Archives pour la catégorie journal de la Grande guerre

1592/11 décembre 1918

Chute de Nicolas Ier de Monténégro

Cela n’empêchera pas Nicolas Ier de perdre son trône, le 11 décembre 1918…. au profit de l’un de ses gendres, Pierre Ier de Serbie, rassembleur de tous les Slaves du Sud. Exilé en France, Nicolas mourra au cap d’Antibes, le 2 mars 1921, âgé de soixante dix neuf ans.

Quant au Monténégro, il ne recouvrera son indépendance qu’en 2006.

source: https://rienquentrenoussite.wordpress.com/2016/12/11/

Georges Duhamel prix Goncourt pour un ouvrage sur la Grande guerre

Georges Duhamel, à gauche, chirurgien sur le front

Engagé volontaire pour le service de santé militaire dès les premiers jours de la guerre, alors qu’il avait auparavant bénéficié d’une réforme médicale en raison de sa vue, il va pendant quatre ans occuper les fonctions de médecin aide-major dans des auto-chir, dans des situations souvent très exposées. Il participe notamment à la bataille de Verdun et à la bataille de la Somme.

De cette expérience traumatisante, naissent les récits qui le rendent célèbre : Vie des martyrs (1917) et surtout Civilisation (1918), livre-témoignage sur les ravages de la guerre pour lequel il reçoit le prix Goncourt, le 11 décembre 1918.

La Paix revenue, Georges Duhamel renonce à la chirurgie et se consacre à l’écriture.

« Sergent Gautier, j’ai fait ce que j’ai pu.

Endormez-vous avant que de mourir.

Vous ne saurez ni les jambes brisées

Que le couteau, tantôt, vous a ravies,

Et ni la mort enfoncée dans le ventre

Comme une sourde et froide certitude.

J’ai menti ! J’ai menti ! Vous ne le saurez point !

Endormez-vous, sergent, en souriant. »

Duhamel, Georges, « Quatre ballades », in Récits des temps de guerre, VI, Mercure de France, Paris, 1949, pp. 315-329.

source: http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/?q=content/georges-duhamel

Création de l’Union nationale des combattants

5 jours après l’Armistice est créée l’Union nationale des combattants, citée dans le Journal Officiel du 11 décembre 1918. Elle est reconnue d’utilité publique par décret du 20 mai 1920.

Georges Clemenceau et le Révérend père Brottier, deux hommes aussi peu semblables que l’eau et le feu, en sont les fondateurs. Clemenceau remet au premier trésorier de l’UNC la somme de 100 000 francs or, provenant d’un don d’une mère, dont le fils est tombé au combat.

L’Union nationale des combattants (UNC) a, d’emblée, vocation à accueillir les anciens combattants mais aussi les veuves et orphelins de guerre Aumônier des soldats, le père Brottier donne à l’UNC sa raison d’être en demandant aux Poilus, la paix revenue, de rester “ Unis comme au front ”. C’est lui qui insuffle à l’UNC les fondements spirituels, moraux, civiques et sociaux qui constituent aujourd’hui encore, et parce qu’ils sont toujours vrais, les valeurs de l’UNC.

Un comité provisoire est constitué, une structure nationale est créée pour mener à bien ce projet. Le général Léon Durand, héros du Grand Couronné de Nancy, tout récemment retraité, accepte d’en assumer la présidence. Des sections locales et des groupes départementaux se créent rapidement dans toute la France et outre-mer.
Les combattants de 1939-1945, ceux d’Indochine, d’Afrique du Nord, des théâtres d’opérations extérieurs (TOE), les Opex, les anciens du service militaire, tous soldats de la France, se retrouvent au sein de l’UNC dans le même esprit d’entraide et de camaraderie.

