dans la zone des mutineries et de l’échec d’avril du général Nivelle. Et, cette fois, le Chemin des Dames tomba avec des faibles pertes: 16 000 hommes  -dont moins de 2 300 tués-  au lieu des 100 000 d’avril 1917. Cette victoire illustrait la nouvelle conduite de la guerre, rendit confiance dans le Haut-Commandement et recréa l’espérance de la victoire. Dès lors, les mutineries étaient entrées dans l’histoire.

La suite sur http://ufacbagnolet.over-blog.com/article-36007807.html

Louis Flourac, fusillé pour l’exemple

En Ariège, comme ils le font depuis plusieurs années, c’est autour du monument aux morts de Saint-Ybars qu’aujourd’hui, à 15 heures, se retrouveront les membres de la Libre-Pensée ariégeoise et tous ceux qui souhaiteront les accompagner dans ce combat contre l’oubli et l’infamie infligés à ces combattants.

Il faut rappeler que sur ce monument figure désormais le nom de Louis Flourac, jeune soldat de 24 ans qui fut, en juin 1917, l’un de ces trop nombreux soldats fusillés pour l’exemple (1) afin de «maintenir l’obéissance» dans les troupes.

source: la dépêche: http://www.ladepeche.fr/article/2012/11/11/1486219-se-souvenir-de-louis-flourac-et-de-tous-les-fusilles-pour-l-exemple.html

(video) https://www.youtube.com/watch?v=oUJyMBG4deo

1051/19 juin 1917: arrestation de Louis Bertho anarchiste

Arrestation de Louis Bertho anarchiste

Le 15 avril 1899 , naissance de Louis Bertho (dit Jules Lepetit) à Nantes.
Militant anarchiste et syndicaliste, porté disparu après un voyage à Moscou.
Il est d’abord ouvrier aux chantiers navals de Saint-Nazaire. Insoumis au service militaire, il échappe à des poursuites en prenant une fausse identité. En 1912, à Paris, il milite au sein de la fédération communiste anarchiste, mais aussi dans le syndicat des terrassiers. Il est définitivement exempté en 1915 pour « faiblesse générale ». Arrêté le 19 juin 1917 au siège du « Libertaire », il est condamné le 17 octobre à deux ans de prison pour publication clandestine du journal. Libéré en 1919, il poursuit son militantisme syndical. Invité au deuxième congrès de l’internationale communiste à Moscou, en juillet 1920, il s’y rend avec Raymond Lefebvre et Marcel Vergeat. Ils en repartent le 6 septembre après avoir rencontré Victor Serge et effectués un séjour en Ukraine. On perd ensuite leurs traces, portés disparus,vraisemblablement éliminés par les communistes.

source: http://www.ephemanar.net/avril15.html

Le roi George V change son nom de famille

Le 19 juin 1917, en pleine guerre mondiale et alors que le sentiment anti-allemand est très développé en Angleterre, le roi George V décide de changer son nom de famille à consonnance trop germanique Saxe-Coburg-Gotha en Windsor.

 

Journal du mardi 19 juin 1917 à travers Le Miroir

Activité marquée de l’artillerie dans la région de Laffaux, au Panthéon et dans le secteur Craonne-Chevreux.
En Champagne, nous avons réussi une opération de détail qui nous a rendus maîtres d’un système de tranchées allemandes formant saillant dans nos lignes sur un front de 500 mètres environ entre le mont Cornillet et le mont Blond. Nous avons fait, au cours de cette action 40 prisonniers dont un officier.
Les Allemands continuent à bombarder la ville de Reims. 2000 obus ont été lancés dans la journée. Un civil a été tué et 3 blessés.
Sur le front belge, grande activité d’artillerie dans la région Lizerne-Boesinghe. Durant la journée, légère canonnade sur toute la ligne. Sur le front britannique, l’ennemi a lancé à la faveur d’un bombardement, une forte attaque locale sur les positions conquises par nos alliés à l’est de Monchy-le-Preux. Les troupes anglaises ont dû abandonner certains postes avancés établis en avant de leur nouvelle position principale. Cette position principale demeure entre leurs mains.
En Macédoine, l’aviation britannique a bombardé avec succès la gare de Tomba, à 12 kilomètres de Serès, et plusieurs dépôts de munitions ennemis.
En Thessalie, l’avance de nos troupes continue à s’opérer sans difficulté. Toutes les communes de la région Larissa-Volo ont adhéré au mouvement vénizeliste.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juin17.html

1050/18 juin 1917: Georges Kugé condamné à mort

Carnets de guerre de Lucienne Courouble

Lundi 18 juin 1917

Orages. Canon enfin.

