1392/26mai 1918

Cà bouge au Chemin des Dames

Le projet de percée allemande sur la Marne, entre Laon et Soissons, est connu des services de renseignements. A partir du 24 mai, des régiments entiers sont déversés dans la région pour faire front à une éventuelle attaque. Le 26 mai à 23 h 40, la VIème armée regroupée dans les environs de Fismes, à quelques kilomètres au sud de l’Aisne, reçoit l’ordre de marche annonçant « l’imminence d’une attaque ennemie (…) d’après les déclarations de prisonniers qui viennent d’être capturés » .
Ce 26 mai 1918, l’armée allemande est positionnée sur une ligne parallèle au Chemin des Dames, entre Soissons et Reims. Dans la nuit du 26 au 27 mai, l’attaque est confirmée par les tirs soutenus de l’artillerie ennemie tandis que les poilus tenant les positions les plus avancées sur le front sont incommodés par les gaz en provenance du nord. L’offensive est lancée à la pointe du jour.
« Puis cela a été le fameux printemps de 1918. L’issue fatale approchait, je la voyais venir » . La troisième compagnie du 156ème régiment d’infanterie placée sous le commandement du capitaine Houdard est cantonnée dans le secteur de Vailly-sur-Aisne où elle a été amenée par camion, dans la nuit du 26 au 27 mai, aux environs de minuit. Exactement au point précis où, dans la journée du 27 mai, les troupes françaises se heurteront de plein fouet à la première vague – fulgurante – de l’armada allemande. « Les balles crépitent de tous côtés, les obus éclatent autour de nous » , se souvient Alfred Ponsinet, soldat de deuxième classe servant sous les ordres du lieutenant Bousquet. Joe Bousquet lui-même raconte plus tard à son ami Carlo Suarès : « Il faisait très chaud dans le bois de chênes verts que nous avions traversé pour prendre position. (…) Au débouché du bois, il y avait un officier d’artillerie blessé en conversation avec notre colonel un peu pâle. Toute la ligne avait sauté. Dix divisions allemandes s’étaient ruées dans la brêche (…) On a engagé deux compagnies qui se sont fondues. A cinq heures du soir, j’ai reçu l’ordre de me porter à leur secours. (…) J’ai déployé mes hommes sur un plateau couvert de cultures. Les premiers obus arrivaient (…) J’avais reçu cet ordre cruel qui tient en peu de mots et qui dit tant : tenir coûte que coûte ! Je comptais des yeux les hommes qu’il fallait faire tuer avec moi ».

la suite sur http://lepervierincassable.net/spip.php?article252

Printemps agité  à Metz

Dimanche 19 mai 1918. Pentecôte – « Bons jours, de fête pour moi. Papa est revenu depuis le 10 mai, bien changé, très maigri et fatigué. À force de soins, je pense le remonter assez vite. Du reste, j’en suis au même point. Ce manque continuel de fortifiants me fatigue durablement et comme j’ai été sans bonnes durant six grandes semaines, mes forces n’ont pu augmenter. Pierre nous écrit qu’il est définitivement attaché au Kriegs-lazaret de Bialystok. Dans quelques semaines, il viendra sans doute en permission. »

Dimanche 26 mai 1918. – « Les avions ne nous laissent plus de repos. Nuit et jour, ils sont là. Ils ont même causé de grands dégâts en ville. Les nuits surtout sont terribles et ces continuelles insomnies nous miment complètement. »

Samedi 1er juin 1918. – « Comme notre bonheur a été de courte durée. Aujourd’hui, 1er juin, je suis de nouveau seule. Papa a de nouveau été expulsé pour trois mois à cause d’une sottise énorme qu’il a commise pendant son séjour à Niesky. Cet homme est incorrigible et manquera toute sa vie de réflexion. Il suit ses impulsions bonnes ou mauvaises, sans réfléchir aux conséquences qu’elles peuvent avoir. Il nous rend tous malheureux avec lui. J’attends de ses nouvelles. Il est allé dans le Palatinat chez Monsieur Abresch, à Neustadt, espérant trouver de l’occupation là-bas. »

Lundi 3 juin 1918. – « Le temps reste au beau sec et le vent du nord dessèche tout. Ce sera un vrai désastre si la pluie ne vient pas. »

Lundi 17 juin 1918. – « La pluie est enfin arrivée et elle a l’air de vouloir durer. En même temps, elle nous a amené un froid qui ne sent pas du tout l’été. On serait presque tenté de faire du feu. Les nouvelles de papa sont très bonnes, il a l’air content de son sort. Tant mieux.

– Pierre est à Grodno. Lui aussi est plus heureux, car à Bialystok, il ne l’était guère. Je le sentais dans toutes ses lettres et en éprouvais un profond chagrin.

On parle beaucoup de pourparlers de paix en ce moment. Je crois vraiment que la fin de la guerre n’est plus si éloignée. Du reste, les journaux du 16 nous ont annoncé que nous serons privés de viande pendant quelques mois et que les aliments diminuent sensiblement. Nous dit-on cela pour donner une raison à la paix qui se prépare ? Elle serait valable sûrement. Ce manque d’alimentation nous rend si anémique. Souvent la faim m’empêche de dormir ; nous ne mangeons de viande que deux jours par semaine, et si peu. On ne trouve ni lapins ni volailles. Par moments, j’ai du mal à écrire une lettre, je ne puis trouver ni mes mots ni réunir mes idées.

https://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-metz-ville/2015/07/12/metz-au-printemps-1918-lina-welter-raconte

Parution du Petit écho de la mode

https://www.pinterest.fr/pin/485544403548539749/

Journal du dimanche 26 mai 1918

Nous avons repoussé deux coups de main ennemis, l’un au sud du bois de Hangard, et l’autre au sud des Vosges.
Nos détachements et nos patrouilles ont réussi diverses inclusions dans les lignes ennemies, à l’ouest de Noyon, vers Appilly et en Woëvre. Nous avons fait un certain nombre de prisonniers.
Les troupes britanniques ont fait irruption dans les tranchées allemandes du voisinage de Hamel, au nord d’Albert, et capturé plus de quarante prisonniers et deux mitrailleuses.
Un coup de main heureux au nord de Lens a valu à nos alliés quelques prisonniers. Le bombardement par obus a gaz a été intense a l’est de Béthune.
Activité d’artillerie dans le secteur de Strazeele.
Les avions anglais ont jeté huit tonnes de projectiles sur les aérodromes voisins, de Tournai, d’où partent les appareils de bombardement de nuit. Trois appareils ennemis ont été abattus en combats aériens et deux autres forcés d’atterrir désemparés.
Sept tonnes d’explosifs ont été lancées dans la région de Péronne, Fricourt et Bapaume et sur des baraquements de la Somme. Une tonne a été jetée sur le chemin de fer et les fabriques de Hagondange.
Un Croiseur auxiliaire anglais, le Moldovia a été torpillé. Cinquante-six Américains qui étaient à bord ont péri.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/mai18.html

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s