Journal du mercredi 11 décembre 1918

L’accueil que Strasbourg a fait au gouvernement de la République ne le cède en rien à celui qui a eu lieu à Metz. Ç’a été une journée d’enthousiasme profond et où s’exprimait toute l’âme d’un peuple.
L’armée britannique a atteint le Rhin entre Godesberg et Cologne.
La 3e armée américaine a atteint le Rhin de Rolandseck à Bohl. La ligne générale passe par Rolandseck, Brohl, Wassenach, Munstermaifeld et Rheinbollen.
La cavalerie belge est à Cerdingen.
Le gouvernement britannique a manifesté le désir de proposer à la conférence de la paix la suppression du service militaire obligatoire.
A Berlin, la situation demeure chaotique. Les meetings sont tenus par dizaines par les diverses fractions socialistes qui se menacent l’une l’autre. Mais Liebknecht semble moins abattu qu’on ne l’avait dît, et le gouvernement manifeste des inquiétudes. D’autre part, la réaction s’agite. D’importantes concentrations de troupes ont eu lieu dans la banlieue de Berlin, sous les ordres d’officiers qui refusent de discuter avec les comités d’ouvriers et soldats.
On annonce officiellement que M. Wilson sera le 22, l’hôte du roi d’Italie au Quirinal, et que, le 23, il rendra visite au pape au Vatican.
M. Lansing a fait savoir aux gouvernements de Berlin et de Vienne que s’ils avaient des réclamations à formuler, ils devaient les adresser à tous les alliés et non pas seulement a l’Amérique.
Le prince régent de Serbie a décidé de constituer un nouveau cabinet où entreront des représentants de toutes les parties du nouvel Etat Sud-Slave, qui comprendra, avec l’ancien royaume, la Croatie, la Dalmatie et la Slovénie.
Le Pérou a accepté la médiation de M. Wilson sans son litige avec le Chili.
Le Conseil national slovaque dément qu’il y ait eu des pogroms à Lemberg.
Lloyd George a prononcé un grand discours au sujet de l’abolition de la conscription.
Le comte Romanones a fait une déclaration au Sénat espagnol sur la politique qu’il compte suivre avec le nouveau cabinet.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/decembre18.html

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1591/10 décembre 1918

MM. Poincaré et Clémenceau à Mulhouse

source: http://cartespostales.eu/mulhouse/84178-MULHOUSE___MM__Poincar__et_Cl_menceau___Mulhouse_le_10_d_cembre_1918_-_tr_s_bon__tat.html

Journal du mardi 10 décembre 1918

MM. Poincaré et Clemenceau ont fait dans Metz une entrée triomphale. De vibrants discours ont été prononcés. Le bâton de maréchal a été remis officiellement à Pétain.
La 3e armée américaine a atteint la ligne Meckenheim- Kempenich.
Les combats continuent à Berlin. Le groupe Spartacus y prépare sa revanche. Ebert a refusé la présidence de la République et ordonné de mettre en liberté le Comité exécutif des ouvriers et soldats, mais il a fait entrer de nouvelles troupes dans la capitale.
Des troubles ont eu lieu aussi à Munich où Kurt Eisner a dit intervenir plusieurs fois.
La Suède a rompu avec le gouvernement bolchevik auquel elle reprochait la propagande organisée par l’envoyé Vorovsky.
Une bombe allemande a explosé à Gand en faisant de nombreuses victimes.
MM. Venizelos et Politis sont partis pour la France.
Le prince Alexandre de Serbie a dû ajourner son voyage à Paris car il veut avant tout reconstituer à nouveau le cabinet.
M. Wilson a offert sa médiation au Pérou et au Chili. Cette proposition, que l’Argentine secondera, semble avoir été bien accueillie par le gouvernement chilien.
Un certain nombre de grands industriels rhénans ont été emprisonnés sur l’ordre des conseils d’ouvriers et soldats, et inculpés de haute trahison.