Annonce du logement dans quelques jours. Les matelas sont conduits à Sains. Ils renvoient les laines de couleurs et laines mélangées de crins. Après qu’on s’est esquinté à tout découdre et conduire ! Quel dé triage pour reconnaître les siens chacun !

Pas de farine encore. 150 gr de pain aujourd’hui.

Mardi 19 juin 1917.-Orages.

Canon nuit et jour. Perquisition.

Annonce :Ø  Les 24 personnes acceptées pour partir en France, partiront demain par nuit à 1 h du matin.

Cette fois seule la petite laine mélangée avec du crin ou petite laine de couleur n’est pas prise.

Le canon donne partout. Est-ce enfin l’offensive ?

Mercredi 20 juin 1917.-Chaud, averses.

Tous les fruits sont réquisitionnés. Payés ?

Déclarer tout le linge de maison et les lits de 1 personne. Les troupes arrivent demain ! ?. 20 000 à Fourmies Wignehies.

Perquisitions rue du Moulin, prennent une gouttière démontée !!

Demandent les baromètres ou thermomètres à mercure.

Canon moins fort, cesse déjà le soir.

La farine arrive enfin. Nous aurons du pain demain. (Pas trop tôt !)

Jeudi 21 juin 1917.-Pluie. Canon. Pain. Charbon.

Toute la laine est conduite.

Vendredi 22 juin 1917.-Canon.

Les rapatriés partis hier matin stationnent à Fourmies jusque mercredi.

Déclarer toutes les voitures à 2 roues et 4 roues.

Samedi 23 juin 1917.-Pas de canon. Désolation.

12 gardes champêtres nommés devront patrouiller toutes les nuits.

Demain conduire toutes les vaches déclarées sèches (Gare aux fraudeurs !)

Dimanche 24 juin 1917.-Aéros le matin. Pas un coup de canon.

Prennent 100 vaches. Faut 4 canards.

Lundi 25 juin 1917.-Aéros soir canon forme garde de nuit. En cas d’incendie de foin 4 otages enlevés. Ils disent que la Russie demande la paix ?

Comme on n’a pas fourni de cerises ni fraises, 50 marks d’amendes là où on en trouve. (Puisqu’il leur faut tout, qu’ils aillent quelque part il y en a !)

Mardi 26 juin 1917.-Canon après-midi.

Vont voir les cuves à la brasserie et les cuvelles pour la laiterie ou pour marmelade.

Soir, grand gendarme vient, visite la remise, regarde la voiture, l’écurie et c’est tout.

Les téléphonistes sont partis ce matin.

Mercredi 27 juin 1917.-Matin, un pilleur de métal veut prendre les garnitures de cuivre d’une armoire et les portes-bougies du piano et une patère.

À la brasserie enlèvent la cuve guillotine pour la laiterie.

Ordre arrive d’enlever tous les métaux.

Jeudi 28 juin 1917.-Viennent chercher 71 tonneaux, le reste suivra. Me promettent 1 bon.

Canon fort. On raconte qu’on va faire des lits partout, même dans l’église.

Les planches arrivent sans cesse. Pour ? Troupes ? Évacués ?

Les gendarmes trouvent et prennent 700 marks dans une maison. 13 soldats de la colonne partent demain ; le poste parti, des vieux remplacent.

La suite sur http://www.chtimiste.com/carnets/Courouble/Lucienne%20Courouble%201917%201918.htm

Chemin des Dames: « Albert, caporal du 75e RI, c’est la tombe 1774, pareille aux autres. Un soldat mort le 18 juin 1917 et c’est tout »

Français, Allemands, Italiens, Britanniques, Russes, Danois et Sénégalais reposent dans 21 cimetières autour du Chemin des Dames. En paix.

