608/journal de la grande guerre: 2 avril 1916

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Près de 1.000 obus tombés dans la journée

Par une matinée idéale de printemps, les obus commencent brusquement à siffler à 10 heures. A ce moment, je suis occupé à mettre mes notes à jour, au bureau- travail distrayant que j’effectue autant que possible dans ces conditions. Je m’étais proposé en quittant ce matin le 8, de la Place Amélie Doublié, de profiter,du beau temps pour faire ensuite, avant d’y entrer pour midi, une longue promenade; en raison de cet imprévu, je continue simplement à inscrire mes impressions.

Vers 10 h 45, les sifflements, qui avaient cessé pendant quelques minutes, reprennent et les explosions se rapprochent de l’hôtel de ville. Les détonations des départs s’entendent fort bien, se succédant rapidement jusqu’à 11/1/4. Aussi quelques instants après, je juge à propos d’essayer de profiter du calme pour regagner la place Amélie Doublié en passant, comme toujours, par la Place de la République.

A partir de midi, le bombardement reprend, il est plus violent. La curiosité me vient, en déjeunant, de compter montre en main, les arrivées qui se suivent assez vite; elles sont de huit à douze à la minute , pendant trois quarts d’heure. Un ralentissement se produit, puis l’accalmie vient. Il est 13h1/2.

Par prudence, j’attends encore, et à 14 heures, le bombardement me paraissant terminé, je pars en ville (…)je décide d’aller jusqu’à la maison de mon beau-père 57 rue du Jard (…)

(…)Place de la République sept trous d’obus ont été creusés dans le pavage, par les explosions autour de la fontaine, dont le bassin a été crevé par un huitième engin. La maison N°8 de la place a été fortement touchée (…)Un grand entonnoir existe dans le square de la mission, le boulingrin a été labouré par endroits, enfin, de vingt-cinq à trente projectiles sont tombés là, dans un faible rayon (…)

Paul Hess traverse la rue Gambetta pour descendre la rue de Vesle .

(…)Une jeune fille vient d’être tuée au café de la petite Poste.

Après un arrêt au 57 rue du Jard, Paul Hess reprend sa route mais doit s’arrêter chez M. Kneppert, boulanger, 55, rue Gambetta et même descendre à l’abri avec toute la famille dans la cave patienter une demi-heure, puisque les projectiles continuent à exploser dans les environs. Enfin, je puis reprendre mon chemin, il est alors 17 heures, le bombardement est terminé. Je reviens par la rue du Barboter où je vois avec quelque  étonnement, des jeunes filles munies de raquettes jouer au volant au milieu de la chaussée (…)

(…)Arrivé Place des marchés je remarque les dégâts causés aux halles par un obus qui en a traversé le toit pour éclater à l’intérieur (…)

(…)Pendant cette journée mille obus, à peu près, ont été tirés sur la ville; les victimes sont cinq tués et une trentaine de blessés civils

Journal du dimanche 2 avril 1916 à travers Le Miroir

En Belgique, nous bombardons les cantonnements ennemis de Langemark (nord-est d’Ypres).
Au nord de l’Aisne, activité d’artillerie dans les régions de Moulin-sous-Touvent et de Fontenay.
En Argonne, uous canonnons les organisations allemandes au nord de la Harazée, à la Fille-Morte et les campements de la partie nord du bois de Cheppy.
A l’ouest de la Meuse, bombardement intense de nos positions entre Avocourt et Malancourt.
A l’est, dans la région de Vaux, l’ennemi a déclanché trois attaques à gros effectifs : la première a été arrêtée par nos tirs de barrages et nos feux d’infanterie avant d’avoir abordé nos lignes; au cours de la seconde, les Allemands, après une lutte très vive, ont pris pied dans la partie ouest du village que nous occupions. Une troisième attaque sur le ravin entre le fort de Douaumont et le village de Vaux a échoué devant nos tirs de barrage.
Canonnade en Woëvre.
Un raid de zeppelins a eu lieu sur la côte orientale de l’Angleterre. L’un des dirigeables, atteint par un obus, a coulé à l’entrée de la Tamise.
La Hollande a suspendu les permissions des militaires et les Chambres ont été convoquées d’urgence. Ces mesures se rattacheraient aux incidents de la guerre sous-marine.

Le rémois Kéraval mort le 2 avril 1916 repose au cimetière de Corbie

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En parcourant les allées, quelques tombes de combattants de la Grande Guerre se devinent aisément en remarquant les petites plaques où sont apposées les reproductions de Croix de Guerre ou de Médaille Militaire. Ainsi, repose dans le caveau de sa famille, originaire de l’est de la France, Yves Keraval (photo 5), né le 2 mars 1892 à Nancy, lieutenant-observateur (escadrille Spa 261) du 28ème R.A., tué à l’ennemi, au cours d’une mission, le 27 août 1918 à Noirémont, dans l’Oise. Son frère, Raymond (photo 3), né le 23 août 1895 à Reims, soldat au 31ème bataillon de chasseurs à pied, disparu à Verdun deux ans plus tôt, le 2 avril 1916, a été tué, lui, à l’étang de Vaux.

http://www.picardie1418.com/fr/decouvrir/cimetiere-communal-de-corbie.php

Les huiles de Lucien Jonas

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Un officier britannique, forcément flegmatique, pour la couverture du 2 avril 1916.

Lucien Jonas (1880(1947), originaire du nord de la France, est un peintre agréé, en 1915, « peintre militaire, attaché au musée de l’armée » (je crois que cette catégorie existe toujours, en tout cas il y a régulièrement des expositions à Paris). Il parcourt tout le Front et réalise « au total, 700 à 800 panneaux à l’huile, et près de 4 000 dessins reproduits en grand nombre dans L’IllustrationLes AnnalesLectures pour tous et dans les journaux alliés » (source wikipedia). En 1916, il est nommé peintre officiel de la Marine

http://www.niftyfifty-and-the-city.com/la-grande-guerre-1914-1918-vue-par-les-annales/

LA CARTE PPOSTALE DU JOUR

3 avril 1916

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