 

1590/9 décembre 1918

Journal du lundi 9 décembre 1918

Les troupes britanniques ont atteint la ligne Rheinbach-Meilverwist-Bercheim, Wevelinchoven. Leurs éléments avancés sont entrés dans Cologne.
La cavalerie belge a occupé la partie de Dusseldorf située sur la rive gauche du Rhin. Toutes les relations avec la rive droite sont interdites. La cavalerie belge se dirige sur Clèves.
Les Américains ont atteint la ligne Rupperafh-Kempenich-Mayen-Simmern-Kellenbach.
Le général français Dupont, chargé de l’organisation et du rapatriement des prisonniers français est arrivé à Berlin. Il est descendu au palais de l’ancienne ambassade de France.
Des marins et des soldats, qui se réclamaient du gouvernement de Berlin, ont fait un coup de force et incarcéré le comité exécutif des ouvriers et soldats. Ils ont offert la présidence de la République allemande à Ebert, qui a réservé sa réponse. En tout cas, les commissaires du peuple ont donné ordre de libérer les membres du Comité exécutif. Les députés du centre catholique Trimborn et Barth ont tenu à Cologne une grande réunion à l’issue de laquelle a été décidée la création d’une république du Rhin, qui formerait un Etat dans l’Etat allemand.
La classe 1891 va être démobilisée.
Les bâtiments allemands qui étaient à Cronstadt sont rentrés dans leurs ports.
2000 avions ont été livrés par l’Allemagne.
D’après un rapport, neuf prisonniers français ont été assassinés au camp de Langnsalza, en Allemagne, et neuf autres blessés grièvement. Le gouvernement français est décidé à ne pas laisser ce forfait impuni.
Le Président de la République, les ministres et un grand nombre de parlementaires sont partis pour l’Alsace-Lorraine.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/decembre18.html

1589/8 décembre 1918: Philippe Pétain, Maréchal de France

La victoire en Alsace-Lorraine : le 8 décembre

Le 8 décembre, Poincaré et Clemenceau, accompagnés de nombreux généraux et de parlementaires, commencent leur voyage dans les villes d’ Alsace- Lorraine à Metz. Ici, des Messines vêtues du costume lorrain, encadrent le porte-drapeau d’un régiment et accueillent avec joie, les représentants de la République française.

source: http://archives.ecpad.fr/wp-content/uploads/2010/06/1918-12.pdf

Visite à Strasbourg

Après la visite officielle à Metz, la délégation française se rend le même jour à Strasbourg où le président de la République et le président du Conseil sont déjà attendus. Le drapeau du 246e RI attend le cortège qui doit se rendre à la cathédrale.

source: http://archives.ecpad.fr/wp-content/uploads/2010/06/1918-12.pdf

Le discours de Poincaré à Strasbourg

Extrait du discours prononcé à Metz le 8 décembre 1918 par M. Raymond Poincaré, président de la république, lors de son premier voyage en Lorraine reconquise :

« …Metz, l’antique cité gallo-romaine, qui a gardé, à travers les siècles, comme un témoignage de ses origines son vieux nom latin ; Metz qui fut autrefois une des digues de l’Occident contre le flot sans cesse grondant de l’invasion germanique ; Metz qui a parlé la langue romaine dont est peu à peu sorti notre français ; que les rois d’Austrasie ont, à plusieurs reprises, choisie comme capitale, qui a, pendant tout le Moyen Âge, conservé ses traditions et son idiome maternel ; Metz, dont la cathédrale a été bâtie par des artistes français, dont les archives contiennent les plus anciens manuscrits français, dont les chroniqueurs ont composé, en français, toutes les pages de votre histoire locale ; Metz, sur qui le Saint-Empire, dont l’Allemagne prussienne a usurpé l’héritage, n’a jamais eu qu’une autorité fictive ; Metz qui, avant même de se placer sous la protection de Henri II, s’était depuis longtemps tournée vers le roi de France, comme vers un tuteur de son choix et qui est définitivement entrée dans la communauté française en même temps que Toul, en même temps que l’héroïque Verdun ; Metz, contre qui se sont vainement épuisées les armées de Charles-Quint, qui proclama Henri III son Seigneur et souverain et qui fit plus tard à Henri IV une réception triomphale ; Metz, si fière aux XVIIe et XVIIIe siècles, du parlement qu’y avait installé Richelieu, si justement orgueilleuse des illustres fils qu’elle a donnés à la mère patrie, si jalouse de demeurer fidèle à l’esprit et au goût français, Metz a été, il y a quarante-huit ans, arrachée par la force à ses affections naturelles et à ses habitudes historiques, déviée de ses origines, déracinée de son passé, pour être jetée, frémissante et indignée, sous cette domination qui réveillait en elle des antipathies séculaires… »