Elles font partie du paysage, ces vastes étendues de croix, de stèles, de plaques, chauffées par les printemps qui se succèdent depuis 1918 et glacées par autant d’hivers. Glaçantes aussi parfois en plein été. De froides traces de la guerre, de la Grande, « et quand on dit grande, c’est qu’il faut se rendre compte du massacre que ça a été », plante d’emblée Yves Fohlen, guide à la Caverne du Dragon.

Les cimetières militaires, 14 pour les seuls morts français, plantés dans le périmètre du chemin des Dames, racontent autant d’histoires qu’ils comportent de tombes.

Les cimetières, quelle rigueur ! mais quel désordre ça a été. La France n’en avait jamais créé de pareils

À Cerny, on croise Jean-Louis Chardonnet, Oulmane Mouloud- Michel Nivelle ou encore Albert Trutton. Albert, caporal du 75e RI, c’est la tombe 1774, pareille aux autres. Un soldat mort le 18 juin 1917 et c’est tout. Il faut chercher pour découvrir qu’ Albert Trutton, lui, a été « fusillé pour l’exemple », comme vingt-cinq autres de ses camarades (un autre s’est suicidé, un dernier s’est évadé).

Une histoire parmi des dizaines de milliers, évoquée -l’Elysée avait peu goûté l’initiative –, par Lionel Jospin lors de sa venue le 5 novembre 1998. Les « mutins », les rebelles, « pas des lâches en tout cas », signale le guide, sont dans la mémoire collective cent ans plus tard, mais toujours pas été réhabilités.

Les cimetières, quelle rigueur ! Mais quel désordre ça a été. La France n’en avait jamais créé de pareils avant. Des milliers de croix et de plaques. Les dates de naissance des tués ne figurent nulle part. « Ils étaient ou très jeunes, ou âgés », résume Yves Fohlen.

Des stèles musulmanes pas orientées vers la Mecque (à l’Est), des tombes indochinoises estampillées musulmanes et des Russes orthodoxes sous des croix chrétiennes, c’est aussi cela les nécropoles du Chemin des Dames. Tous les soldats ne sont enterrés dans ces cimetières. Des familles sont parfois revenues chercher les corps. D’ autres, bien identifiés, sont encore sur le champ de bataille. Un soldat originaire de Mexico repose derrière le monument des Basques. Reçoit-il autant de visites que ses compagnons d’arme ?

Yves Klein

Dans L’Union : http://www.lunion.fr/23821/article/2017-04-02/leur-dernier-abri-sous-des-hectares-de-terre-du-chemin-des-dames

Georges Kugé condamné à mort

 

Georges Kugé est né le 10 juin 1890 à Lessines. Ils est le fils de Charles Kugé, un horloger allemand d’Aix-la-Chapelle. Il commence sa formation d’horloger avec son père à l’âge de quatorze ans. Il se fera ensuite embaucher à Bruxelles puis, deux ans plus tard, ira se perfectionner en Allemagne.
A 21 ans, il retourne en Belgique et effectue son service militaire au 9e régiment de ligne.  Il travaille ensuite en Allemagne puis rentre à Lessines au chevet de son père souffrant. Au début de la guerre, il combat dans l’armée belge mais est réformé suite à une blessure reçue à Aerschot. Une fois rétabli, il s’installe à Bruxelles où il fait la rencontre du gendarme Victor Rémy qui le fait entrer en contact avec un service d’espionnage : de septembre 1915 à avril 1916, il va recueillir des renseignements dans tout le Hainaut avant de reprendre la direction du service. Le 14 octobre 1916, Georges Kugé est arrêté, ainsi que plusieurs de ses complices, et est conduit à la prison St. Gilles à Bruxelles où il passera 8 mois à se faire interroger. Il est condamné à mort le 18 juin 1917. Le 23 juin, son appel en grâce est rejeté. Il sera fusillé le matin du 25 juin 1917 au Tir National.