source: https://saintvincentmetz.wordpress.com/2013/08/04/metz-vue-par-raymond-poincare-le-8-decembre-1918/

Philippe Pétain, Maréchal de France

source photo
https://www.flickr.com/photos/bmmetz/35402568672

En 1918 le 19 novembre Philippe Pétain sur la proposition du maréchal Foch reçoit à Metz son bâton de maréchal le 8 décembre 1918. Le 12 avril 1919, il est élu à l’Académie des Sciences Morales et Politiques, et le 5 juillet suivant, il fait son entrée à l’Académie Française au 18ème fauteuil ou il succède au maréchal Foch.

Pétain reçoit des mains du président Raymond Poincaré son bâton de maréchal, Source, SHD, les Chemins de mémoire

Cette auréole fait de ce fils de cultivateur de Cauchy-à-la-Tour dans le département du Pas de Calais un homme porteur d’un immense prestige, le peuple Français le lui a donné par son plébiscite lorsqu’il a pris, à 84 ans, après la débâcle de 1940, la charge du pays que personne ne voulait prendre. Philippe Pétain portait le prestige du vainqueur de Verdun, et ne pouvait être autre chose que l’homme qui sauverait la Nation de ce désastre. Général en chef de l’armée Française, il le restera jusqu’au 9 février 1931.

La suite sur le site de Mediapart: https://blogs.mediapart.fr/anido-mirolo/blog/160111/philippe-petain-marechal-de-france-suite-27

Parution du Miroir

L’État français se réinstallait en Alsace-Lorraine

Le 8 décembre 1918, le président de la République, Poincaré, le chef du gouvernement, Clemenceau, et une brochette de généraux présidaient à Metz une cérémonie marquant officiellement la réinstallation de l’État français en Alsace-Lorraine(1) après la victoire française à l’issue de la guerre de 1914-1918. Dans les images de cette période on ne voit que des foules en liesse accueillant l’armée et les autorités françaises. La réalité fut infiniment plus complexe.

la suite sur https://journal.lutte-ouvriere.org/2008/12/03/decembre-1918-letat-francais-se-reinstallait-en-alsace-lorraine_18921.html

Journal du dimanche 8 décembre 1918

Les députés d’Alsace-Lorraine, réunis en Assemblée nationale à Strasbourg, ont proclamé le rattachement indiscutable et définitif à la France des deux provinces délivrées.
L’arrivée de M. Wilson à Paris est retardée au 14.
M. Lloyd George, a réclamé une fois de plus le châtiment des responsables de la guerre. Il a estimé que l’Angleterre devrait être fermée aux Allemands. Il évalue à 200 milliards l’indemnité de guerre que la Grande-Bretagne peut demander au gouvernement de Berlin.
L’Allemagne refuse l’extradition de Talaat-pacha, ancien grand vizir.
Les bolcheviks ont envahi les pays baltes. La Livonie, l’Esthonie, la Courlande font appel aux alliés.
On annonce que l’armée nationale ukrainienne aurait pris Kiev et que Skoropatsky aurait été fusillé.
On publie l’acte de renonciation du kronprinz.
Le séparatisme rhénan inquiète de plus en plus les milieux officiels prussiens. Des troubles graves sont signalés à Berlin.
Un croiseur léger anglais, le Cassandre, a heurté une mine dans la Baltique. Il a coulé, onze marins ont disparu.
Les troupes britanniques ont continué leur marche vers Cologne et le Rhin. Elles ont atteint la ligne Blankenheim-Erfl.
Les troupes américaines ont atteint la ligne Nedelhoven-Doekweiler-Laubach-Briesch-Niederwoerresbach.
Le comte Karolyi représentera la Hongrie à la conférence de la paix et M. Ruy Barbosa, le Brésil.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/decembre18.html

1588/7décembre 1918: prisonnier fusillé en décembre 1918

Prisonnier fusillé en décembre 1918

Trouvé sur le forum 14-18

Henri Laurens est né é le 12 mai 1897 à Roquevidal, petite commune du Tarn. Fils de Louis et Auriol Paulonnie, il occupe un emploi de cultivateur. Inscrit sous le n° 23 de la liste de Cuq Toulza, le conseil de région le classe dans la première partie de la liste de 1915. Bon pour le service armé, il est incorporé le 10 janvier 1916 comme soldat de 2e classe au 153e de ligne. Henri Laurens change de régiment, et passe au 81e de ligne le 6 novembre 1916, pour ensuite être affecté au 133e de ligne le 29 avril 1917. Porté disparu au bois le Chaume le 9 novembre 1917 (AM n° 4243 K du 4 janvier 1918), il est en réalité fait prisonnier au camp de Dyrots, et déclaré décédé par ce camp à la date du 9 décembre 1918.

Sa fiche CICR

Laurens Henri soldat du 133e RI, fait prisonnier le 9 novembre 1917 et dirigé vers Montmédy le 13 décembre 1917 et ensuite vers le camp de Dyrotz

Une hypothèse…Je pense que le mot fusillé ne correspond pas à la situation. J’aurais tendance à penser à abattu, suite à ce vol, c’est à dire pour un délit de droit commun. Mais dans tous les cas une bien triste histoire. De nos jour le soldat Laurens repose à la nécropole nationale des prisonniers de Sarrebourg.

source: https://forum.pages14-18.com/viewtopic.php?f=3&t=9547&start=0

Lille, huit jours après l’Armistice

– [Samedi] 7 décembre [1918] : Après dix-huit jours d’absence nous retrouvons Lille sous l’occupation anglaise qui répare peu à peu les désastres boches. Déjà trois gares sont ouvertes au trafic, St André, La Madeleine et St Sauveur. On peut se rendre à Roubaix soit par le train ou le tramway Mongy (tarif doublé) qui fonctionne sur un tronçon. Quelques réverbères éclairent maintenant la ville. Le commerce renaît un peu. Viande, poisson, pommes de terre abondent. Le comité hispano-néerlandais a englobé le comité hollandais qui n’existe plus. Beurre : de 18 à 22 frs le kilo, sucre : 20 frs, café : 20 frs, les oeufs de 1 f 25 à 1 f 50 pièce. Ce soir le roi Georges V vient à Lille incognito au quartier du général Birdwood, nous avons l’occasion de le voir très nettement dans l’auto.

source: http://recherche.archives.somme.fr/ark:/58483/a011460448726kjuhyt

A propos du soldat inconnu

Le 7 décembre 1918, M. Crescitz propose à Clemenceau le transfert au Panthéon du corps d’un soldat inconnu.

source: http://www.bhpt.org/dossiers_thematiques/guerre1418/1918/1918-T3/pieces_jointes/soldatinconnu.pdf

Parution du Rire rouge

Un président américain à Brest

La Voix du Peuple, le journal des socialistes du Finistère, consacre des articles de plusieurs de ses numéros de décembre 1918 à célébrer celui qui est présenté comme « le Champion des Droits des Peuples », le « Défenseur de la Liberté » (7 décembre 1918). Le numéro du 13 décembre, publié le jour même de l’arrivée de Wilson, lui est même entièrement consacré. Sous un portrait du président, l’organe de la fédération finistérienne de la SFIO reprend un long texte du syndicaliste Alphonse Merrheim, secrétaire de la Fédération des métaux à la CGT, célébrant celui qui est présenté comme voulant « une paix sans vaincu », « la réparation des torts mais [sans] représailles » – bref, 6 mois avant le Traité de Versailles, des positions très éloignées de celles de la France de Clemenceau, qui prévaudront d’ailleurs très largement.