lu dans http://www.lessines-14-18.be/?page_id=64

Le caporal Truton fusillé

partie des hommes s’étaient cachés et une condamnation à mort prononcée.
Les mutins du 75e RI: après la mutinerie de Pargnan, le caporal Truton est condamné à mort par le Conseil de guerre le 10 juin 1917 pour «refus d’obéissance, étant commandé pour marcher contre l’ennemi». Il sera exécuté le 18 juin et inhumé au cimetière de Cerny-en-Laonnaois

Lire sur https://amicale2rima.fr/index.php/traditions/histoire-militaire/1495-la-faute-du-petit-caporal

Journal de guerre du lundi  18 juin 1917 à travers Le Miroir

Dans la région au nord-est de Cerny, l’ennemi a déclanché un feu violent sur nos positions de la Bovelle, tandis que ses détachements d’assaut se rassemblaient dans les tranchées. Notre artillerie a fait avorter ces préparatifs d’attaque et ramené le calme.
Plus à l’est, la lutte d’artillerie a pris un caractère d’extrême intensité dans le secteur d’Hurtebise. Des reconnaissances allemandes ont été dispersées par nos feux à l’est de Reims et au nord d’Emberménil.
En Woevre et dans les Vosges, à l’Helsenfurst, nous avons réussi des coups de main qui nous ont permis de ramener des prisonniers et de détruire de nombreux abris.
Sur le front britannique, canonnade près de Croisilles, aux abords de Lens et aux environs d’Ypres.
7 avions allemands ont été détruits par nos alliés.
Un zeppelin a été abattu au cours d’un raid sur l’Angleterre.
Les éclaireurs russes ont manifesté de l’activité dans la région de Lusetz. Fusillade sur le front roumain.
Activité d’artillerie sur le front Italien, en Carnie. Les batteries autrichiennes ont tiré contre les positions de nos alliés au Val Piccolo et au Val Grande. L’ennemi a subi des pertes en plusieurs rencontres partielles.

 

(vidéo)Alfred Dreyfus au chemin des dames

« Offensive ratée. Le chemin des Dames devant nous tient toujours. » L’homme qui écrit ces lignes, en  mai 1917, n’est pas un soldat ordinaire. Cet artilleur aurait eu mille raisons de ne pas participer à la guerre, et pourtant, cet Alsacien fait face à l’ennemi. Il s’appelle Alfred Dreyfus.

Alfred Dreyfus, c’est l’homme de « l’affaire ». En 1894, cet officier a été accusé d’espionnage au profit de l’Allemagne, condamné au bagne à perpétuité et dégradé. Dreyfus est innocent et sa famille se bat pour le prouver. Son tort ? Etre juif dans une France antisémite. Le proscrit de l’île du Diable est réhabilité en 1906 mais sa carrière brisée. Il prend une retraite anticipée et devient réserviste.

En 1914, Dreyfus a donc 55 ans et il brûle d’en découdre avec les Allemands, ces « hordes de barbares », comme il les dépeints. Commandant, il est affecté à la défense de Paris. Son fils, Pierre est sur le front. Les officiers tombent en nombre.

Fin 1916, Alfred Dreyfus rejoint le champ de bataille, à sa demande mais l’armée est cruelle et le place sous les ordres d’un anti-dreyfusard, le colonel Larpent. Des rapports entre les deux hommes, on ne sait rien : Dreyfus s’est fait un devoir de ne pas montrer sa souffrance. Dans ses lettres, il ne s’émeut guère des obus tombés à quelques mètres, félicite son fils qui se bat non loin de là. « C’est comme si nous étions aux antipodes, chacun ne voit que ce qui se passe devant lui ».