Quand « festivités » rime avec « bretonnité »

Les initiatives se multiplient donc à Brest, diverses et, pour une part complémentaires. Sans surprise, le gouvernement envoie dans le Finistère plusieurs ministres – à commencer par celui des Affaires étrangères – qui doivent accueillir le président américain. Mais, sur place, la municipalité et un comité de réception, rapidement formé à la nouvelle de l’arrivée prochaine du grand hôte américain et dirigé par le conservateur du musée de la ville, M. Léonard, ont tout fait pour que ce moment constitue une page à part dans l’histoire de Brest dans la Grande Guerre, ce dont témoigne entre autres la presse locale.

source: http://enenvor.fr/eeo_actu/wwi/un_president_americain_a_brest_woodrow_wilson_les_bretons_et_la_cgt_13_decembre_1918.html

Parution de La Française

79 – Right

source: https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0000538883/1918/12/07

Journal du samedi 7 décembre 1918

Le roi des Belges et M. Poincaré ont échangé des toasts chaleureux. Il y a été hautement déclaré que la Belgique renonçait pour l’avenir à la neutralité garantie et qu’elle revendiquait la plénitude de sa souveraineté.
Les troupes britanniques progressant vers le Rhin, ont atteint la ligne Kronenberg-Schleiden-Duren.
Les Belges ont occupé Neuss et Odenkirchen. Les Américains ont pris la ligne GlaadtVallenborn-Daun-Ringelkopf.
Les clauses financières de l’armistice ont été arrêtées à Spa. L’Allemagne ne pourra aliéner, concéder, hypothéquer ses chemins de fer, mines, bois, ni les entreprises dans lesquelles l’Etat possède des intérêts. Elle ne pourra touché aux valeurs étrangères appartenant à l’Etat, à l’encaisse-or de la Reichsbank que dans des conditions déterminées. Elle rendra aux autorités françaises ou belges les titres et valeurs pris dans le nord de la France et en Belgique. Elle restituera les bons de monnaie de villes, chambres de commerce ou autres qu’elle a en sa possession, les archives publiques, privées et les comptabilités. Elle restituera dans le courant du mois l’encaisse et les billets de la Banque nationale de Belgique, ainsi que les avoirs des banques françaises et belges qu’elle a enlevés et convertis en marks.
De graves désordres ont éclaté à Cologne et à Essen. La situation est critique en Allemagne, dit le commissaire du peuple Barth.
M. Lloyd George a fait un nouvel exposé pour les élections. Il annonce sa ferme volonté et celle de tous les alliés d’obtenir le châtiment des responsables de la guerre et formule son programme électoral en matière économique et ouvrière.
Bien que le comte Romanones ait formé son cabinet à Madrid, la situation reste difficile dans la Péninsule.

 

1586/6 décembre 1918

L’administration française s’établit en Alsace-Lorraine

Une tâche immense et délicate attend les autorités françaises qui s’installent à Strasbourg, Metz et Colmar au cours des semaines qui suivent l’Armistice du 11 novembre 1918. Le gouvernement et l’administration peuvent toutefois s’appuyer sur les réflexions conduites par différentes instances chargées, depuis 1915, d’étudier le devenir de l’Alsace-Lorraine dans le cas d’une victoire française. Mais à l’automne 1918, l’équipe constituée autour de Clemenceau fait le choix de l’assimilation rapide : nomination de commissaires de la République chargés d’administrer l’ancien Reichsland selon une logique départementale, liquidation des institutions régionales -en particulier du Landtag-, congédiement des fonctionnaires allemands. Cette organisation nouvelle est bien éloignée des recommandations prudentes formulées par la Conférence d’Alsace-Lorraine.