Nommé lieutenant-colonel, il est décoré de la légion d’honneur après la guerre. En 1930, le ministère lui refusera la carte du combattant Dreyfus est coupable d’être innocent.

source France 3 Hauts de France: http://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/picardie/aisne/histoires-14-18-alfred-dreyfus-au-chemin-dames-1254143.html

Cinéma : mise en lumière des tirailleurs sénégalais

En 1940 dans les Vosges, Addi Bâ, un jeune Guinéen est arrêté par les Allemands. Il réussit à s’évader et gagne le maquis dont il deviendra l’un des chefs. Addi Bâ a réellement existé. Il est arrivé en France à l’âge de 17 ans. En 1939, il s’engage dans l’armée française, dans les rangs des tirailleurs sénégalais. Mais avant de rejoindre le maquis, il est confronté aux dures lois de la guerre. Ce film rend hommage à Addi Bâ, ainsi qu’à tous ces anonymes qui se battaient pour la liberté.

Les oubliés de l’histoire

« Nos patriotes » met aussi en lumière le sort des tirailleurs sénégalais, ces oubliés de l’Histoire de France. « Je ne savais pas que ça avait existé, et c’est ça qui m’a beaucoup intéressé dans ce scénario. On découvre et on apprend une partie cachée de l’Histoire que les professeurs en école ne nous racontent pas », explique l’actrice Louane Emera. Arrêté, torturé, Addi Bâ est exécuté le 18 novembre 1943. En 2003, il est décoré de la médaille de la Résistance, 60 ans après sa mort.

Source: http://www.francetvinfo.fr/societe/guerre-de-14-18/cinema-mise-en-lumiere-des-tirailleurs-senegalais_2231111.html

vidéo: http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=250469.html

 

1049/17 juin: visite du président Poincaré à Reims

Visite du président Poincaré à Reims

Le dimanche 17 juin 1917 Raymond Poincaré vient à Reims remettre des décorations, et en particulier la Légion d’honneur à l’archevêque de Reims, monseigneur Luçon. La cérémonie se déroule dans le cellier d’expédition de la maison Werlé et Cie, 6 rue de Mars, où les services de la mairie sont installés depuis l’incendie de l’hôtel de ville du 3 mai 1917. Le Président de la république arrive à 14h30 en voiture. Il porte la tenue qu’il revêt habituellement pour se rendre sur les champs de bataille et qui est d’ailleurs souvent moquée pour sa ressemblance avec celle d’un chauffeur d’automobile : vareuse, jambières et casquette à visière de cuir. Il est accompagné d’une petite délégation d’officiels : Léon Bourgeois, ministre du travail et de la prévoyance sociale, les députés Camille Lenoir et Bertrand de Mun, les sénateurs Ernest Montfeuillard et Emile Vallé, le préfet, le sous-préfet, les généraux Fayolle, Micheler et Cadoux.

Arrivé dans la salle dont les murs laissent voir la trace d’une brèche faite par un obus allemand, le Président se dirige d’abord vers Mgr Luçon à qui il donne l’accolade puis salue le maire, Jean-Baptiste Langlet.  Il prononce ensuite un bref discours à l’attention des futurs décorés. En retour, le cardinal Luçon remercie, associant son clergé à l’honneur qui lui est fait. Raymond Poincaré remet alors la croix de la Légion d’honneur à chaque décoré, après qu’un colonel ait lu la citation le concernant. Sont ainsi distingués  le cardinal Luçon, Emile Charbonneaux et Jean de Bruignac, adjoints au maire, Monsieur Beauvais, directeur de l’école professionnelle, Monsieur Martin, secrétaire général de la sous-préfecture (qui sera tué d’un éclat d’obus le 28 juillet suivant), Paul Dramas rédacteur en chef de L’éclaireur de l’Est. Le docteur Harman, médecin des hôpitaux, fait aussi partie des récipiendaires mais n’a pas pu assister à la cérémonie.

La croix de guerre est ensuite décernée à Mlle Luigi, directrice de l’hôpital civil, et à Mme Tonnelier, directrice de l’hospice Noël-Caqué. Enfin, plusieurs Rémois sont cités à l’ordre du jour (corps d’armée, divisions, …) citation créé par le gouvernement dès l’automne 1914 pour célébrer le courage et le dévouement de personnalités civiles. Sont ainsi honorés Marcelot, chef-fontainier du Service des eaux ; Plichon, chef-mécanicien à l’Usine des eaux ; Raullaux, directeur du Service des eaux ; le docteur Gaube ; Palliet, commissaire central de police ; Speneux, commissaire de police du 3ème canton ; Grandin, chef du service du Ravitaillement ; Rousseaux, directeur de l’abattoir.