Les alertes répétées émanant de personnalités politiques locales, le mécontentement grandissant de la population parviennent toutefois à dessiller les yeux des fonctionnaires gouvernementaux. La mise en place d’un commissariat général de la République à Strasbourg au printemps 1919 rend compte des orientations nouvelles du gouvernement dans le sens de la déconcentration des pouvoirs et d’une meilleure prise en compte du « fait régional » en Alsace.

source: https://journals.openedition.org/alsace/1951

70 morts dans un train de permissionnaires

 

6 décembre 1918 –  4 h du mat – Entre Luant et Lothiers (36)
Les Permissionnaires

Après 4 ans de guerre, parfois 6 ou 7 ans sous les drapeaux (pour les classes 1911-1913), les hommes épuisés ont hâte de rentrer chez eux. Ils retournent dans leurs casernes et attendent leur tour de permission, en attendant que viennent leur démobilisation.

Les accidents ferroviaires furent hélas nombreux entre
1914-1918 et celui de Saint-Jean-de-Maurienne reste le plus couramment cité. le 12 décembre 1917, 435 soldats partant en permission pour Noël furent tués.

Le Vendredi 6 décembre 1918 – La guerre est finie, deux trains de permissionnaires circulent sur la voie au sud de Châteauroux. A 4 heures du matin, dans le brouillard, le second train vient percuter le premier arrêté près de Lothiers : 70 morts et 151 blessés.

source: http://memorialmoissac.blogspot.com/2015/06/x-comme-xbre-1918.html

Journal du vendredi 6 décembre 1918

Le roi et la reine des Belges, accompagnés de leur fils ainé, sont arrivés à Paris, où ils ont été chaudement acclamés.
La 3e armée américaine, continuant sa marche au sud de la Moselle, a atteint la ligne Berncastel-Malborn-Otzenhausen.
Les Allemands, commençant leurs restitutions, ont remis une somme de 300 millions en or, provenant du trésor russe. Ils ont restitué également des objets d’art. On estime, qu’ils en avaient pris pour 2 milliards.
M. de Romanones a renoncé à former à Madrid un cabinet de coalition. Devant le refus des autres chefs de partis de collaborer avec lui, il a pris la décision de constituer un cabinet purement libéral.
M. Wilson a manifesté l’intention de rester environ six semaines en Europe. Il ira en Angleterre, en Italie, et peut-être en Belgique. Au cours de son voyage à Rome, il irait rendre visite à Benoît XV.
Kurt Eisner semble redevenir en faveur à Munich, après avoir provoqué contre ses actes une vive opposition.
L’Entente a refusé d’adoucir les conditions de l’armistice naval conclu avec l’Allemagne.
La première journée des élections anglaises – celle de la proclamation des candidats qui n’ont pas de concurrents – a donné soixante-quatre élus à la coalition libérale-conservatrice, c’est-à-dire gouvernementale; quatre au parti Asquith, douze aux travaillistes et vingt-quatre aux Sinn Feiners d’Irlande.
Les troupes franco-anglaises ont été chaleureusement accueillies à Bucarest.
Charles 1er aurait manifesté le désir d’être candidat à la Constituante autrichienne.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/decembre18.html

1586/5 décembre 1918

(Suite) Les femmes invitées à arrêter de travailler

L’Armistice est signé à Rethondes. Parisiens et Alliés se réunissent pour chanter La Marseillaise à Paris autour de Madame Chenal de l’Opéra. Dans cette foule joyeuse, se mêlent tous les uniformes mais aussi beaucoup de rubans noirs de deuil.
Quelle reconnaissance pour les femmes, soutiens des soldats ?  Dès le 13 novembre les ouvrières sont invitées à quitter les usines par la loi Loucheur, avec une indemnité de départ de un mois de salaire si elles partent avant le 5 décembre 1918.  Si les usines de la Défense nationale peuvent payer, de nombreuses petites usines laisseront partir les ouvrières sans aucune indemnisation. Les fabrications d’armes s’arrêtent avec l’Armistice, et il faut que les soldats retrouvent leurs femmes à la maison.

Quelle reconnaissance pour les femmes ?  

Les quelques améliorations législatives dans le but de redonner des enfants à la France, sont en fait les principales ‘’récompenses’’ qu’obtiendront les femmes. Par contre si elles sont dénoncées comme ayant avorté, elles vont en prison. Les journaux locaux sans donner les noms indiquent de quelles villes ou de quels villages elles proviennent !  Quelles différences avec la plupart de leurs consœurs féministes en Europe et en Turquie. Il faudra une Seconde Guerre mondiale pour que les Françaises ‘’résistantes’’ obtiennent enfin le droit de vote.

Cette méfiance vis-à-vis des femmes est sensible également dans les instances internationales d’après- guerre : ni la Société des Nations, ni la Croix-Rouge internationale ne font appel à elles au début de leur organisation. En 1919, Jeanne Bouvier, féministe et cégétiste française écrira dans ses Mémoires : « Je pensais que les hommes en rentrant dans la vie civile sauraient apprécier ce que les femmes avaient fait en leur absence. J’espérais aussi que les années passées dans les tranchées auraient fait disparaître le sectarisme de ceux qui de 1910 à 1912 avaient fait une guerre acharnée aux syndicalistes féminins qui siégeaient à la Bourse de Paris ».

source: http://le-souvenir-francais.fr/la-lettre/loeil-de-lhistorienne-chantal-antier/

Parution de La baïonnette

Les Belges à la reconquête de la Belgique

La victoria (voiture cheval) du roi des Belges et du président de la République traversant la place de la Concorde, à Paris, le 5 décembre 1918. Source : l’album de la guerre 1914-1919. © L’illustration
Le roi Albert 1er. Source : Wikimedia Commons – libre de droits

Au cours de la période qui sépare la fin de la guerre de mouvement en 1914, la guerre de position ponctuée par les assauts au gaz allemands sur l’Yser, au cours de l’année 1915, et sa participation aux côtés des Anglo-Français à la deuxième bataille des Flandres entre les mois de juillet et d’octobre 1917, l’armée belge emmenée par Sa Majesté Albert Ier, le « Roi Soldat », ne cesse de poursuivre la lutte. (…)

Le 5 décembre, le roi Albert 1er, la reine Elisabeth et le prince héritier Léopold, sont accueillis en héros par les Parisiens, lors d’une visite officielle.

http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/1918-les-belges-la-reconquete-de-la-belgique

Journal du jeudi 5 décembre 1918

M. Wilson a quitté les Etats-Unis. Il sera le 12 à Brest et le 13 à Paris.
La conférence de Londres s’est séparée : elle s’est mise d’accord sur le cas du kaiser et a également délibéré, sur l’armistice. MM. Clemenceau et le maréchal Foch ont quitté l’Angleterre. Le colonel House, souffrant, n’a pu assister aux délibérations de Londres.
L’assemblée monténégrine, réunie à Podgoritza. a déclaré Nicolas Ier déchu du trône monténégrin. Le Monténégro se réunira à la Serbie sous la dynastie des Karageorgevitch et entre dans la patrie commune du peuple à trois dénominations; celui des Serbes, des Croates et des Slovènes. Un conseil national sera élu pour gouverner les affaires de la Serbie et du Monténégro réunis.
D’après certaines nouvelles, le roi de Bulgarie Boris se retirerait.
La presse suisse demande la démission de trois conseillers fédéraux taxés de germanophilie. L’un d’eux, M.Muller, a déclaré renoncer à la présidence de la Confédération.
Le cabinet espagnol, présidé par M. Garcia Prieto, est démissionnaire. M. de Romanones a été chargé de former le cabinet.
La 3e armée américaine, dans sa marche en Allemagne, a atteint la ligne Dalhem-Berncastel-Steinberg.

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