Selon le témoignage du Rémois Paul Hess, présent en tant que fonctionnaire municipal, et des journaux parisiens, en particulier La Croix, qui relatent la cérémonie, l’assistance est peu nombreuse. Outre les officiels, il n’y a que quelques membres du clergé accompagnant le cardinal Luçon, dont le chanoine Lecomte, secrétaire général de l’Archevêché, trois ou quatre dames et des représentants des services municipaux. Le service d’honneur est fait par seulement quatre hommes du 410e régiment d’infanterie, commandés par un lieutenant et escortant le drapeau du régiment. Deux ou trois gendarmes, venus en même temps que les voitures, restent à l’extérieur. Pendant le temps de la cérémonie, Paul Hess entend le bruit d’un avion qu’il pense sans doute chargé d’une surveillance au-dessus du local où a lieu la cérémonie. Après la cérémonie officielle Raymond Poincaré parcourt différents quartiers de la ville particulièrement éprouvés par les bombardements et s’arrête à la cathédrale. Il termine enfin par une visite à des blessés, tant civils que militaires. Il est à noter que le déplacement présidentiel se fait sous les bombardements allemands puisqu’on estime que ce jour-là 1 200 obus sont tombés sur la ville.

Raymond Poincaré revient encore à Reims fin septembre 1917, accompagné cette fois du roi d’Italie qui effectue alors un voyage officiel en France. Victor-Emmanuel III, arrivé à Belfort le 25 septembre, effectue ensuite, jusqu’au 30 septembre un périple qui le mène successivement  en Alsace, à Verdun, à Reims et sur le front de l’Aisne. Le passage à Reims a lieu dans l’après-midi du 27 septembre. Arrivés à la gare où les honneurs leur sont rendus, le Président de la république et le roi d’Italie, accompagnés des généraux Pétain et Gouraud, effectuent une visite à la cathédrale puis vont voir les décombres de l’hôtel de ville.

source:http://www.reims.fr/1311/23-visites-et-distinctions-a-reims-en-1917.htm

http://14-18.documentation-ra.com/2013/12/2013-11-les-missions-etrangeres-visitent-reims-en-1917/

Les pêcheur sur le bord de Seine

Guerre 1914-1918. L’ouverture de la pêche à Paris, le 17 juin 1917. Malgré l’interdiction par M. Viollette d’amorcer avec du pain et du blé, ils « furent innombrables sur les rives de la Seine ». « Et voilà une bonne excuse pour les pêcheurs qui revinrent bredouilles : « C’est de sa faute, je te dis ».

© Excelsior – L’Equipe / Roger-Viollet

Parution du Miroir

source: http://www.ebay.fr/itm/Le-Miroir-n-186-17-Juin-1917-Mavroudis-prince-Alexandre-Londres-Mont-Santo-/121796575470

Journal du dimanche 17 juin 1917

Canonnade assez vive sur le front de Champagne.
Près de Courcy, nous avons repris une tranchée dont tous les occupants ont été tués ou capturés.
Sur le front italien, à l’est du massif de l’Adamello, des détachements d’un bataillon alpin et des skieurs, malgré une défense acharnée de l’ennemi, ont attaqué la position de Corno-Cavento (3400 mètres d’altitude), qu’ils ont prise d’assaut. Les Italiens ont fait des prisonniers et capturé 2 canons de 75, un mortier et 4 mitrailleuses. Sur tout le front du plateau d’Asiago, l’ennemi a entretenu un violent feu d’artillerie.
Sur l’Ortigaro, les positions italiennes ont été de nouveau attaquées avec une extrême violence. L’ennemi a subi de très lourdes pertes; il lui a été fait 52 prisonniers. Une autre tentative a échoué dans la vallée de San Pellegrino. Des colonnes de camions autrichiens ont été atteints par l’artillerie italienne sur la route de Chiopovano ainsi que des détachements de troupes à l’est de Castagnovizza.
Les troupes franco-anglaises continuent à progresser en Thessalie au delà de Trikalu et de Colombaka.
M. Venizelos a envoyé un télégramme de remerciements à M. Ribot au nom de la Grèce libérée.
source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juin17.html

 

Villers-Marmery: à propos des mutineries

source: http://villers-marmery.fr/1418/17-Mutineries.pdf

 

1048/16 juin

Une lettre de  Pierre Lefevre fusillé le 16 juin 1917

Lettre de Pierre Lefèvre (né en 1897, fusillé le 16 juin 1917 à Soissons)
Seules la signature et la date sont de la main du fusillé (qui écrit d’ailleurs 1916 au lieu de 1917). La lettre, comme en témoignent le style, la composition et l’orthographe, a été rédigée par quelqu’un d’autre dans un but d’intimidation et d’appel au patriotisme.

 » Chers Camarades,

Dans quelques instants je vais être fusillé pour avoir pris part aux manifestations et aux actes d’indiscipline auxquels se sont livrés, il y a quelques jours, un trop grand nombre de nos camarades.
Au moment de mourir, je comprends la gravité d’une faute qui en affaiblissant le moral de l’armée, compromettait la victoire de la France.
Je demande pardon à la patrie de la faute commise.
Mais, en même temps, je demande à tous mes camarades de comprendre le sens de mon sacrifice.
C’est devant ma douleur de condamné à mort, devant le désespoir de ma famille si tendrement aimée, devant la France pour l’amour de laquelle j’aurais voulu mourir devant l’ennemi, que je les supplie tous de ne jamais plus se laisser entraîner à des actes d’indiscipline.

Victime de la faute commise, je leur demande d’avoir pitié de la France.
Je leur demande aussi e penser aux mal heureux qui pourraient être un jour condamnés comme moi parce qu’ils se seraient laissés prendre une minute aux mensongères paroles de quelques mauvais Français.
Oh ! je vous en supplie, devant ma mort, souvenez-vous toujours, chers Camarades, que tous les soldats de France sont solidaires et qu’une faute commune peut entraîner la mort de quelques-uns.
Que mon sang, versé dans de si effroyables conditions, serve à vous unir tous dans une même volonté de discipline et contribue de cette manière à la Victoire de la France.

Adieu !
Vive la France !
Priez pour moi. De là-haut, je le ferai pour vous.

http://moulindelangladure.typepad.fr/photos/photos_des_fusills_pour_l/d55portraitlelefevre.html

Journal du samedi 16 juin à travers Le Miroir

La journée a été calme sur notre front, sauf dans le secteur Hurtebise-Craonne où les deux artilleries continuent à se montrer actives.
Sur le front belge, lutte d’artillerie assez intense vers Schilderbrug et Steenstraete-Hetsas. Les aviateurs belges ont abattu deux appareils ennemis qui sont tombés dans les lignes adverses. Ce matin, un troisième avion allemand a été descendu en flammes vers Keyem. Les troupes britanniques ont attaqué au sud et à l’est de Messines et sur les deux rives du canal Ypres-Commines. La résistance de l’ennemi a été rapidement brisée et nos alliés ont atteint tous leurs objectifs sur ces deux points. Plus de 150 prisonniers, un obusier et 7 mitrailleuses sont restés entre leurs mains.
Des opérations qui font suite à la pression continue exercée par leurs troupes depuis le 7 juin leur assurent la possession des tranchées de première ligne allemande entre la Lys et la Warnave et avancent la ligne anglaise de 500 à 1000 mètres sur tout le front d’environ 11 kilomètres entre la Warnave et Klein-Zillebeke.
Un coup de main a été exécuté avec succès près de Lens.
Trois raids des Bulgares sur les positions anglaises, dans la région du lac Doiran, en Macédoine, ont été repoussés.
Canonnade sur la rive droite du Vardar et dans la boucle de la Cerna.
Les aviateurs britanniques ont bombardé la gare de Porna.
En Thessalie, nous avons occupé la voie Volo-Trikala.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juin17.html